‹ La Ligue a Abbeville, 1576-1594 (volume 2)Chapitre 25 sur 43 · LA MILICE BOURGEOISE · texte numérisé non relu

LA MILICE BOURGEOISE

Le petit chapitre précédent qui a traité des montres faites par les cinquanteniers, de la surveillance des murs, des précautions prises pour la sûreté de la ville, des rôles dressés pour les gardes, nous amène naturellement à la milice bourgeoise et à son organisation en compagnies diverses.

La ville étant divisée en quatre quartiers, savoir : du Bois, Marcadé, Docquet, Sainct-Gilles, à cette division même répondait celle des compagnies ordinaires de la milice abbevilloise. Les années que nous parcourons ne nous offrant rien de particulier sur ces compagnies, nous nous contenterons de saisir, à la date même où nous nous transportons, quelques réclamations, quelques usages, quelques privilèges des trois compagnies des cinquanteniers et de la compagnie dite de la jeunesse. Nous joindrons à ces remarques un petit nombre de notes prises sur les canonniers.

Les trois compagnies des cinquanteniers avaient ellesmêmes des noms distincts, l'une étant dite des archers, l'autre des arbalestriers et la troisième des arquebusiers.

Une sentence qui intervint au milieu de la période qui nous occupe détermina les devoirs, les obligations

des cinquanteniers et les faveurs, les exemptions, les privilèges qui les récompensaient (1) :

« Le roy en son conseil ayant faict veoir les requestes présentées à sa majesté et monsieur le duc de Nivernois son lieutenant-général représentant sa personne es pais de Picardie, Boullenois et Arthois par les cappitaines, lieutenans et compaignons arbalestriers , archers et harquebusiers vulgairement appelles chinquanteniers de la ville d'Abbeville et les lettres des feux roys François premier du XXIIIe jour de juing M Ve dix-sept et deuxiesme mars M Ve XLV contenans leurs privilèges confirmés par les roys Henry, François deuxiesme et Charles nœufviesme avec les vériftications de la chambre des comptes, trésoriers généraulx de France et du seneschal de Ponthieu, coppies collationnées à l'original des privilèges de ceulx des villes d'Amyens et de Rouen ,

(2) remonstrances et déclarations des maieur

et eschevins de lad. ville d'Abbeville, arrest de la cour des aydes du XXVIe febvrier M Ve LVI et coppie des requestes présentées à monsr le duc de Rets mareschal de France avec son ordonnance et d'aultres requestes présentées à sa majesté, advis de mond. sr le duc de Nivernois, après que les maieur et eschevins et cinquantiniers ont estes ouis, le rapport du commissaire à ce depputé ouy, et tout veu et considéré, Le Roy en son conseil déclare n'y avoir lieu d'octroyer ausd cinquanteniers l'exemption par eulx requise tant du logis que fourniture nécessaire aux gens de guerre qui sont ou

(1) Cette sentence est transcrite dans le registre aux délibérations à la suite de la séance échevinale du 2 juillet 1587.

(2) La lacune que, je laisse regarde les arquebusiers de Rouen.

seront en garnison en lad. ville d'Abbeville et néantmoings, conformément audict advis, attendu les charges que les cinquantiniers supportent, enjoinct sad. majesté au gouverneur de lad. ville de faire soulager lesd. cinquantiniers selon le nombre des gens de guerre et comodité de lad. ville le plus qu'il luy sera possible; et quant à l'exemption des quatriesme et vingtiesme , ordonne sad. majesté que, conformément à leurs privilèges et aud. advis, lesd. cinquantiniers seront exempts de tous droicts d'aydes pour quatre tonneaux de vin pour les quatre festes et assemblées qui se font par

chacun an en du vin qu'ils vendront soit en gros

ou en détail, pourveu qu'il soit de leurcreu-, contribueront lesd. cinquantiniers aux tailles, taillons créés solde (je lis ainsi du moins sur le registre) de cinquante mil hommes, empruncts et munitions comme les aultres habitans de lad. ville ;

