DES FAITS GENERAUX ET DES FAITS PABTICULIEBS
On Ta vu, les plus abondantes sources de ce travail ont été les registres de notre échevinage. Je puis partager maintenant en deux classes et sous deux titres les faits péchés dans ces eaux grises : les faits fifaÉRAUX ou d'intérêt généra^ c'est-à-dire important i quelque degré à l'histoire générale de l'époque étudiée, et les FArrs particuliers ou d'intérêt particulier, c'est-à-dire qui se rattachent simplement à
(1) On appelait, je crpis, déjà, on appela, dans tous les cas, |)ea de temps après, Magistrat, le corps même des officiers élus [f réchetrinage.
l'histoire de notre ville. Les mêmes faits, d'ailleurs, peuvent souvent prendre une valeur générale ou être restreints à la valeur particulière selon qu'oa veutlei voir et qu'on les considère du point de vue de h grande histoire ou du point de vue de la petite, k vais tenter un premier classement, acceplable^ de ces laits dans les deux paragraphes suivants.
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FArrS GÂNÉRAUX
Je rangerai parmi ces faits ou les constatations que nos registres en gardent :
Des transcriptions de lettres patentes des rois — confirmatives ou nouvelles — en faveur d'Abbevflle; ce qui est plus curieux, des copies de lettres particulièresy souvent inédites, de ces rois; de lettres du lieutenant-général en Picardie (M. de Créveoowr); du duc d'Aumale ; de la comtesse de Ponthieu, Diane de France ; du duc de Nevers, gouverneur de Picar*. die ; de M. d'Estrées ; du duc de Longueville; du doc de Mayenne ; de l'échevinage d'Amiens ; du prévôt des marchands et des échevins de Paris. (L'incendie récent de l'hôtel-de-ville des Seize rend plus précieosc la consignation de ces dernières dans nos registres el ajoutera peut-être quelque intérêt aux extraits qu( j'en pourrai proJuire).
Parmi ces faits encore je rangerai :
Les subsides demandés par le roi ; les délibérations I cet égard ;
Les passages de personnages d'importance, ambassadeurs, présidents du Parlement, etc.
Pour les opérations militaires : les fournitures aux armées, pain, vin, bière, — le plus souvent du pain ; Toccupation un jour du faubourg Rouvroy par le duc d'Âumale, les faits de guerre dans les environs, les expéditions auxquelles la ville prend part.
Le plus grand nombre de ces faits intéressent les provinces contiguës, les villes voisines, Rue, etc.; ainsi: en mai 1589, l'expédition du gouverneur d'Abbeville vers Dieppe (t. Il, p. 120); dans le même temps, foccupation d'une partie du Boulonnois au nom de la Ligue par M* de Rambures (t. II, pp. 129- 130, p. 149) ; les fournitures et avances de toute espèce faites par Abbeville aux troupes de la Ligue en Normandie et en Boulonnois (t. II, p. 149 et p. 153); la guerre en Normandie (t. H, pp. 157 et suivantes); le siège de Dieppe par l'armée de Mayenne (t. 11^ pp. 165-167); la guerre en Boulonnois (t. II, pp. 168 et suivantes) ; la guerre sur la Bresle (t. II, p. 170); le siège de Gamaches, Texpédition partie d'Abbeville contre cette place (t. II, pp. 192-198); la surprise, peu après, du château de Gamaches par les troupes du roi de Navarre (t. II, p. 255) ; rentrée â rimpfovisle des royalistes dans la ville de Saint-*
Valéry -- non dans le château ; l'expédition d'à corps de la milice abbevilloise pour reprendre la viU (t. II, pp. 281-282); la surprise de la ville deRiM par les royalistes — non de la citadelle (t. IIj pp. 308-311); l'eiïort inutile tenté parle capitaine M lenglise, avec le concours des volontaires abbevillois, pour sauver, la citadelle (t. II, pp. 311-317); h siège cette fois et la prise de Saint-Valery parte troupes du roi (t. II, pp. 321-338); puis le siège et h prise de la même ville par le duc d'Âumale (t 11, p. 338 et pp. 354-359); le siège infructueux de Roc par les ducs de Parme et de Mayenne (t. II, pp. 370- 376) ; les soucis donnés par les garnisons ligueusef de Saint-Valery, de Saint-Riquier et de Pont -Rem] (t. II, p. 390) ; les secours envoyés d'Abbeville ei pics, pelles, etc., et en argent, pour la conservatioi de Saint-Valery (t. II, p. 396) ; la prise de Tabbayi de Forcstmon tiers par les soldats de l'Union (t. IIÏ p. 7) ; le siège et la prise de Saint-Valery par le dm d'Âumale (t. III, pp. 12-20, y compris la note) ; 1< nouveau siège et la nouvelle prise de Saint-Valer; par les troupes royales (t. III, pp. 26-27); la garnisoi royaliste de Rue plus incommode cependant, siooi plus inquiétante pour Abbeville, que celle de SainI Valéry (t. 111, p. 39-40) i Abbeville demandant c conséquence au comte de Mansfeld d'attaquer d'abor celte place de Rue, puis celle de Saint-Valery (t. lE pp. 40-42); le siège — sans succès — de Rue ps
