‹ La lignée des poètes français au 19e siècleChapitre 12 sur 42 · LECONTE DE LISLE · texte numérisé non relu

LECONTE DE LISLE

Viens du paisible seuil de la maison roulante

Voir ceux qui sont passés et ceux qui passeront, Tous les tableaux humains qu'un Esprit pur m'apporte S'animeront pour toi quand devant notre porte Les grands pays muets longuement s'étendront.

Nous marcherons ainsi, ne laissant que notre ombre Sur cette terre ingrate où les morts ont passé ;

Nous nous parlerons d'eux à l'heure où tout est sombre. Où tu te plais à suivre un chemin effacé,

À rêver, appuyée aux branches incertaines,

Pleurant, comme Diane au bord de ses fontaines, Ton amour taciturne et toujours menacé,

(Z.« Maison du Berger.")

J~~\E ce drapeau du Parnasse, qui claque encore -"-^ au vent, deux maîtres oui)ners se partagèrent Pauvre: l'un donna à ses plis la lourdeur noire somptueuse de V orgueil et du dur pessimisme :

T T NE muette ardeur, par effluves épais,

^^ Tombe de l'orbe en flamme où tout rentre et se noie ; Les formes, les couleurs, les parfums et la joie Des choses, la rumeur humaine et le soupir De la mer qui halète et vient de s'assoupir ; Tout se tait. L'univers embrasé se consume. Et voici, hors du sol qui se gerce et qui fume, Une blanche fourmi qu'attire l'air brûlant ; Puis cent autres, puis mille et mille, et, pullulant

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