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son humeur chagrine et récalcitrante ; mais il s'en faut bien que nous ayons, en nos archives, trouvé les preuves de violences propres à justifier quelques assertions ou insinuations de Formentin et de Devérité (1).
C'est ainsi que je devrai, n'ayant pu vérifier le fait en aucun document contemporain, rapporter avec scrupules cette assertion de Formentin, non opposée d'ailleurs aux vraisemblances, que Cavillon, curé de Sainte-Catherine, fit des prières publiques en son église pour rendre grâces à Dieu de la mort de Henri III, ne cessant de représenter dans ses sermons Jacques Clément comme un martyr et le roi comme
(1) « Les habitants d'Abbeville Des gens plus
fanatiques, plus superstitieux encore, se firent fesser publiquement, et endurèrent mille tribulations pour l'amour de Dieu et de la Ligue. » Hist. du comté de Ponthieu, t. II, p. 83. — Bien que le clergé ne soit pas nommé ici, il est évidemment visé par l'écrivain. Je déclare qu'aucune de mes lectures à l'hôtel-de-ville ne m'a porté à croire que les ligueurs d'Abbeville se soient jamais soumis à rien de grotesque ou de désagréable.
« Celle (la ville) d'Abbeville voyoit qu'Amiens ne s'occupoit que de ses propres intérêts ; elle songea donc aux siens. Le platpays étoit dans une oppression déplorable ; on violoit les filles et les femmes, on meurtrissoit les hommes contre les autels, et tout étoit permis dès qu'on pouvoit les traiter de Royaux. Car les Catholiques de cette sainte Union n'y exe renient pas moins de ravages que les Protestants. » — Tout cela est bien gratuit et bien injuste, car nous verrons, au contraire, les habitants d'Abbeville prendre toujours et avec beaucoup d'insistance les paysans, le plat pays sous leur protection, réclamer pour eux auprès de tous les chefs de guerre des partis opposés, comme nous l'avons montré au chapitre des faits particuliers.