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Id (t. III, pp. 45-63); le siège et la prise de l^alery par le même (t. III, p. 45-58); les ures faites par Abbeville à Tarmée delUansfeld asion de ces deok sièges (t. III , p. 03); penoutes ces opérations, si nous retournons en !, les pirateries exercées à l'embouchure de la e (t. L p. 182) ; plus tard, les saisies de na« »ar les corsaires de la Ligue (t. II, p. 208) ; le<^ res commis par les gens de guerre dans les gnes (t. II, p. 80) ; enfin presque aussitôt après nission au roi, les nouvelles craintes, inspirées )is par les ligueurs qui tiennent encore la cam- (t. 111, p. 165) et surtout par les Espagnols, alliés {ibid.j p. 195) ; Saint-Valery encore à la en juin 1594 (t. III, pp. 162-163) ; l'envoi de iques par l'échevinage d' Abbeville à la ville de ns menacée par les Espagnols (t^., p. 270); ilement à tous ces faits dans notre période de ans, les questions d'impôts, confirmations ou ihissements (passim) ; les ordonnances royales la nourriture et le soutien des pauvres (t. I, i6-237) ; les emprunts forcés contre lesquels la ie défend (t. I, pp. 227-239 et p. 246); les uvres des chefs de la Ligue pour s'attacher ille ou s'en emparer militairement, leur coridance avec l'échevinage {passim) ; les discussur raffranchissement (toujours disputé^ par le royal) de la contribution pour les francs-fiefs
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et nouveaux acquêts (t. I, p. 401); les coofis- ^ cations : les « deniers provenant du bien (1) de ceux delà relligion (t. Il, p. 20 en note), rinstib. tion à Amiens d'une chambrt de conseil charges dei affaires générales de la Picardie (t. II, p. 31); aa milieu de tout cela, et coupant Thistoire en actes de drame, les grands événements qui sonnent comme le mot d'une péripétie : l'assassinat du duc de Guise (t. II, p. 24); rassAssinat de Henri III (t. II, p. I3t); l'abjuration de Henri IV (t. 111, p. 64).
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^ FARS PAETICUUEA8
Parmi ces faits, administratifs, politiques, rdigieux, militaires, qui constituent l'histoire même de notre ville, je noterai rapidement dans cette introduction !
Les élections ordinaires de l'échevinage et, oolre ces élections annuelles, les élections pour les états généraux ;
Les députations envoyées au roi, envoyées aux chefs de la Ligue, envoyées à l'échevinage d'Amiens et ailleurs ;
(i)Ne'S'agirait-il pas seulement, dans le cas en vue, de denief tirés non de bien Tendus, mais de ventes d'arbres ou de taillis?
Les rapports fréquents et de tout genre de la ville avec les villes deRue, d'Amiens, du Groloy, deSsiirft Valéry, de Saint*Riquier ; •
I| question élemelte des fortifioatiofe à rendre meilleures ou à réparer ;
La créatioir du bureau des pauvres (tome P% pp. 162-165) ;
Les efforts pour se soustraire aux tailles et aux antres impositions dont la ville se prétend exempte ;
Les différends entre Téchevinage et le gouverneur militaire (1);
La misère qui revient trop souvent désoler la ville; les plaintes alors sur l'enlèvement et le transport des grains; l'ouverture parfois d'ateliei's de charité (t. !•% p. 237, p. 260 et suivantes, p. 286 encore) (2) ; dans les teinps de disette, acquisition de blés à l'étranger et distributions de pains aux pauvres (t. P% pp. 252- ^, entre autres) ;
Les ordonnances sur les mendiants étrangers (3) ;
(1| Très-fréquents, pamm dans ces annales; ce qui n*excluail pas les égards, les rapports de politesse. V. le baptême d'une fille do goavemear, janvier 1587 (t. 1*% p. 259); le corps de ?ille sert de parrain.
