‹ La lignée des poètes français au XIX siècleChapitre 16 sur 40 · STÉPHANE MALLARMÉ · texte numérisé non relu

STÉPHANE MALLARMÉ

avec U*gardi-fim^ delà phrase* €ssensijm* mUnUrt Ig poke et la fouit :

Du sol et de la nue hostiles, ô grief I

Si notre idée avec ne sculpte un bas-relief

Dont la tombe de Poe éblouissante s'orne,

Calme bloc ici-bas chu d'un désastre obscur, Que ce granit du moins montre à jamais sa borne Aux noirs vols du Blasphème épars dans le futur.

{Lt TombtOM tPEdgar Poi.)

Le poitê rtsUra pria dans:

*• Le transparent glacier des vols qui n'ont pas fui.

T T N cygne d'autrefois se souvient que c'est lui ^ Magnifique, mais qui sans espoir se délivre Pour n'avoir pas chanté la région où vivre Quand du stérile hiver a resplendi l'ennui.

Tout son col secouera cette blanche agonie Par l'espaoe infligée à l'oiseau qui le nie, Mais non Thorreur du sol où le plumage est pris.

Fantôme qu'à ce lieu son pur éclat assigne.

Il s'immobilise au songe froid de mépris Que vêt parmi l'exil inutile le Cygne.

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PAUL VERLAINE

Ei m mê litvtSkra ^m dams la lunUèn de son

rivi:

O BORDS siciliens d*uii calme marécage Qu'à l'enri des soleils ma vanité saccage.

Tacite sous les fleurs d'étincelles, ConU% ' Que je coupais ici les creux roseaux domptés Par le talent ; quand, sur l'or glauque de lointaines Verdures, dédiant leur vigne à des fontaines, Ondoie une blancheur animale au repos :

Et qu'au prélude lent oii naissent les pipeaux, Ce vol de cygnes, non 1 de naïades se sauve Ou plonge . . . '

Inerte, tout brûle dans Theure fauve Sans marquer par quel art ensemble détala Trop d'hymen souhaité de qui cherche le la :

Alors m*éveillerai-je à la ferveur première, Droit et seul, sous un flot antique de lumière, Lys 1 et l'un de vous tous pour l'ingénuité . . ,

{VAprh-midî et un Faune,)

pAUL VERLAINE r»a»i5/r«i«V, sous *leméca- ^ nisme rtgide dt V hexamètre^ la chaîne légère des échos, subtil d^l quicUssoude la banquise de la syntaxe; flot gai, puéril, et charmant qui bat la pensée:

CAR nous voulons la Nuance encor.

Pas la couleur, rien que la nuance 1

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PAUL VERLAINE

Oh ! la nuance seule fiance Le rêve au rêve et la flûte au cor t

Prends Téloquence et tords-lui son cou !

Tu feras bien, en train d'énergie, De rendre un peu la Rime assagie,

Si l'on n'y veille, elle ira jusqu'où 1 • « 4> * 4>

De la musique encore et toujours 1 Que ton vers soit la chose envolée Qu'on sent qui fuit d'une âme en allée

Vers d'autres deux à d'autres amours.

Que ton vers soit la bonne aventure Éparse au vent crispé du matin Qui va fleurant la menthe et le thym . .

Et tout le reste est littérature.

(Jadis.)

BOURNEMOUTH.

O OLITUDE du cœur dans le vide de l'flme, *^ Le combat de la mer et le vent de Thiver, L'orgueil vaincu, navré, qui râle et qui déclame, Et cette nuit où rampe un guet-apens infâme.

Catastrophe flairée, avant-goût de l'Enfer I

Voici trois tintements comme trois coups de flûtes, Trois encor, trois encor ! L*Angélus oublié

PAUL VERLAINE

Se souvient, le voici qui dit : ' Paix à ces luttes ! Le Verbe s'est fait chair pour relever tes chutes, Une vierge a conçu, le monde est délié 1 *

Ainsi Dieu parle par la voix de Sa Chapelle

Sise à mi-côte, à droite et sur le bord du bois . . . ô Rome, 6 Mère I Cri, geste qui nous rappelle Sans cesse au bonheur seul et donne au cœur rebelle Et triste le conseil pratique de la Croix.

La nuit est de velours. L'estacade laissée

Tait par degrés son bruit sous Teau qui refluait, Une route assez droite heureusement tracée Guide jusque chez moi ma retraite pressée Dans ce noir absolu sous le long bois muet. —

{Amour.)

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