ordonne aussy sad. majesté que sy

les compaignons desd. cinquantiniers commettent aulcunes iaultes en leurs charges, la congnoissance en appartiendra aux majeur et eschevins de lad. ville, ainsy que de tout temps il est accoustumé; jouyront lesd. cinquantiniers de l'exemption du guet et garde des portes ainsy qu'ils ont accoustumé, excepté en cas de péril éminent, lequel péril éminent, conformément aud. advis, sera jugé par le gouverneur ; enjoinct néantmoings sad. majesté ausd. maieur et eschevins que lorsque led. péril éminent aura esté déclaré, les habitans, selon la nécessité, renforceront leur garde ou d'une moitié ou d'un tiers ou d'un quart, selon que par led. gouverneur sera jugé estre nécessaire, sans charger lesd cinquantiniers et

habitans de ceste peine que aud. cas de nécessité. Et où lesd. cinquantiniersou habitans penseront avoir occasion de se plaindre d'estre surchargés au faict de lad. garde, ordonne sad. majesté qu'ils se retireront par devers le gouverneur du pais et lieutenant général de sad. majesté pour en ordonner ainsy qu'il -verra estre à faire; et quant à l'ouverture de la barrière et à ce que lesd. cinquantiniers pensent n'estre tenus obéir qu'aux chefs de leurs compaignies soit cappitaine, lieutenant, enseigne, corporal ou sergent, sad. majesté ordonne que celuy qui commandera à lad. porte de la part desd maieur et eschevins depputera ung homme exprès pour ouvrir et fermer lad. barrière sans que lesd. cinquantiniers y soient abstraints et tiendront lesd. cinquantiniers es environ d'icelle ung corps-de-garde seullement, composé du nombre de six pour le moins auquel corps-de-garde ils recevront le commandement de leur cappitaine , lieutenant, enseigne, corporal, sergent ou aultre commandant en leur lieu et celluy aussy qui leur commandera le prendra et recevra (le commandement) desd. maieur et eschevins et de celluy qui commandera de par eulx à lad. porte, fors en ce qui concernera leur discipline; ordonne sad. majesté que, s'il y a alarme en la ville qui requière closture des portes, lesd. cinquantiniers seront tenus se retirer dedans avecq les aultres habitans pour lever le pont lorsqu'il sera ordonné par celluy qui commandera à lad. porte et enjoinct ausd. cinquantiniers de porter honneur et révérence et rendre obéissance ausd. maieur et eschevins, les conserver en leurs privilèges et se tenir tous unis au service de sad majesté Advenant vaccation par mort de la place de l'ung desd. cinquantiniers, y sera pourveu comme de tous temps il est accous-

tumé. Sad. majesté voeult et entend que lesd. cinquan tiniers preignent le mot du guet et se reiglent en la garde de la nuict aussy ainsy qu'ils ont accoustumé; et quant au droict d'exemption d'une meyne de sel pour chacun des chefs et d'un minot pour chacun desd cinquantiniers, sad majesté a réservé, lorsqu'il sera procédé au renouvellement des baux à ferme des greniers, d'y pourvoir ainsy qu'elle verra estre à faire par raison. Faict aud. conseil d'Estat à Paris le VIIIe jour de juing l'an mil Ve quatre-vingts-sept, contresigné Brulart. »

La délibération de la ville suit en conséquence de cette ordonnance extraite, est-il dit, des registres du conseil d'État.

La compagnie des archers nommait elle-même ses officiers, le 20 janvier de chaque année, par-devant le maieur :

« Du lundy XXe jour de janvier 1586, par devant J. Le lioy, maieur, présens messieurs Waignart, Garbon-

nier. Moienneville, Wautricque, Briet, , Thomas,

cinquanteniers, G. Le Devin, siéger, Beauvarlet, procureur de la ville

« S'est présenté Nicolas de Dompierre, maistre de la chinequantine des archers et mis la (1) couronne de lad. compaignie, remonstrant que par chacun an à pareil jour que ce jourd'huy on a de coustume procédé à la

nomination d'un aultre maistre et deux prevosts »

Sur quoy, ouï le procureur de la ville, les opérations commencent par l'examen de la couronne. Elle contient « sept florons » auxquels sont attachées différentes images d'argent.

(1) Et a déposé ou représenté devant l'assemblée, la couronne, etc.

Premièrement, un saint Charlemaigne en bosse, y aiant ung eschusson aux armes du roy couronné à l'emperialle avecq l'ordre.

Une ovalle de saint Pierre.

Une ovalle de saint Nicolas.