(t) Les moyens proposés et ceux qui furent emplo]^ pour eoorrir la dépense de ces ateliers et des secours aux malheureiix ea 1587 sont curieux et à étudier (t. 1**, pp. 288-367, 277-260 et
(8) Use de tes ordonaances, renouyelée le 21 atril 1587, letù* CBjoint de sortir de la ville sous trois jours ^t* i" p. t7S).
Les émotions ou commencements d'émôtioos po- )tulaires ;
Malgré tout, avtnt tout, par-dessus tout, la rémtance des habitants à recevoir des compagnie de soldats dans leur ville, leurs députations vers le ni dans cet intérêt; -^ ils ont consenti une fois à recevoir dans leurs murs deux compagnies, mais le roi a renoncé à faire entrer ces troupes dans la ville (1); — •
La terreur envahissant la ville enfin (t. P% p. 336); un certain nombre d'habitants dénoncés comme suspects (t. V% p. 337); la belle conduite à cette occasion « en avril 1588, du maïeur Jacques Le Roy de Saint-Lau (t. 1*% p. 337) et de l'échevinage même (ibid., pp. 338-339) ; les suspects plus vigoureu8&-
(1) Cette horreur des garnisons s'affirmera pendant tooteb période qui nous occupe. La simple traversée, annonce oa demandée, de troupes de guerre entre les murs devient sujet (Tépouvante. L'échevinage, après avoir obtenu que Tarmée des àm (de Parme et de Mayenne) ne traverse pas la ville, fera faire, pour éviter les surprises, un pont sur la Somme (t. II, p. S75). La fille refusera au duc d'Aumalele passage de ses troupes, et ces troppei tourneront les murs par la Bouvaque (t. II, p. 401 et suivantes); plus tard, le même duc d'Aumale sera supplié de ne pas mettre garnison dans la ville et même d^en faire sortir « plusieurs geai de guerre quy y sont ad présent » (t. III, p. 6), à plus forte raison, peut-on le croire et le voit-on, les habitants d'Abbeville ontils la crainte des garnisons espagnoles, — en ce qui les regarde, car ils ne paraissent pas réclamer pour les lieux voisins (t. 111, pp. 101-102); enfin, à la veille même de sa soumission au roi, ik décident, pour délibérer plus librement peut-être, qu'il ne sen reçu dans la ville aucuns gens de guerre français ou étranger (t. lU» p. U»).
ment pressés à quelque temps de là, menacés dans leur liberté et leur sécurité (t. P% de la p. 346 à la p. 352) ; l'énergique et honorable protestation alors de Bobert Carbonnier qui ne veut, dans tous les cas, être jugé que par lemaïeur et le lieutenant-général en la séoéchaussée de Ponthieu, non par le gouverneur militaire {ibid.^ de la p. 349 à la p. 352); puis les eoquêtes sur ceux des habitants que nous nommerons \fA politiques ; l'incarcération des suspects ; les nombreoses discussions ou délibérations à ce sujet, elc. (télI, p. 122 à 129); les sommes levées c sur les royaux et politiques » (t. II, p. 137); les armes retirées de leurs mains; les autres différentes mesures de précaution prises contre eux (t. II, pp. 155-156); madame de Belloy, par exemple, prisonnière au château de Ponthieu (t. II, p. 203) ; plus tard, après la bataille d'Ivry, la surveillance redoublant avec les ombrages, rétablissement d'une sorte de censure sur les • lettres ou escripts, » l'intrusion d'une police soupçonneuse dans les conversations privées, l'injonction c à toutes personnes, à peine de pugnition corporelle et d'amende arbitraire, voire de la vie, • de dénoncer <k les particuUiers i> transgresseurs des défenses (t. II, pp. 205-207); les certificats de reli- ;ion devenus nécessaires comme le furent les certifi- Kts de civisme en des temps moins éloignés (I . II, 1. 143 et p. 361) ; l'expulsion de femmes, de réfuîés, de mendiants» à titre de suspects (t. II, p. 259);
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la proposition, non suivie d*efiét pour l'honneur de la ville, d'un système formidable d'espionnage : quatre notables bourgeois, d'abord, à l'exemple des Seize de Paris, et an-dessous d'eux, et commis par eux, des « diziniers » (c'est-à-dire des surveillants, qo par dix ménages) chai^ d'observer et de rapporter a les depportemens et propos de ceulx de leur dizaine » (t. II, p. 261); le gouverneur militaire dn ch&teau devenu suspect (1) lui-même (t. II, p. 37S, p. 287, p. 318 et pp. 343-34'/) (2);
Toute la gradation rendue visible en actes, en exemples, des sentiments et des sollicitations qui ont amené et amènent l'esprit des boui^eois vers l'Union.
