‹ La Ligue a Abbeville, 1576-1594 (volume 2)Chapitre 26 sur 43 · CODE PENAL DE LA MILICE BOURGEOISE · texte numérisé non relu

CODE PENAL DE LA MILICE BOURGEOISE

Maintenant comment se faisait le service de la ville? quelles étaient les punitions pour les gardes manquées, les désobéissances aux chefs, l'oubli du respect dû aux grades? J'aurais voulu relever assez exactement toutes les peines infligées dans le courant des années qui vont nous occuper, pour savoir si, à certaines dates de troubles et de gardes forcées, les fautes ne prenaient pas un caractère nouveau par suite de l'exaltation des esprits,

pour savoir si ces fautes ne devenaient pas plus fréquentes, si la sévérité, par contre, ne- devenait pas plus grande aussi. Mon courage a faibli devant ce travail, cependant je crois qu'on pourra tirer des extraits cidessous (1) une sorte de code de la discipline de notre milice bourgeoise à l'époque de la Ligue. On trouve un grand nombre de condamnations de v à

(1) Le vingt-deuxiesme jour de novembre (1576), de Martin Warré, pour avoir failly de se trouver à la garde, condempné en x sols; ledit jour, de Nicolas Caron, pour pareille cause, x sols; autres condamnations pour la même cause en 1577. — Reg. aux comptes, 1576-1577.

En 1578-1579, les condamnations fre'quentes pour avoir failly à la garde varient de cinq sols à six sols et à douze sols. — Cette condamnation à douze sols est la plus forte que je rencontre; il fallait qu'il y eût circonstance aggravante. Ainsi je vois le 1e' septembre !578, sept bourgeois condamnés à la fois en douze sols chacun ( soit quatre-vingt-quatre, sols ) , dont quatorze furent adjugés aux sergeants ( qui firent peut-être le service en la place des manquants). En définitive, l'argentier porte à son compte lxx'.

Le premier jour de septembre 1578, Pierre Dupré est condampné avec plusieurs autres bourgeois en xîi sols d'amende pour sa part pour avoir failly à sa garde. -Argentiers d'Abbeville, 1578-1579.

Le troisiesme jour de septembre (1578), Jehan Boutart, pour désobéissance à son chef, condamné en v".

Le ncuviesme jour dudict mois de septembre (1578), Claude Gauduin, pour avoir esté trouvé sur le rampart sans le mot, les gardes estant assises pour la nuict, condampné en xl*.

Le trentiesme jour du mois de décembre (1578). Jehan Laignel, maïeur de bannière et Me Brasseur, pour avoir refusé de prendre les clefs de h porte Marcadé, condampné en six livres. . . vi1.

Au mois de juing 1582. bon nombre de condamnations de bourgeois pour ne s'être trouvés à la garde.

En 1583-1584, nu certain nombre de condamnations pour avoir manqué à la garde.

xn sols pour avoir failly à la garde, mais en général de x sols-, une condamnation de v sols pour désobéissance à un chef; une condamnation de xl sols pour avoir oublié le mot d'ordre; une condamnation de v sols pour ne s'être trouvé en armes à l'ouverture d'une porte de la ville, une autre de v sols encore pour avoir failly au guet ; une de xm sols mi deniers pour n'avoir pas voulu

Dudict jour (IXe de décembre 1583), Abraham Vennier [?], pour ne s'être trouvé à l'ouverture de la porte avec ses armes. . v'.

Autres condamnations pour n1avoir été en garde ou pour avoir failly au guet.— Même année.

Le XXVIII janvier 1584, un bon nombre de bourgeois sont condamnés pour avoir failly à la garde. Tout ce mois de janvier est d'ailleurs plein de condamnations pour la même cause.

En 1585- 158P, encore assez de condamnations pour gardes manquées.

Le XXVI dudict mois (de septembre 1585), Pierre Lenfant, pour avoir failly au guet v'.

Le XXVIe dud. mois (de septembre 1585), Pierre Lefevre, pour n'avoir voullu assister une ronde à la garde xm" inid.

Le 7 novembre 1585, un bourgeois est condamné à deux sols six deniers pour avoir dormy en garde.

Le même jour, deux autres pour même cause, en cinq sols.

Le VIIIe jour de novembre (1585), Jehan le pour avoir

descendu de son corps-de-garde la nuict et eslre venu heurter aux buis d'aucuns voisins est condampné en lx sols.

Le XVIIe jour dudict mois (de mars 1586), Pierre Lenfant, Pierre de Bel levai, Jehan du Fossé, Claude Thomas et Thibault Platel, pour avoir failly à la garde, coudamnés en x sols chacun, cy xl sols.

Beaucoup d'autres condamnations de ce genre avant et après.

Il est bien entendu, comme je l'ai dit, que je ne relève pas toutes les condamnations; ainsi je saute par -dessus l'année 1587-1588, bien que j'y aperçoive quelques amendes qui intéresseraient ce chapitre.

Daus l'année 1589-1590, deux bourgeois sont (le 26 janvier

assister à une ronde; des condamnations de h sols vi deniers pour avoir dormi en garde ; une condamnation de lx sols pour abandon du corps de garde et tapage aux portes des maisons; des condamnations de x à xl sols pour irrévérences dans les corps de garde; une condamnation de xvi sols vin deniers pour propos villains en faction ; une condamnation de vu sols vi deniers pour

1590) condamnés en vingt sols d'amende pour irréve'rences au corps-de-garde.

Le 14 juin (1590), deux bourgeois condamnes « pour propos villains par eulx tenus estons en faction de garde. . xvi' vin'1. »

Le 27 août 1590, Jehan Daullé est condamné pour irrévérence, et excès envers ses compagnons estans en garde à. . XL sols.

En cette année 1590-1591, nous trouvons toujours quelques condamnations pour n'estre allé en garde et quelques autres pour n'avoir esté à la ronde.

De même en 1591-1592 quant aux gardes ou pour désobéissance en garde.

Le premier jour d'octobre (1592), François de Lattre, pour avoir descendu du rampart estant en garde, condampné en sept sols six deniers vu" vid.

Le vingt-huitiesme du mois de novembre (1592), Firmin Choquet et Jehan Senestre, pour eulx estre entrebatus à la garde, condampnésen un escu rsc.

Le sixiesme jour du mois de janvier 1593, Pierre Hecquet, pour avoir failly en garde x sols.

Le dixiesme jour du mois de juillet (1593), Jehan de Lacomble, pour n'avoir porté son espée xx*.

Septembre 1593. — Condamnation pour n'avoir esté en garde.

Id. id. en octobre.

On voit, par une condamnation de l'année 1593-1594, qu'il était permis de se faire remplacer dans les services commandés. Le premier jour de décembre (1593), Nicolas de le Hode, pour ne s'estre .trouvé à la garde et n'y avoir commis personne, condampné en un escu i"c.

Décembre 1593, pas mal de condamnations pour n'avoir été a la g.erad

abandon d'une faction sur le rempart ; une condamnation d'un écu pour lutte engagée pendant la garde (soit trente sols sans doute pour chacun des combattants); une condamnation de xx sols pour n'avoir porté son épée ; enfin, et ce qui ne s'expliquerait pas sans quelque circonstance aggravante, une condamnation d'un écu pour n'avoir pas fourni de remplaçant à la garde.

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