Une autre ovalle de saint Thomas.

Une autre de saint André.

Une ovalle où il y a ung arche de Noé.

Une de saint Anthoine.

Une de saint Jehan l'évangéliste.

Ung saint Jehan en bosse.

Ung saint Sébastien en bosse.

Une ovalle de saint Marc

Une ovalle de saint Pierre.

Une aultre de saint Jehan-Baptiste.

Une ovalle de saint en derny bosse.

Ung saint Claude en demy bosse.

Ung saint Nicolas.

Ung saint Claude.

Une autre ovalle de l'imaige de saint Jehan -Baptiste.

Ung saint André

Ung saint Mathias en bosse.

On procède ensuite à la nomination d'un maistre et de trois prévôts. Le dépouillement du scrutin est l'ait sur le registre même et le nombre de voix obtenues par les concurrents est indiqué par de petits traits verticaux. Le maître nommé d'abord prend « la charge et estât de maistre et capitaine, prête le serment accoustumé, et on lui délivre la couronne. Suit en la même forme l'élection des deux prevosts. Le résultat est enfin consigné sur le registre : « Partant demeurent par pluralité de voix, scavoir: pour maistre, Nicolas Danzel,et, pour deux prevosts,

AndréThomas et Jehan LeTellier. Sur la requeste du procureur de la ville deffault a esté accordé contre led. Danzel cappitaine » qui sera invité à « prendre la charge. » Thomas et Le Tellier prêtent le serment ; « cependant retiendra led. de Dompierre lad. couronne dud. estât de cappitaine » — Reg. aux dêlib., 1585-1586. — (1).

Les arbalestriers nommaient annuellement leurs chefs de la même façon par devant le maire à une date que je ne peux préciser encore, suivant les registres que j'ai consultés. Ainsi, je trouve les élections à la fin de mars, au milieu d'avril et à la fin de mai. Je remarque aussi qu'une au moins de ces élections est faite au petit Échevinage.

En cette compagnie, on élisait un maître et trois

(1) L'extrait ci-après servira de contrôle et de vérification :

« Du mardy XXe jour de janvier 1587, au grand eschevinage, par devant maistre Claude Rohault, sieur d'Espagne, rnaieur, présens messieurs Briet, Cocquerel, Roiel, Bouteiller, Loingte, Lempereur, G. Le Devin siéger, Beauvarlet procureur.

« Nicolas Danzel, maistre et cappitaine de la compaignie des archers, s'est présenté en lad. chambre et mis la couronne de lad. compaignie sur le bureau, remonstrant que par chacun an à pareil jour que ce jourd'hny on a de coustume procédé à la nomination d'ung autre maistre et deux pn vosts de lad. compaignie pour l'année présente finant M VC1IUXX VIII, sur quoy, oi le procureur de la ville, a esté procédé à la nomination ainsy qu'il s'enssuit après que lad couronne a esté inventoriée.

« Le tour de la couronne d'argent, etc. (V. l'année 1585-Î586). Le dépouillement du scrutin de la même façon que l'année pièce lente. « Partant par pluralité de voix demeurent scavoir: pour maistre, led. François Lefebure; pour prevosts. Nicolas du Bois et Bertrand Gaignerel. Auquel Lefebure avons faict faire le serment au cas requis comme aussy auxd. du Bois et Gaignerel. » — Reg. aux délib. 1586-1587.

prevosts. L'élection que nous allons prendre en exemple fui faite pour l'année « commenchant à ce jourd'huy XII'' jour d'apvril mil Ve 1111" 111 et finissant à pareil jour de Pan prochain, par devant (noms illisibles).

Premièrement inventaire de la couronne.

Le tour de ladicte couronne contient sept florons de flors où sont attachées :

Une ymaige de Nostre-Dame en bosse.

Une targe de saint Guille.

Une targe du nom de Jhésus.

Ung saint Berthelemy en bosse.

Ung saint Jehan-Baptiste en une petite targe en bosse.

Ung saint Jehan-Baptiste en bosse.

Une targe de saint Bobert.

Ung saint Jacques en bosse.

Une targe de saint Charles.

Une adoration de trois Bois en targe.

Ung saint Àndrieu en bosse.

Une targe de saint Anthoine.

Une targe de saint Elloy.