Mais, ici, nous devons quitter la forme énumérafive pour quelques détails. Le tableau résumé des faits mérite de trouver place dans cette introduction.
Le 30 mai 1588, les habitants d'Abbeville paraissent encore également attachés au roi et i la Ligue sans bien distinguer les divergences qui se sont produites dans les intérêts, dans les vues du roi et
(1) M. de Hacqaeyille fut cependant reconnu innocent par arrè da conseil de la Ligue (t. H, p. S78).
(S) Nous serons heureux de le constater cependant, quand cVtt le duc d'Aumale qui exige Texpulsion de quelques habitants « pour les suspicions que Ton a de leurs personnes, n la ville, en consentant ou en prêtant sa bonne volonté à cette expnlsion, prend sous sa protection les femmes, les enfants, les biens des suspects obligés de partir» (t* 11, pp. S03-SO4).
che& catholiques (L V\ p. 356). La journée des barricades, mal connue, les a laissés incertains; Amiens est avec Paris dans I'Union avant Abbeville, 4 juin 1588 (t. 1'% pp. 360-361). Des lettres du pré- YÔi des marchands et des échevins de Paris pressent fios pères do se décider. Avant la résolution qui mettra la ville en rupture avec le roi, le sentiment des habitants est consciencieusement consulté et loyalement demandé. Quatre ou cinq cents personnes 80Qt réunies au son des cloches à Thôtel-de-ville 1. 1'', pp. 367-368). Les hommes du wV siècle ne craignaient ni les réunions nombreuses ni les disonssioDs publiques. La coalition politique et religieuse des habitants est enfin, et très-solennellement, arrêtée à Texemple de la ville de Paris et des autres villes catholiques de la province et du royaume, et l'union prononcée avec ces villes (t. P', p. 368 à 370 et p. 372). Il faut toujours le remarquer cependant (et cela ne contredit pas l'opposition poussée jusqu'à la ré- Miion au roi) , si tous jurent « de vivre et mourir eo la relligion catholicque, apostolicque et romaine^ » c'est encore « soubs la seule obéissance de nostre roy très-chrestien. « La mise en demeure n'en existe pas moins; la déférence couvre un ultimatum. L'u/- 6mtum est présenté encore dans les « Mémoires et articles particuliers, etc. » donnés aux députés qui vont vers Sa Majesté (t. P% de la p. 374 à 377). Ces f^qiiestes et supplications, impérieuses par le iond,
mmm par ht forme, et même mi peo par la forme, oe panriemient pas cependant i faire complètement illotrfon mr une certaine moHesse on incertitude' de réchevinage, qui est encore i relever ao 7 juillet 1588 (t i^, pp. 880-381). Les habitants d*Abbeville, en* tréi dans la Ligue, ont peine à ne pas retourner It tAte, hésitants (t. l^, pp. 381-382). Par contrejes députés d'Abbeville à Paris, deviennent à Paris pins ligueurs que la ville qu'ils représentent; et, malgré les invitations au retour qu'on leur adresse, <k suivant le voulloir et intention de Sad. Majesté, » et Vm qu'on lonr envoie, que Tinlention de la ville n'est plos i d'entrer en aulcune union, » ils s'obstinent à demeurer auprès des Seize et à poursuivre à Puis raooomplissoment d'un mandat que la ville veut reprendre, que la ville même a révoqué (t. l*', pp. 380 01 886*389) . Mais bientôt, peu après, l'opinion bourgeoise esl fixée ; Abbeville est à la Ugue, et irr^\XHNiblement jusqu*à Tabjuration de Henri IV. t^ 18 août 1588« une lettre du maieur Jaccpes tt> Rii^y de S»iQl4jÉU, adressée i M. de Belloy, iimMr^ d'lHK4e) da n>v« a élé saisie* L'envoi de cette WMv^ t(^ ÙM|mtéi» i véritable ciime aa maieor (l JTx ^ )9l«3!tf^. Le roi ki mènie est donc miin- ImaM lrfe-$iKfifvl . ;M6si ;wpecl qw pQt rébe
