‹ La Ligue à Abbeville, 1576-1594 (volume 5)Chapitre 1 sur 33 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Des faits, des faits, des dates et des faits. Ce n'est qu'en prenant cette devise pour règle qu'on pourra rendre à l'histoire toute sa sincéri(é, toute sa vérité. L'opération de recueillir des faits et des dates est assez ingrate. Le courage doit parfois abandonner les chercheurs qui se vouent à cette tâche mal rémunératrice d'abord ; ils y prennent goût cependant, parce qu'à travers les faits de minime valeur, en apparence, ils aperçoivent bientôt les grands événe^ ments et découvrent des clartés pour comprendre ces grands événements. Chaque fait, si mince qu'il soit, devient un petit flambeau qui aide à s'orienter dans l'immense dédale. Parfois, après un brusque détour, une longue perspective s'ouvre. Ces surprises paient des années de déceptions. Les pauvres mineurs qui se sont noircis dans la poussière des archives et qui reviennent courbés du travail ont la consolation, l'orgueil, de transmettre, quasi cursoreSy mais avec un

dévouement pins conscient que odoi des cooreors de Lacrèce, les petits flambeaox aox mains des hommes assez favorisés da génie des Goizot et des Michelet pour éclairer un jour tout le labyrinthe.

Ces trois volâmes ne sont rien qa'on modeste recueil de faits et de dates. Puisse une période de près de vingt ans de notre histoire recevoir quelque lu* mière de tous les petits flambeaux rallumés!

Une banalité se présente â moi, je ne la repoussa pas.

n y a deux sources, deux ressources, de révéla" tion, d'informations, pour Thistoire; la poésie, fix^^ à l'heure où elle a jailli, et les dépots dormants der^ archives ; la pensée contemporaine des faits, dans plus vives et intelligentes spontanéités» et les mâmes, tout nus, ou dans la grossière enveloppe qu^ leur prélent les documents ayant date précise.

Voilà pourquoi, lorsque j'ai désiré voir revivra devant moi l'époque de la Ligue, j'ai interrogé Ron*' sârd, d'Aubigné, Desportes, et remué les feuillets jaunis que garde la vieille tour du Trésor abbevillois. Bien que les trois volumes que j'offre aujourd'hui au public sortent presque en entier des registres de ma ville natale, j'aime mieux Ronsard, d'Aubigné et Desportes.

Les (euvres des philosophes et des poëtes saisissent» conservent et nous rendent le secret des temps bien mieux que ne l'ont jamais pu le langage et les consi-

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Aénints des conseillers d'Etat oa conseillers municipaux de tous les âges. *

Hélas! je ne vais promener mes lecteurs qu'en compagnie des échevins du xti* siècle. Ce n'étaient pas de trop mauvaises gens et on peut s'en accommoder.

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