Ung saint Jehan-Baptiste en targe

Ung baptesme de Nostre-Seigneur en targe.

Ung saint Anthoine en bosse

Ung saint Jacques en targe.

Ung saint Jehan l'évangéliste en targe.

Ung saint Lois en bosse.

Une Nostre-Dame de la Conception en targe.

Une targe de saint Simon enlevé

Ung saint François.

Une ovalle de saint Charlemaigne.

Une ovalle de saint Nicolas enlevé en bosse.

Et une targe de saint Hugues enlevé.

Ensuite, on procédait à l'élection et les registres aux délibérations portent encore les marques des voix obtenues pendant le dépouillement pour les nominations. — Reg. aux délibérations, !582-t5H3. — (I).

Les arquebusiers nommaient leurs chefs à la fin de mai. L'exemple que nous choisissons d'abord nous transporte au petit Échevinage, un autre nous transportera au grand :

« Du XXVIIe jour de may 1582, au petit eschevinage respondant sur le marché, par devant noble homme Jehan de 3Jauppin, sieur de Bellencourt, maieur, présens messieurs de Le Warde et Dellecourt.

(i) Pour vérification et contrôle:

« Du XVIIe jour d'apvril 1582 au petit eschevinage

« Election faicte d'un maistre et de trois prevosts en la compaignie des cinquanteniers arbalestriers pour Tannée VC1III"1I finant VCIIM"III au mardi d'après Pâques dud. an Ve MI" III.

« Inventaire de la couronne du jardin de lad. compaignie représentée par Jehan Lebel sortant cejourd'huy de la charge de maistre. » — Reg. aux délib. 1">81-I582.

L'élection du maître et des prevosts se fait, en 1585, le 23 avril. L'article commence ainsi :

« Charles d'Ionval, maistre de la compaignie des arbalestriers de ceste ville, a représenté la couronne de lad. compaignie affin que suivant la coustume il soit procédé à nouvelle ellection d'un maistre de lad. compaignie pour l'année comminchant cejourd'huy finant à pareil jour et de trois prevosts, laquelle couronne a esté inventoriée comme il enssuit :

« Le tour de lad. couronne contient sept florons de fleurs où sont attachées, etc. » (Mêmes indications qu'en 1583.— Seulement vers la fin on a écrit, puis effacé, puis remis, une targe de saint Simon en bosse).

Le Saint-Charlemagne (ùc cette fois) est indiqué en demi-bosse.

A la fin tout-à-fait le nom que je n'ai pu lire en 1583 est (je crois) une large de saint Jacques en bosse. — Reg. aux d'iib. J58«-1585.

«• S'est présenté François Waignart, maistre de la compaignie des cincquanteniers harquebusiers de ceste ville, assisté de tous les cincquantiniers de lad. compaignie ou de la plus saine partie, lequel a requis estre procédé à l'ellection d'un maistre de lad. compaignie et d'un lieutenant pour ung an qui commencera ce jourd'huy et finira à pareil jour. » Les cinquanteniers ayant alors représenté leur couronne, lemaieuren fait faire inventaire en leur présence, « ainsy qu'il est cy après déclaré :

Une couronne d'argent avecq dix florons à laquelle sont attachées les ymaiges d'argent qui enssuivent:

Une saincte Barbe en bosse.

Le IX9 jour d'apvril 1586, François de Huppy, maistre de la compaignie des cinquanîainiers harbalestriers de ceste ville, a représenté la couronne de lad. compaignie aflin que suivant la coustume il soit procédé à nouvelle ellection d'un maistre de lad. compaignie pour l'année prochaine commenceant cejourd'huy et finant à pareil jour VCIIU" VII et de trois prevosts, laquelle couronne a esté inventoriée comme il enssuit.

Le tour de lad. couronne contient sept fierons de fleurs où sont attachées, etc.

