‹ La Ligue a Abbeville, 1576-1594 (volume 2)Chapitre 6 sur 43 · FAITS PARTICULIERS · texte numérisé non relu

FAITS PARTICULIERS

Parmi ces faits, administratifs, politiques, religieux, militaires, qui constituent l'histoire même de notre ville, je noterai rapidement dans cette introduction :

Les élections ordinaires de l'échevinnge et, outre ces élections annuelles, les élections pour les états généraux ;

Les députations envoyées au roi, envoyées aux chefs de la Ligue, envoyées à l'échevinage d'Amiens et ailleurs ;

(l)Ne s'agirait-il pas seulement, dans le cas en vue, de deniers tirés non de bien vendus, mais de ventes d'arbres ou de taillis?

Les rapports fréquents et de tout genre de la ville avec les villes de Rue, d'Amiens, du Crotoy, deSaint- Valery, de Saint-Riquier;

La question éternelle des fortifications à rendre meilleures ou à réparer ;

La création du bureau des pauvres (tome Ier, pp. 162-165);

Les efforts pour se soustraire aux tailles et aux autres impositions dont la ville se prétend exempte ;

Les différends entre l'échevinage et le gouverneur militaire (1) ;

La misère qui revient trop souvent désoler la ville; les plaintes alors sur l'enlèvement et le transport des grains; l'ouverture parfois d'ateliers de charité (t. Ier, p. 237, p. 260 et suivantes, p. 286 encore) (2); dans les temps de disette, acquisition de blés à l'étranger et distributions de pains aux pauvres (t. Ier, pp. 252- 253, entre autres) ;

Les ordonnances sur les mendiants étrangers (3) ;

(1) Très-fréquents, passim dans ces annales; ce qui n'excluait pas les égards, les rapports de politesse. V. le baptême d'une fille du gouverneur, janvier 1587 (t. I", p. 209); le corps de ville sert de parrain.

(2) Les moyens proposés et ceux qui furent employés pour couvrir la dépense de ces ateliers et des secours aux malheureux en 1587 sont curieux et à étudier (t. Ier, pp. 263-267, 277-280 et p. 286).

(3) Une de ces ordonnances, renouvelée le 21 avril 1587, leur enjoint de sortir de la ville sous trois jours (U 1er p. 278).

Les émotions ou commencements d'émotions populaires ;

Malgré tout, avant tout, par-dessus tout, la résistance des habitants à recevoir des compagnies de soldats dans leur ville, leurs députations vers le roi dans cet intérêt; — ils ont consenti une fois à recevoir dans leurs murs deux compagnies, mais le roi a renoncé à faire entrer ces troupes dans la ville (1) ; —

La terreur envahissant la ville enfin (t. Ier, p. 336); un certain nombre d'habitants dénoncés comme suspects (t. Ier, p. 337); la belle conduite à cette occasion, en avril 1588, du maïeur Jacques Le Roy de Saint-Lau (t. Ier, p. 337) et de l'échevinage même (ïbid.y pp. 338-339) ; les suspects plus vigoureuse-

(1) Cette horreur des garnisons s'affirmera pendant toute la période qui nous occupe. La simple traversée, annoncée ou demandée, de troupes de guerre entre les murs devient sujet d'épouvante. L'échevinage, après avoir obtenu que l'armée des ducs (de Parme et de Mayenne) ne traverse pas la ville, fera faire, pour éviter les surprises, un pont sur la Somme (t. II, p. 375). La ville refusera au duc d'Aumalele passage de ses troupes, et ces troupes tourneront les murs par la Bouvaque (t. II, p. 401 et suivantes); plus tard, le même duc d'Aumale sera supplié de ne pas mettre garnison dans la ville et même d'en faire sortir « plusieurs gens de guerre quy y sont ad présent » (t. III, p. 6), à plus forte raison, peut-on le croire et le voit-on, les habitants d'Abbeville ontils la crainte des garnisons espagnoles, — en ce qui les regarde, car ils ne paraissent pas réclamer pour les lieux voisins (t. III, pp. 101-102); enfin, à la veille même de sa soumission au roi, ils décident, pour délibérer plus librement peut-être, qu'il ne sera reçu dans la ville aucuns gens de guerre français ou étrangers (t. 111, p. 115).

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