D£ LA VIE BOURGEOISE VERS LA FIN DU \W SIÈCLE
le demande qu'on me permette d'ouvrir ici et qu'on me pardonne une parenthèse de quatre pages. Ces quatre pages en présenteront, en feront accepter, je l'espère, cent trente autres du tome P'. Pourrai-je, en effet, marchander la place à ce grand Intérêt de l'ouvrage et de l'auteur : faire connaître les bourgeois de la fin du xvi* siècle et les faire aimer, tout au moins de leurs fils ?
En vue de cet intérêt, il me faudra montrer le milieu et les hommes, promener mes lecteurs à travers tes rues du xvi* siècle, puis leur exposer le fonctionnement de la vie municipale à la même époque, à l'époque active et agitée, objet de cette étude.
Pour cela, je donnerai, d'abord, l'aspect de la ville, églises, maisons anciennes ou nouvelles, les deux échevinages, rues, croix dans les rues, toits de tuiles et toits de paille, les hôtels, ponts, moulins, coms d'eau, remparts, corps-de-garde, le château,
le moaveinent du port avec la Somme montante et descendante^ etc. (pp. S-21).
Pois, et afin de mieux comprendre et de mieux montrer le régime de la ville« Toi^anisme administratif, les franchises, la jalousie municipale, j'étudierai avec le plus de soin possible et exposerai le Renouvellement de la loi (pp. 22-37) ; j'expliquerai comment se faisaient les assemblées des trois ordres ou des états (p. 38), les assemblées générales {ibid.y^ les simples assemblées ordinaires ou échevinales (p. 39) ; je toucherai aux rapports du gouverneur et de réchevinage (pp. 39-40) et montrerai le gouver^ neur assistant parfois aux délibérations de rassemblé^ bourgeoise.
Je rappellerai, je constaterai quelques fondations^ quelques usages caractéristiques des mœurs, de^ habitudes (pp. 41-54) ; ainsi je saisirai et établirai 1^ mouvement de la Renaissance à Abbeville, la fonda^ tion du collège (pp. 41-44 avec la note et 248), les fondations pieuses ou charitables (p. 42), les fêtes du mardi gras ou des caresmiaux au bois, les jeux, les montres à cette occasion (pp. 45*49 avec la note), la Visitation des remparts (pp. 46-48), la recherche des habitants pour l'établissement de la garde {tbid.)^ les maladies contagieuses, la lèpre, la peste (pp. 49-54).
Je m'arrêterai assez longtemps sur la milice bourgeoise (pp. 54-76); je signalerai les compagnies
orâînaires par quartiers (p. 54)^ mais surtout les trois coiupagnies des cinquanteniers (pp. 54-Cr) : archers (p. 58), arbniestriers (p. 60), arquebusiers (p. 62) ; puis la compagnie de jeunesse, le geai tiré par celte compagnie (pp. 67-71); les canonniers de la ville (pp. 71*72); le code pénal de la milice bourgeoise (pp. 72-76).
Pour la police» qu'il ne m'est pas permis de négliger dans le tableau, les besoins de la clarté et de Tordre m'engageront à diviser ce que j'en ai pu découvrir en plusieurs sous-paragraphes : police des métiers (pp. 76-85), police des marchés (pp. 85-88), police des rues (pp. 88-90), police des maisons (pp. 90-94) et incidemment l'administration des faubourgs (pp. 94-95), enfin , police des mœurs, les peines frappant les infractions au respect des dimanches et des jours de fêtes (pp. 95-104) etc. (1).
Une époque où les questions de foi et de conscience entrèrent pour une si grande part dans les de'terminations, dans les querelles des hommes, exigeait une étude attentive de l'esprit religieux de notre ville ; cette étude, je l'effleurerai insuffisamment en quelques pages (pp. 105-1 10), la laissant à compléter aux Annales mêmes, objet de cet ouvrage. Je dois dire qu'elle n'est pas aussi facile qu'on le voudrait à
(1) Voyez aussi, pour la police, rordonnance d'août 158S (T. I, p|ft 210-225).
dégager des faits, l'y reviendrai quelque peu, plus loîD, daBs cette introduetion même) en rappelant le FÔle du clergé dans les troubles. J'ajoute de suite que ce rôle a été moins modéré peut-être que je ne 1» cru aux premières heures de mon travail.
Pourrai-je, dans ce veni foras adressé à notre cooh munauté du xvi^ siècle, oublier le sang, ou du moins h part grossière du sang, si la métaphore est permise) qui soutient et promène la vie dans tout corps social, les finances de la ville ? Non certainement, et je ne regretterai pas le chapitre donné à ces finances, aox revenus, aux fermes et autres sources de recette, im dépenses, aux comptes résumés par années de 1576 à 1594 (1). Ces vingt-trois pages (111-133) ne seront pas, toutes hérissées de chiOres, les moins instri^ctives.
Maintenant, la parenthèse close, aux sources vénérables de ce travail de lui prêter un peu de leur autorité. C'est d'elles qu'il tire sa valeur; qu'il leur demande aussi, en les citant, des garanties, des droits à la confiance des lecteurs.
g in