En cette année, on a rangé d'abord tous les objets en bosse, puis ceux en targe; ainsi : En bosse, l'image de Notre-Dame, saint Guille, saint Berthelen y, le saint Nicolas, le saint Simon, le saint Jacques, le saint Andrieu, le saint Anlhoine, le saint Charles, le saint François, le saint Hugues, le saint Lois. — Quant aux targes du nom de Jhesus, de saint Jehan-Baptiste, « une bien petite targe, » de saint Robert, de saint Charles, de l'Adoration des Trois Rois, de saint Anthoine, de saint Eloy, de saint Jehan- Baptiste, le Baptesme de N. S., etc., reprins et contenues dans l'inventaire de l'année passée, F. de Huppy dit qu'elles ont été vendues pour subvenir aux réparations du jardin par l'advis des maistres et compaignons de lad. compaignie. — Suit l'élection du maistre et des trois prévôts.— lieg. aux délib 1585-1580.

« Du mardy dernier jour de mars 1587 » — 11 est d'abord

question d'un débat meu entre le procureur fiscal de la ville

Une ovalle de saint Denis.

Une ovalle où est un saint Jehan l'évangéliste en apocaiipse.

Une auStre de saint Thomas.

Une de saint Guillaume.

Une targe d'argent de saint Pierre Une ovaîle de saint Jacques Une aultre de saint François.

Une targe de saint Paoul.

Une targe de saint Jacques.

Une ovalle de saint Crespin.

Une aultre où il y a des artilleurs

pour les habitans d'icelic et les cinquanteniers pour l'ouverture et clôture des portes, etc.

Puis après quelques autres affaires étrangères aux cinquanteniers et sans changement de date, on voit la représentation (par le maistre de la compagnie des arbalestriers aflin de procéder, etc., pour Tannée (inant à pareil jour de Tan 1588,) de la couronne de leur jardin, le tour de laquelle estant d'argent contient sept fierons de fleurs auxquels sont attachées les imaiges qui ensuivent :

Une ymaige de N.-D. en bosse,

Une targe de saint Gtiille,

Ung saint Berthrlemy en bosse,

Ung saint Nicolas eu demy-bosse,

Ung saint Simon en busse,

Ung saint Jacques en bosse,

Ung saint Andrieu en bosse,

Ung saint Anthoine en bosse,

Ung saint Charles en bosse,

Ung saint François en demy-bosse,

Ung saint Jehan en bosse,

Ung saint Hugues en demy-bosse,

Ung saint Lois en bosse,

Et une targe de saint Adrien en demi-bosse.

Suit l'élection. — Reg. aux délib. 1 fi86-l 587.

Ung echuisson où est saint Anthoine.

Une targe de saint Nicolas.

Une ovalle de saincte Barbe.

Une ovalle de saint Nicolas.

Une ovalle de saint Jullien.

Une ovalle de saint Lois.

Une ovalle de saint Nicolas.

Une autre où est saint Jehan l'évangeliste.

Une ovalle de l'Annonciation.

Ce faict, a esté ordonné qu'il seroit procédé à lad. ellection, ce quy a esté faict comme il enssuit :

Et le registre nous donne tout le dépouillement du scrutin avec les petits traits verticaux.

Ainsy par pluralité de voix sont demeurés pour maistre Jehan Grebesmesnil et pour lieutenant Simon Barénque, lesquels présens en personnes ont accepté lesd charges et ont faict serment d'eulx y acquitter chacun en leur regard et charge.— Reg. aux délibérations, J581-1582— (1).

Les cinquanteniers prêtaient un serment en entrant

(1) Les extraits ci-après serviront au besoin aux vérifications:

« Du XXVIIe jour de may (1584) s'est présenté Charles Cocquerel, M" de la compaingnie des cinequantiers harquebouziers, lequel nous a dict que à pareil jour que ce jourd'huy Ton a coustume de renouveler les maistre et lieutenant de lad. cinquantaine et à ceste lin nous a esté présentée:

Une couronne d'argent avecq dix lleurons à laquelle sont attachées les images d'argent qui eussuivent : etc. — Reg. aux délib. 1583-1584.

« Du XXV11 may 1585, par-devant Le Roy, maieur, présents MM. Waiguart, Le Carbonnier, Wallon eschevins, G. le Devin siéger, de Beauvarlet procureur de la ville d'Abbeville.

S'est présenté Anthoine de Moienneville, maistre de la compaignie des cinequanteniers harquebousiers, lequel nous a dict

dans les compagnies, et le nombre des hommes composant ces compagnies, faut il prendre le nom de cinquantaine à la lettre? — paraît avoir été fixe ou à peu près fixe à la date où nous sommes. On ne devient pas cinquantenier d'emblée, on remplace un cinquantenier décédé ou absent.