IS^iifcv^ \*^ pt^mWrî lbt!:> ^f»f «ms npprodMms
f^Vr^f ffrmi ^rrrt irtin li km maaMa iMiii Mlim i
Fhistoire la plus étroite d'Abbevilie^ sont encore i
relever:
Les assemblées des trois ordres qui se tenaient au prieuré de Saint-Pierre (t. Il, p. 13 et passim). — DaD8 celle du 27 août 1588^rent élus les députés qui devaient se rendre aux États de Blois. —
Nous avons, dans cette revue rapide des événements et des sentinients qu'ils suscitèrent, à noter :
La réserve des habitants d'Âbbeville envers ceux d*Âmiens, non sur le fait dominant de la Ligue ellemêiue, mais sur les propositions particulières des Amiénois, principalement à Toccasion de rétablissement, à Amiens, d'une « chambre du conseil » chargée des affaires générales de Picardie (t. 11^ p. 34, p. 62, pp. 68-69, pp. 85-89, pp. 93-94, pp. 95-96).
Nous avons à rappeler, avec une certaine fierté rétrospective, rinfluence ou Tautorité d'Abbeville sur bdeux rives de la Basse-Somme (t, II, pp. 35-36). Abbeville veillait surtout à la sûreté du Crotoy (t. 11, pp. 36-47, pp. 69-60, pp. 65-67, p. 92, p. 159, p>333), à la conservation de Saint- Valéry (t. 11^ p. 58 et pp. 63-64, p. 67, p. 77, pp. 78-79, p. 164, p. 253) (1); de la Tour de Noyelle (t. II, pp, 390-
(1) Plus tard c^est Abbeville qui, dans riatérét du commerce ioqaiëté par les prises fréquentes de Saint-Vaiery, sollicitera des elieù de la Ligue le démantellement de cette place (t. m, p. SS, p. Met p. 61).
391). Elle s'éri^it eo |«omirioe dm comTmroede b Somme, même contre les corsaires de la ligne (U n, p. 302). AbberiUe s'occiquit avec un souci (Nresque égal de la sûreté da Pont-de-Bemy (t lf\ pp. 273-274; t. U, ^ 67, p. 80, p. 245, p. 2»; t. III, p. 98 , de Bambores (L U, p. 67), du château d'Eaucouri-sur-Somme (t. U, pp. 255-256), de la Tour du Plouy-lès-Saint-Riquier (t. U, p. 67 et p. 253, t. m, pp. 97-93, pp. 100-101).
Du côté de la mer, c'est une sorte de dictitore qu'Abbeville prétend exercer dans toute la portée da regard jeté du haut de ses tours neuves de SaîBt-- VuUran. Partout ailleurs, à plusieurs lieues autom d'elle, c'est au moins un protectorat ; ainsi, un joor, Ahbevillc s'assurera du Pout-de-Remy avec sa propR milice bourgeoise (t. II, p. 122), fera signer parb maieur le mandement qui contraindra le receveoi des aydes et tailles au paiement des garnisons de cetb place (Und.j p. 154), avancera de la poudre à Ga mâches (t. II, p. 159).
Si Abbeville veillait à la sûreté des environs, plus forte raison, peut-on le croire, vdllait-elle à s propre sûreté. 11 n'y a qu'à prendre entre 1( preuves :
Nous exposerons (t. I", p, 54 et suiv.) l'organisi tîon de la milice municipale. Un jour, cette force i paraissant plus suiBsante, l'échevinage lèvera et h géra (1589) cinquante soldats dans le Csiubourg i
ly (t. n, p. 79). Cette troupe appartiendra à et sera sous le commandement d'un officier )ar elle, à sa solde et à ses ordres.
remarque bien en place ici. Nous reconnaî- )arfois, en quelques- ines des émotions des its d'Abbeville, nos émotions de 1870-1871 t le siège de Paris (1); aînsi^ en 1590, les
du roi et de la Ligue étant proches l'une de et une bataille pouvant se donner « de bref » p. 228). Mais les vieux Abbevillois distrayaient iréoccupations par des processions générales.
