‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 3)Chapitre 13 sur 27 · PT · texte numérisé non relu

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(1) ÂQ-dessQS du roi au panache blanc, ce vol, dff t la blanebear se détachait sur le ciel, pouvait en efifet être interprété en ton augure. Mais le roi n'avait sans doute pas ce jour^là son panache.

(2j Un mot^manque ici dans le registre; supposons décoré. • • •

• Celte iosoriptioD estait de Pierre Tillette, s' de i Mautort, président au présidial (î).

• Sur la face du second pontrievis de ladite porte, y avoit ung grand tableau sur ung fond de satin orengé» bordé d'une moresque d'argent, auquel estoit pei/ite la figure de deux rois armés à l'antique, teoans cbaean en une main, une espée nue traversée d'une couronne

& l'antique , et tenoient l'autre main posée snr ung J

escusson aux armes de France reposant sur ung pié- ]

destal en forme de table d'attente. Sur le hault dudit ]

escusson estoient deux nymphes tenans ung des bras \

enlacés (sic) ung parmi l'aultre, au dessus desquelles | éstoit escrit en ung rouleau d'argent cet bémistiehe du Xll^ de l'Enéide de Virgile :

SORS ET VIRTUS MISGENTUR IN t)N0M.

^ Au hault du tableau estoit la figure d*un ange tenant une ampouUe ou fiole. Ung desquels roys représentoit Glovis, premier roy chrestien, et l'aultre Henry noslr^ roy trez chrestien, lesquels oincts de la grâce spécialL^ de Dieu, douez de vertu et bonheur représentés pa^ lesdites nymphes, avoient, avecq les armes, couragea ^ sèment et heureusement défendu la couronne de Franc contre les ennemis d'ioelle, oe qui estoit «x^imé pa ung quatrain escrit en lettres d'or en ladite table d'at ^ tente dudit piédestal, disant ainsy :

Ces roys, oincts de grâce divine,

Doaés de vertu et bonheur,

Ont conservé par leur valeur

Le beau champ où le lys domide.

(1) tt Lequel, pour son indisposition, ne se peut trouver à lad ^ entrée, non plus que M' f laude de Waconsins et Claude Hermant-^ travaillés des gouttes, nç peurent laisser la matsMi. »

*'m A main droite^ do <x>8té de Glovis, en une table nte, estoit cest aultre quatrain :

Clovis, le premier de nos rois Abjurant la secte païenne, Enta la piété chrestienne Sur Testoc roial des François.

« Et de Taultre costé, en une pareille table d'attente, It escript :

Henry le Grand, vray exemplaire De bonté, de gloire et valeur, Aux ennemys est en terreur Et aux siens doux et débonnaire. »

Les quatrains étaient du siéger Beauvarlet qui n'a Z m garde d'oublier ce point dans son récit, mais qui ne .MBime pas le peintre, et c'est pour ces omissions que perte du registre aux comptes est particulièremept

ttable.

Avançons toutefois» le récit de Beauvarlet sous les

QX.

Les cris de Vive le Roi^ redoublés lorsque le roi fut mis l'arche de U porte Saint-Gilles, le suivirent dans Il ville jusqu'à Saint-Yulfran et de Saint-Yulfran jusqu'à ion logis. Dès la porte, on lui avait présenté le ciel (le dais) qui fut porté sur lui par les écbevins et les officiers de la ville, « le clergé marchant devant luy, ^ aa devant du dais marchoit à droite H' le lieutenantgénéral et à gauche M' le maieur, tous deux à cheval, et fut en cette sorte conduit jusques à la grande église, saivi de Messieurs les princes et seigneurs de sa court. » Lorsqu'il fut un peu avancé dans la ville , • on fit laieher quelques boetes réservées, lesquelles jouèrent

merveilleusement bien, avec une scopeterie d'arquébouses à croc. »

Un mot des décorations de la rue Saint-Gilles (i), du Marché, du Pont-aux-Poissons et du portail de Saint-Yulfran qui devaient frapper les yeux du roi avant le discours du chanoine de Belloy et le Te Beum.

« Es arcades des puits de la chaussée de Sainct- Gilles revestues de lierre et or cliquant, y avoit des blasons aux armes de France et de Navarre, au-dessus desquels avoit esté proposé de mettre des vers latins et François, lesquels, pour la brièveté du temps, ne purent estre escrits (2).

(1) Nous avons déjà cité celles de la Gruthuze.

(2) Beauvarlet les a conservés cependant. Le preoaier puits devait présenter ce dialogue composé par M* Hector Bumet, écuycr, sieur de Beaùmarais, bailly d'Abbeville :

VlATOR

Gallia, qoid non tes, jtm mx et plaribot annit < Régis Iberoram dilaniata feris ?

Gallia Qaid, non egra, fleam ? qood cam inclinata jaeerem Rex Franeûm hostes et prœlia qoeqaie fugat.

Sur le second puits, ce distique devait faire parler le roi luimême:

Sam gênas heroom, divi proies LadoTÎci ; Hispanos saperat tanta propage daces.

