‹ La lignée des poètes français au XIX siècleChapitre 21 sur 40 · MA BOHÊME · texte numérisé non relu

MA BOHÊME

JE m'en allais, les poings dans mes poches crevées ; Mon paletot aussi devenait idéal ; J'allais sous le ciel. Muse 1 et j*étais ton féal ; Oh ! la I la ! que d'amours splendides j'ai rêvées !

Mon unique culotte avait un large trou.

— Petit Poucet rêveur, j'égrenais dans ma course Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse \

— Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou.

ARTHUR RAIMBAUD

Et je les écoutais, assis au bord des routes, Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes De rosée à mon front, comme un vin de vigueur;

Où, rimant au milieu des ombres fantastiques. Comme des lyres, je tirais les élastiques De mes souliers blessés, un pied près de mon cœur !

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