Le 6 février 1584, Ezecias Daoust a esté receu cinquantpnier-harquebuzier en la place de Guille Grigny. En a faict le serment en cas requis. — Reg. aux délibérations, 1583-1584.

Du X juing 1588, au grand Eschevinage, par devant J. Le Roy,maieur, Rohault, Daullé, Barenque, Manessier.

Nicolas Violette, joeune fils à marier demeurant en

que à pareil jour que cejourd'huy Ton accoustumé de renouveler le M* de lad. compaignie et à ceste tin nous a représenté

Une couronne d'argent avec dix florons, etc., comme en 1582.

Quelques désignations sont plus précises; ainsi je lis: « un ovale de saint Lois en demi-bosse. »

Puis je trouve après l'Annonciation : « un ovalle de saint Jehan l'évangéliste en demi-bosse, un aultre ovalle de saint Nicolas en bosse, un aultre de saint Anthoine en bosse. » — 1584-1585.

Ainsi les objets variaient de no-mbre d'année en année; on en avait de nouveaux, on en vendait.

L'année 1585-1586 nous donne : « Du XXVIe jour de may (1586) au grand eschevinage par-devant, etc.

Sur la requête bai'lée et faicte par Denis Oeuilliot à présent maistre de la compaignie des harquebouziers, etc. »

Remarquons cependant cette phrase de l'élection de 1586 (après l'inventaire de la couronne) : « Et ce faict, tous les cincquanteniers appelles en la chambre, après qu'ils ont esté admonestés de procedder en toute sincérité en lad. ellection et nomination de ceux qu'ils cognoistront estre le plus capables et qu'ils ont juré et promis, a esté proceddé au faict de l'ellection comme enssuit : etc. »

Même mention d'ailleurs en 1587.

ceste ville, a esté receu attendant de la compaignie des harquebouziers de eeste ville, au lieu et place de Jehan Lebel, ad présent sergeant roial, du consentement de Demoienneville, cappitaine de lad. compaignie, et plusieurs antiens maistres d'icelle, et à ceste fin luy a esté faict faire le serment au cas requis. — Reg. aux délibérations, 1587-1588.

De même, on était reçu cinquantier en telle compagnie (la compagnie des archers par exemple) au lieu et place d'un autre, prétendant s'absenter de la ville.— Reg. aux délibérations, même date.

Les trois compagnies des cinquanteniers n'étaient pas toujours d'accord entre elles. La question des drapeaux devint un jour une a lia ire que l'échevinage dut arranger par une ordonnance. Les arquebusiers étaient d'un côté; les arbalestriers et les archers de l'autre L'échevinage, fondant sa délibération sur des sentences précédentes, " dict et ordonne que les cappitaines et maistres des compaignies des cincquanteniers, des arbalestriers et archers pourront faire faire chacun ung enseigne de couleur blanche, à chacune desquelles sera mis au milieu deux fillets traversans en croix et en hault les imaiges de leur confrairie peintes de coulleur. » On leur permet de faire figurer dans les quatre quartiers des insignes particuliers à leurs compagnies, mais «sans qu'une compaignie se puisse prevalloir davantage que l'autre, » etc.— Reg. aux délibérations, 1584-1585. Le 23 lévrier 1585.

Venait ensuite la compagnie de la jeunesse , qui , composée de jeunes gens non mariés, n'avait aucune prétention à disputer le pas ou un privilège aux trois sérieuses compagnies des cinquanteniers.

Cette compagnie ne nommait pas absolument ses chefs elle-même; elle présentait ses choix au maieur qui les acceptait en conseil. Le mariage mettait de droit ses membres hors des rangs et des grades. Les registres aux délibérations ne nous laissent que l'embarras des exemples.

« Du quatorziesme jour de febvrier mil cincq cens quatre vingts trois, au grand Eschevinage, par devant F. Mourette , majeur , présens messieurs Ducandas , eschevin, Delecourt, substitut du procureur de la ville.