Au troisième puits, nommé le puits de la ville, devait être attaché ce quatrain rapporté (l), composé par M* Nicolas Becquin, procureur et notaire royal:

La grandear, la yerto, le bonhear, la Taillance De Cësar, d^AIexandre et d'Aogoste et d*Hector, Orne, annonce, accompagne et enrichit encor Le chef, le los, Tardeur, le front du roy de France,

(1) Mot exprimant un toor de force qui ta'a rien i voir sTec la po&ie.

« Ao destroit de la rue, devant l'Esca de Brabant, y avoit ung grand arc triomphal sur lequel estoit ung piédestal de sept pieds de longueur sur deux pieds et demi de hauteur, garny de moulures» sur lequel estoit posée la figure à cheval de feu Monseigneur le duc de Vendosmois, père du roy, qui fut gouverneur de ceste province et depuis roy de Navarre. Il estoit armé et couronné à l'antique, tenant une mace d'une main et de Tautre les resnes du cheval, le tout très superbement faict et industrieusement poli que rien plus. £n la frise dudit piédestal estoit escrit ce tétractique» d'ung costé, en lettres d'or, composé par ledit Beauvarlet :

Nostratum Hector, Dux hic Vindocimus ad se

Corda pius loDgo traxit amore sui, Sed cum, Rex, magniim te protulit, Enrice, Gallis,

GalHa eum merito, totus et orbis amat.

« Et en l'autre costé ce quatrin façonné dudit Beauvarlet :

Ce Vendosinois, qui a aimé Nos pères d'amour paternelle.

De soi la mémoire éternelle Dedans nos cœurs a enfermé.

« L*architrave et la corniche estoient peintes de couleur de marbre noir, et estoit escrit en la frise, en lettres d'or, au dessoubs de ladite figure, ces vers tirez da Xll« de l'Enéide :

Disce, puer, virtutem ex me, verumque laborem, Fortanam ex aliis (1).

(1 ) Paroles d'Enée à Ascagne. Ainsi parlait à Henri IV, dans rintention du poè'te, la figure du duc de Vendôme tournée vers la porte Saint-Gilles; mais Henri IV était alors uu Ascagne un peu mûr. Ce que Beauvarlet ne dit pas et ce que montre le dessin

« Et pour intelligence de œ, estoient peintes» en deax tableaax posés en deux niches ai|x costés de rentrée dodict arC) la Vertu posée sur un cube pour monstrer sa stabilité, tenant d'une main une branche de palme et de Tautre un chapeau (une couronne) de laurier; et en Tautre niche une Fortune posée sur une boule, t^ nant d'une main une corne d'abondance et de Taotre une couronne d'or. Ces niches estoient entre les co« lonnes de couleur de jaspe, garnies de leurs bases et chapiteaux tellement enrichis que rien n'y manqooit* Pour l'amortissement desdictes colonnes, en hault, i estoit à chacun costé dudit arc un fond d*aspic, entre lequel et la corniche estoit un chapeau de triumphe, et dans iceluy les armes de mondit sieur de Yendosme (1) J d'un costé et celles de la ville de l'autre.

« L'autre costé de cest arc estoit semblable, saouf que la frise au-dessus de l'architrave estoit reinplie d'une moresque sur ung fond d'or, et dans les niches y avoit des trophées au lieu des deux inscriptions que l'on avoit proposé d'y mettre, l'une contenant ces hémistiques de Glaudian : ^

Peragit tranquilla potestas Quod violenta nequit. .....

conservé dans le registre de la ville, c^est que le cheval du duc, de forte race, avec une longue queue dndulante, nouée par le milieu, et de superbes crins sur le cou, offre, sous son caparaçon et son panaci^e, un modèle incontestable des chevaux de guerre un peu lourds du temps. J'ai engagé M. 0. Macqueron à copier ce dessin pour la collection où, avec un zèle infatigable, il fait parler Âbbeville et rhistoired'Abbeville aux yeux, sous le crayon et sous la couleur.

(1) De l'autre côté de la page est la représentation de cet arc de triomphe.

« Et Paatrei ce trait de Pline en son panégyrique :

TUA FELICITATIS EST, REX, POSSE QUANTUM VELIS; IIAGNITUDINIS YELLE QUANTUM POSSIS.

Ces inscriptions étaient donc absentes.

« Au devant du petit Escbevinage, sur le Marché, fut posé ung grand tapis de satin de Bruges verd, bordé d'ung feuillage d'argent, au milieu duquel estoit ung double escusson de France et de Navarre, couvert d'une couronne close environnée des deux ordres du roy (i). Âcosté droit, estoit, ung peu plus bas, Pescusson de Ponibieu, et à l'autre celui de ceste ville , et au bas estoient escripts ces mots en lettres d'or tirez du III<^ de niiade :

BAiiAEi T'ArAen, kpatepq t'aixmhth.

• On avoit délibéré, au dessoubs dudit tapis, de poser

QDg grand tableau peint en forme ovale, les angles

remplis de feuillages et moresques, et dans l'ovale

pourtraire un Hercule triomphant et victorieux au

hault d'une montagne de difficile accès, le chemin,

JQsques au sommet, rempli de ronces et haliers, et au

bas, sur le pendant de la montagne, les marques et

trophées de ses victoires, savoir est : les lion, sanglier,

bydre^ harpie, Gérion, Cerbère, Achelois et autres

monstres gisans morts par terre» et dans le tour de

ladite ovale , cest hémistiche escril qui est la devise

du roy:

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