tard, Abbeville priera, dans l'intérêt de sa déjuatre capitaines de vouloir bien se retirer dans rs (t. II, p. 256), mais ces capitaines sont ^es lommes des environs qui n'apportent que leur ince militaire et ne sauraient donner ombrage I pourraient le faire des capitaines commandant mpagnies envoyées par les chefs de la Ligue, rd encore, Abbeville lèvera quatre cents hommes l qui seront sous le commandement supérieur îeur et des cchevins (t. II, p. 307), les capi- 5tant choisis et nommés par eux (2) ; et Téche-
li fait ces rapprochements au lendemain même de la t sous des impressions tontes récentes en corrigeant les idu t. 111. Voyez p. 75.
sont ces compagnies sans doute qui sont visées dans le it baillé par le duc d'Aumale pour Testablissemeut de paignies de gens de pied (t. UI, pp. 4-5).
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vinage, d'accord avec le gouverneur, fera appel aux hommes des campagnes. « Les habitants des villages dépendant du gouvernement de ceste ville » seront mandés et conviés à fournir un certain nombre d'hommes de chaque piocher « pour estre mis es maisons des habitans pour la defiense de ceste \îll6 » (t. IL pp. 307-308). Bientôt des ordonnances manicipales constitueront en quelque sorte la ville en état de siège (t. II, p. 332); ainsi le 12 décembre 1591, c'est la ville qui s'impose elle-même avec cette rigueur les devoirs du combat, et nous remarquerons que, eo 1870 aussi, c'est la ville qui a pris l'initiative de sa défense. Le 16 mai 1592, Abbeville décidera la levée de cinquante chevaux pour tenir en échec la garnison royaliste de Rue (t. II, p. 393) et les précautions prises à la fin du mois (p. 394) seraient encore à comparer à celles que nous avons vu prendre à la fin de 1870. La ville décidera enfm, le dernier jour de juillet 1592, la levée d'une petite armée de deux cents hommes de pied et de cent chevaux (t. IL pp. 413- 414), « lesquelles compaignies despenderont de l'auctorité du corps de la ville seul et seront subjectSi en cas de contravention, à la correction de sa justice ordinaire... » Nous voyons un peu plus tard, 8 octobre, la compagnie de M. de Rambures à la solde de laville(t.III, p. 8).
Ces précautions, le zèle du grand nombre, n'empêchent pas toujours cependant les Abbevillois de
£yie la contrebande contre lear opinion, tapt Tamour isk gain sait se ménager une part à côté des sentir meots louables (t. II, p. 237.)
En revanche, et c'est le rachat de ces faiblesses de I qaelques-uns, ils prennent part quelquefois à des I expéditions de guerre ; ainsi à un siège de Saint-Va- ' lery (1) ; ainsi, en janvier 1590, à un siège de 6a-
! mâches (t. II, pp. 192-198); ainsi, en mars 1592*
mais par le simple prêt de canons (2J et de chariots
et par renvoi de pionniers, à un siège de Rue (t. II,
; pp. 371-372) ; ainsi plus tard (avril 1694), après la
soumission au roi, à une expédition heureuse contre
' un fort occupé à Pont-Remy par les gens du duc
I d'Âumale (t. III, p. 168). Je me hâte de répéter que
'' je tiens ce dernier fait comme très-problématique.
Ils font de louables efforts pour protéger les gêné des champs (t. II, p. 242) ; ils cherchent à s'entendre I àcet effet avec Amiens {ihid., p. 252). Plus tard^ réchevinage prend , pour * défendre les paysans , d'autres résolutions ; il déclare qu'on ne les emprisonnera pas dans la ville pour la taille ou la gabelle. Abbeville sera ainsi, pour les malheureuses gens des campagnes, lieu neutre ou de sûreté (t. III, p. 11).
(0 Rappelé dans la dëlibératioo du 14 janvier 1590 (t. U,
(2)11 n'était pas insolite que la ville prêtât son artillerie, elle ^a?ait prêtée au roi en 1580 pour le siège de La Fère (t. l*% p. 161).
Que rintërét d'Abbeviile, que les besoins de son approvisionnement demandassent) non que la cndnte écartât les paysans, mais que la protection les attirât , d'acoord ; que beaucoup de ces paysans aient été les fermiers des habitants, cela est certain ; mais le fait de la protection est encore honorable. La générosité peut être jugée un peu moins haute par ces considérations, non dntruiie.
