FAITS GÉNÉRAUX
Je rangerai parmi ces faits ou les constatations que nos registres en gardent :
Des transcriptions de lettres patentes des rois — confirmatives ou nouvelles — en faveur d'Abbeville ; ce qui est plus curieux, des copies de lettres particulières, souvent inédites, de ces rois ; de lettres du lieutenant-général en Picardie (M. de Crévecœur) ; du duc d'Aumale ; de la comtesse de Ponthieu, Diane de France ; du duc de Ne vers, gouverneur de Picardie ; de M. d'Estrées ; du duc de Longueville ; du duc de Mayenne ; de l'échevinage d'Amiens ; du prévôt des marchands et des échevins de Paris. (L'incendie récent de l'hôtel-de-ville des Seize rend plus précieuse la consignation de ces dernières dans nos registres et ajoutera peut-être quelque intérêt aux extraits que j'en pourrai pro luire).
Parmi ces laits encore je rangerai :
Les subsides demandés parle roi; les délibérations à cet égard ;
Les passages de personnages d'importance, ambassadeurs, présidents du Parlement, etc.
Pour les opérations militaires : les fournitures aux armées, pain, vin, bière, — le plus souvent du pain ; l'occupation un jour du faubourg Rouvroy par le duc d'Aumale, les faits de guerre dans les environs, les expéditions auxquelles la ville prend part.
Le plus grand nombre de ces faits intéressent les provinces contiguës, les villes voisines, Rue, etc.; ainsi : en mai 1589, l'expédition du gouverneur d'Àbbeville vers Dieppe (t. II, p. 120); dans le même temps, l'occupation d'une partie du Boulonnois au nom de la Ligue par M. de Rambures (t. II, pp. 129- 130, p. 149); les fournitures et avances de toute espèce faites par Abbeville aux troupes de la Ligue en Normandie et en Boulonnois (t. II, p. 149 et p. 153); la guerre en Normandie (t. II, pp. 157 et suivantes); le siège de Dieppe par l'armée de Mayenne (t. II, pp. 165-167); la guerre en Boulonnois (t. II, pp. 168 et suivantes); la guerre sur la Bresle (t. II, p. 170); le siège de Ga mâches , l'expédition partie d'Abbeville contre cette place (t. II, pp. 192-198); la surprise, peu après, du château de Gamaches par les troupes du roi de Navarre (t. II, p. 255) ; l'entrée à l'improvisle des royalistes dans la ville de Saint-
Valéry — non dans le château ; l'expédition d'un corps de la milice abbevilloise pour reprendre la ville (t. II, pp. 281-282); la surprise de la ville de Rue par les royalistes — non de la citadelle (t. II, pp. 308-311); l'effort inutile tenté parle capitaine Bel lenglise, avec le concours des volontaires abbevilloîs, pour sauver la citadelle (t. II, pp. 311-317); le siège cette fois et la prise de Saint-Valéry par les troupes du roi (t. II, pp. 321-338); puis le siège et la prise de la même ville par le duc d'Aumale (t. II, p. 338 et pp. 354-359); le siège infructueux de Rue par les ducs de Parme et de Mayenne (t. II, pp. 370- 376) ; les soucis donnés par les garnisons ligueuses de Saint- Valéry, de Saint-Riquier et de Pont-Remy (t. II, p. 390) ; les secours envoyés d' Abbeville en pics, pelles, etc., et en argent, pour la conservation de Saint-Valéry (t. II, p. 396) ; la prise de l'abbaye de Forestmontiers par les soldats de l'Union (t. III, p. 7) ; le siège et la prise de Saint-Valéry par le duc d'Aumale (t. III, pp. 12-20, y compris la note) ; le nouveau siège et la nouvelle prise de Saint-Valéry par les troupes royales (t. III, pp. 26-27); la garnison royaliste de Rue plus incommode cependant, sinon plus inquiétante pour Abbeville, que celle de Saint- Valery (t. III, p. 39-40) ; Abbeville demandant en conséquence au comte de Mansleld d'attaquer d'abord cette place de Rue, puis celle de Saint-Valéry (t. III, pp. 40-42); le siège — sans succès — de Rue par
Mansfeld (t. III, pp. 45-63) ; le siège et la prise de Saint-Valéry par le même (f. III, p. 45-58); les fournitures faites par Abbeville à l'armée de Mansfeld à l'occasion de ces deux sièges (t. III, p. 63) ; pendant toutes ces opérations, si nous retournons en arrière, les pirateries exercées à l'embouchure de la Somme (t. I. p. 182) ; plus tard, les saisies de navires par les corsaires de la Ligue (t. II, p. 208) ; les désordres commis par les gens de guerre dans les campagnes (t. II, p. 80) ; enfin presque aussitôt après la soumission au roi, les nouvelles craintes, inspirées cetle fois par les ligueurs qui tiennent encore la campagne (t. 111, p. 165) et surtout par les Espagnols, leurs alliés (ibid., p. 195) ; Saint-Valéry encore à la Ligue en juin 1594 (t. III, pp. 162-163) ; l'envoi de cent piques par l'échevinage d' Abbeville à la ville de Doullens menacée par les Espagnols {ibid., p. 270); parallèlement à tous ces faits dans notre période de vingt ans, les questions d'impôts, confirmations ou affranchissements (passim) ; les ordonnances royales pour la nourriture et le soutien des pauvres (t. I, pp. 236-237); les emprunts forcés contre lesquels la ville se défend (t. I, pp. 227-239 et p. 246); les manœuvres des chefs de la Ligue pour s'attacher Abbeville ou s'en emparer militairement, leur correspondance avec l'échevinage {passim) ; les discussions sur l'affranchissement (toujours disputé par le trésor royal) de la contribution pour les francs-fiefs
et nouveaux acquêts (t. I, p. 401); les confiscations : les « deniers provenant du bien (1) de ceux de la relligion (t. IJ, p. 20 en note), l'institution à Amiens d'une chambre de conseil chargée des affaires générales de la Picardie (t. 11, p. 31); au milieu de tout cela, et coupant l'histoire en actes de drame, les grands événements qui sonnent comme le mot d'une péripétie : l'assassinat du duc de Guise (t. II, p. 24); l'assassinat de Henri III (t. II, p. 135) ; l'abjuration de Henri IV (t. 111, p. 64).