Se sont présentés les compaignons de la joeunesse de ceste ville d'Abbeville et [ont] remonstré [que] depuis peu de temps en ça Jehan Manessier, cappitaine de lad. compaingnie, se seroit allié par mariaige et que partant ils auroient en volonté de nous présenter pour cappitaine Jehan Griffon quy est leur lieutenant avec deux aultres de lad. compaingnie pour choisir et prendre par nous cestuy que trouverions estre le plus capable avec aussy de nous présenter trois autres de lad. compaingnie pour estre l'un d'iceulx prins et admis and. estât de lieutenant où [au cas où sans doute] led. Griffon seroit admis aud. estât de cappitaine de faict, et, après qu'ils en ont enssemblement conféré , nous ont unanimement dict et rapporté qu'ils présentoient pour cappitaine led. Griffon, Simon Belle et Philippes de Courchelles, et pour lieutetenant Jacques Noël, Claude Gaignerel et Jehan Blanchart. Sur quoy nous avons ordonné que led. Griffon demeurera pour cappitaine de lad. ensseigne et led. Gaignerel pour lieutenant; est ordonné qu'ils seront appelles pour emprendre lesd. charges, et instamment est comparu led. Gaignerel auquel a esté faict prêter le serment de s'acquitter en lad. charge de lieutenant de

l'enseigne de la joeunesse. — Reg. aux délibérations, 1582-4 83.— (1).

La compagnie de la jeunesse s'exerçait à tirer le geai. Un prix lui est donné par la ville.

(1) Et ainsi à chaque instant; le mariage fait continuellement passer la compagnie sous des ordres nouveaux.

« Du XIXe jour de novembre Ve III1" IIII, par-devant J. Le Roy maieur, présens messieurs, etc. (plusieurs eschevins).

S'est présenté Jehan Campaigne, cappitaine de la compaignie. de la joeunesse de ceste ville, assisté de plusieurs compaignons d'icelle, lequel nous a remonstré que la place de lieutenant de leur compaignie est vacque et que, partant, ils estoient assemblés en dellibération de faire ung. Surquoy après qu'ils se sont réunis en la chambre des maieurs de bannière pour en communiquer nous ont rapporté que, par commun accord, ils avoient nommé et nommoient pour lieutenant d'icelle compaignie Jehan de le Warde, li!s de Galliot de le Warde, marchant bourgeois, demeurant en ceste dicte ville, lequel comparant a emprins lad. charge et fait le serment au cas requis et accoustuméet auquei a esté enjoinct d'obéir à tous commandemens quy luy seront faicts par nous pour le service du roy et conservation de ceste dicte ville, et de porter honneur et obéir à son cappitaine à tous commandemens quy luy seront par luy faicts. » Reg aux délib. 1584-1585.

« Le VIII d'apvril 1587, par-devant Rohault maieur, Jehan de le Warde cappitaine de la compaignie de la joeunesse et les compaignons de lad. compaignie ont présenté pour lieutenant de lad. compaignie, au lieu de Jehan Martin qui est marié à présent, Jehan Gaillard de lad. compaignie, lequel Gaillard a preste le serment au cas requis le Xe jour de mars et a esté receu et admis en lad. qualité de lieutenant de la joeunesse. » — Reg. aux délib. 1586-1587.

« Du X juin (1588) se sont présentés lieutenans, enseigne et joeunes gens de la compaignie de la joeunesse de ceste ville d'Abbeville, lesquels nous ont remonstré que puis trois sepmaines en ça s'est allié par mariaige Jehan de le Warde leur cappitaine et qu'à ceste occasion lad. place estoit vaccante, pour quoy par uostre permission ils s'estoient cejourd'huy assemblés pour en

« A esté paie aux personnes cy-après nommés la somme de vingt escus et demy pour le prix donné par lad ville à la compaignie de la jeunesse, le premier dimanche du mois de may audict an (1590), ainsy qu'il

conférer ensemble affin d'en choisir et nommer l'un d'entre eulx pour entrer en lad. charge. Après qifiis en ont communiqué ensemblement, nous ont rapporté qu'ils avoient advisé de nommer pour cappitaine de lad. compaignie, comme de faict ils ont faict d'un commun accord, Guillaume du Four, enseigne de lad. compaignie, qu'ils nous ont requis voulloir admettre en lad. charge, comme a faict aussy le procureur de lad. ville quy a dict le congnoistre capable et suffisant pour tenir et exercer lad. charge, le congnoissant fils de bourgeois de lad, ville, vivant en la religion catholicque, apostolicque et romaine, veu laquelle nomination et consentement dud. procureur, nous avons ordonné que led. du Four emprendra lad. charge, ce qu'il a instamment f.iict et preste le serment en tel cas requis et accoustumé et à hiy

permis de remettre la charge d'enseigne et de telle sorte qu'il

vouldra choisir ; lequel à ceste fin il a nommé de en la personne Pierre Martin, son lieutenant et ens igné, qu'il nous a priés vouloir receproir, pour quoy avons ordonné qu'il sera appelle pour prester le serment.