Ce souci tourné vers les champs, le soin des fortunes privées n'abandonnent pas Téchevinage. Nous verrons, à plusieurs reprises, les habitants d'Abbé— ville prendre à cœur a le repos du laboureur » et l'obtention, par réciprocité, de la jouissance des biens détenus par l'ennemi (t. III, pp. 23-24 et p. 29) - Quand, (mai 1593), les paysans, réfugiés dans l^ ville, s'y trouveront menacés, arrêtés par les sergents pour la taille et le sel^ nous verrons l'échevinag'e venir en aide à leur désespoir en renouvelant la défense de les emprisonner (t. III, pp. 42-43).
Abbeville, vers le même temps encore, protestera contre l'établissement de taxes qui gênent le com— merce de la Somme et s'opposera à la perception de quelques-unes, poursuivra la liberté du commerce, etc., 28 novembre 1592, (t. III, p. 22), et décidera l'abolition d'impôts onéreux au trafic {ibid., p. 23).
Dans cette guerre pour sa bourse, Abbeville est toujours brave ; elle saura fort bien encore s'opposer,
en septembre 1593, à la levée de quelques impôts abolis (t. III, p. 85 et p. 88).
U succession des faits nous a amenés à une date (fin de 1592) où nous pouvons saisir les premières hésitations que la longueur de la lutte excuse assex — nous nous plaçons toujours, pour les mobiles de cette lutte, au point de vue du temps. — Les fatigues ou les ennuis de la guerre ont-ils déjà un peu calmé les esprits? Cela est vraisemblable. Dans tous les cas, on (iberche les moyens de vivre, et ne sont-ce pas indices de paix déjà désirée que les questions depuis peu posées : comment rendra-t-on libres aux gens d'église, de la noblesse, du tiers-état les biens détenus par les deux partis? Par quelles conventions assurera-t-on la liberté du labourage, la liberté du commerce? Comment se délivrera-t-on des taxes? Et le trafic « par passeport » avec Tennemi ne scan dalise plus.
Quand la date approchera des fameux états-généraux de la Ligue, les habitants d'Âbbeville se montreront assez indifférents pour l'élection de leur député. J. de Maupin sera désigné par hasard t pour comparoir à l'assemblée de Paris » au nom de la ville (t. III, pp. 28-29). Quelque temps après seulement, le duc de Mayenne ayant écrit pour demander l'envoi de députés aux États, Télection de J. de Maupin sera renouvelée et faite régulièrement (t. III, pp. 36-37).
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Nous verrons, pendant la tenue des Etats, h loyauté de la ville mise à l'épreuve et nous aurons h ^ satisfaction de voir cette loyauté sortir pure de répreuve. Le roi ayant fait des ouvertures à la ville, réehevinage ne veut pas recevoir l'envoyé royal avant d*en avoir Tautorisation des chefs de la Ligue (t III, pp. 62-63).
Mais nous soupçonnons dans cette résolution plas d'honneur forcé, de prudence peut-être,, que de chaleur. Aussitôt après la conversion du roi, Abbcvillc se montrera amie de la irève, en réclamera Texécution ; elle inclinera au premier jour vers la paix (t. in, p. 84).
Vainement viendront, et nous les rapporterons (1), des lettres du prévôt des marchands et des échevins de Paris s'efforçant d'affermir le cœur des Abbevillois, de les maintenir dans la résistance (t. III, pp. 90-92); Abbeville est ébranlée dans son ancien attachement à la Ligue et le laisse voir (t. III, pp. 104-105).
Vainement Téchevinage d'Amiens écrira à son tour à celui d'Abbeville (t. lU, p. 108); Abbeville n'est plus très-loin de s'accommoder avec le roi, mais, soucieuse de ses engagements, elle garde envers le
(1) Ces lettres du 10 octobre 1503 ne se retrouveot sans doute que dans nos registres depuis rincendie de THÔtelHie-Yiile de Paris.
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doc de Mayrane d^ très-convenables procédés (t. III, •p. 110).
Noos rapprocherons tous les préliminaires de la sonmissiou de la ville, correspondances, prières au Saint-Esprit (t. III, pp. 112-114), les lettres du duc de Longueville, de messieurs du Parlement, du préirôt et des échevins de Paris, (car Abbeville, fidèle jusqu'au bout au serment prêté d'abord par elle sans fiuntisme, ne cédera au roi qu'après, Paris, t. III, p* 13 et appmdice pp. 286-293) , et nous produirons la letti^ même du roi, du 11 avril 1594, (ibid., pp. 115-117). Sollicitations des puissances naguères lî« gueuses, invocations au ciel, cordialités royales; c'en âait assez. L'honneur, comme la conscience, n'étaitil pas satisfait? La ville avait bien gagné, bien acheté le droit de se soumettre comme elle le fit le 16 avril (iW.,p. 118).
Nous mettrons ainsi en lumière tous les témoignages avoués, publics, honorables, conservés dans nos registres, des négociations ouvertes qui précédèrent la soumission d'Âbbeville ; mais si quelques indices réfractaires nous mettent sur la voie d'autres témoignages moins avouables peut-être et disparus, oous ne nous interdirons pas de signaler ces indices, DOQS n'imposerons pas silence aux faits qui parlent malgré tout. Que soupçonnerions-nous maintenant des négociations secrètes entre les agents du roi et les principaux magistrats ou officiers de la ville sans
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U^H avantages significalifs que plusieurs retirèreot iuuuôdialemcnt de la restauration royale? Les histo- i rions pourraient soutenir le pur retour des bourgeois |>sir illumination de la conscience et du cœur, comme U sincérité des conférences de Saint-Denis, mais rien ne doit bénéficier à perpétuité des ténèbres. Nousœ Uisserons aux ténèbres rien de ce que nous pourrooi ;iipprendre des manèges, des intrigues ; et les récompenses accordées à la bonne volonté^ à la résipisoeooe lucrative des ardents ligueurs , nous permettnml d'établir, approximativement, ce que l'on pourrait appeler^ pour Henri IV, la note des frais (t U, pp. 118-122.
Nous reconnaîtrons cependant qu'Âbbeville, même abralument déterminée à se soumettre, se soumit it» déceik'e. fille retarda le dernier mot, le sermeat, et dtvida seulement d^abord Ter.voi d*une députation de quatro ou six personnes chargées de justifier devant lo ivn* par i*attachemeiit a la religion, la craidaile pass^ee de la ville, de redamer le maintien des privik^'s municipaux et de demander cafin de ne prêter :iicfi»eiit qu*àprvs 1 absolutioo pontificale de Sa Majesté ,u UK p. 125 . CV;aî( là ceftaioemeiity les motifi étant diXUîès^ c; au p.int ce ^ne accepté par nom dans «< teti'.ps« ie tirer ^'aâaire avec ùiguité.
NtMis con^i^iaeivfts Miiâ» les dreonstances qui ikW^vipj^WAHii; ou sfiirînfimi b soami«ion de la
lélâi de la Ligue kl nouvelle de la résolution prise, ittoeuaces adressées au maïeur, l'intention, vraie ou * kùm, de I. de Maupin de. quitter sa charge, s'il ne 8e trouve suffisamment assisté contre les malveillants 9«in, pp. 125-126); le soin que prit le roi de consliter Ja remise de la ville c sans conditions^ » bien qa'ilsût qu'on ajournait Je serment {ibid.^ p. 127); la éii^lomatie écbevinale assess curieuse à étudier dans : la première requête présentée au roi {ibid., pp. 128- 138); les injonctions faites par réchevinage aux habitants « d'oublier toutes choses passées, » etc. (iHd., p. 151) ; la transition du trouble au calme, ndstances, mouvements de sagesse, apaisement, enfin soumission des esprits malgré les inquiétudes du sentiment religieux {ibid., pp. 154-155); les libertés et franchises anciennes déjà mises en péril par les lettres du roi qui veut ou désire la réélection contre les usages, le maintien du maïeur en charge {ibid.^ pp. 181-182), atteinte aux privilèges enveloppée cependant d'égards, S. M. n'ayant pas dédaigné d'écrire anx maïeurs de bannières {ibid.^ p. 183); le serment de fidélité au roi prêté seulement à la veille de sa venue dans la ville {ibid., p. 209) et l'entrée du roi (tW., pp. 213-244); la ville réclamant toujours des exemptions d'impôts et le roi en établissant de nouveaux {ibid.f p. 250), ne ménageant pas les menaces i M eifet {ibid.^ pp. 251-252), ne négligeant pas eqieodant de dorer la coupe {ibid.^ pp. 252>2i53),