Et sur la remonstrance à nous faicte par led. cappitaine que les previllèges à eulx octroies et concédés soient continués à l'advenir en considération des frais qu'il leur convient faire de jour en jour en la foulle (charge lourde) et oppression qu'ils reçoipvent à faire la garde de jour en jour au boullevart de Rez, nous leur avons de rechef octroie et octroions que à l'advenir lesd. cappitaines seront exempts de faction de garde du jour de leurs mariaiges le temps et espace de deux ans, comme aussy les lieutenar.s, enseignt-s et copnrals et pour les aultres compaignons de la joeunesse faisans leur debvoir tant en faction de garde qu'à la montre l'espace d'un an, le tout nonobstant les remonstrances et empeschemens du procureur de la ville quy n7a voullu consentir lad. exemption de garde, auquel ils seront tenus faire seavoir à l'advenir le jour de leurs mariaiges. » — Reg. aux délib. 1587-1588.

est accoustumé; asscavoir. à Claude de Sainct-Blimond, pour ung mouquet, la somme de quatre escus; à Bertrand Gaignerel, pourunebandoulière de vellours etlafourche, la somme de douze escus, et à Jacques Foielle, pour une espée et dague, quatre escus et demy, cy. xxesc xxx8. » — Reg. aux comptes, 1589-1590.

Je ne rencontre pas annuellement la dépense de ce prix dans les registres des Argentiers. 11 est vrai que la somme indiquée en 1590 paraît avoir été prise précédemment sur un compte des octrois cité quelquefois par les Argentiers et qui était tenu à part sans doule. Quel était ce compte des octrois?

En tète du chapitre qui m'a fourni l'extrait ci dessus, je lis : aultres mises faictespar led. comptable au compte des octroys par luy rendus auquel elles ont été rayées par nosseigneurs des comptes.

« Paie en vertu de l'ordonnance et délibération du 14 mai (lo9u) à Jehan du Wauchel [?], eschevin, commis par délibération du septiesme dudict mois pour faire les irais du guay de la jeunesse abattu par ledict sieur maieur estant en charge en tirant le coup de la ville, la somme de cinquante quatre escus vingt sols, de laquelle il auroit comme dessus faict mise audict compte des octrois; (c'est-à-dire que cette somme d'abord porté au compte drs octrois avait été rejeté de ce compte et porté

ici) ; cy liiii"c xxs. »

- Reg. aux comptes, 15S9-1590.

Nous avons vu plus haut (dans les traitements divers, au chapitre du renouvellement de la loi) qu'il y avait trois maitres canonniers rétribués par la ville

Je lisdansle registre aux délibérations (*2S mars 1588): par devant le maieur, présens quelques eschevins

S'est présenté Artus de Saint Blimond, aide decanonnier du quartier Maillefen , lequel a volontairement remis ladicte charge d'aide entre nos mains pour y estre prouveu de la personne de Is'icolas Àuguet (ou Anquet) requérant qu'il nous pleust le recepvoir. Oy sur ce led. Delecourt, substitut, et après que led. Auguet a faict esproeuve sellon qu'à telle charge est requis et qu'il a

esté certiffié suffisant par Jehan Mallet, Adrien et

aultres canonniers , avons led. Auguet receu en lad. charge d'aide au lieu dud. Saint-Blimond, et à ceste fin luy avons faict faire le serment en tel cas requis et accoustumé et luy a esté baillé les clefs de lad tour Maillefeu.— Reg aux délibérations, 15^7- 158.S.

Et encore sous la date du 7 avril J5S8 :

« Charles de Rond maistre chaudronnier demeurant en ceste ville, a esté receu aide de canonnier au lieu de Artus de Canaple estant absent de ceste ville, et a faict le serment au cas requis. » — lbid.

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