MANIFESTE DE PÉRONNE
Déclaration des causes qui ont meu Mgr. le cardinal de Bourbon (1) et les princes, pairs ^ prélats, seigneurs , villes et communautés catholiques de ce royaume de France , de s^ opposer à ceux qui veulent sub\fertir la religion catholique ettEstaU
Au nom de Dieu tout^puissant, Roy des Roys, soit manifeste k tous que , ayant la France depuis yingt-quatre ans esté tourmentée d'une pestilente sédition meue pour subvertir l'an-
(i) Charles, cardinal de Bourbon , fils de Charles de Bourbon f duc de Vendôme, né le 32 décembre i523, mort en iSqo.
^28 LA LIGUE A BEAUYAIS.
•cienne religion de dos pères (qui est le plus fort lien de l'Estat), on a usé de remèdes, lesquels, contre l'espérance de leurs majestez, se sont trouvés plus propres a nourrir le mal qu'à l'estaindre, n'aiant eu de la paix que le nom, et laissé le repos qu'a ceux qui l'avoient troublé, demeurans les gens de bien ^scaDdalisez en leurs âmes et intéressez en leurs biens.
Et, au lieu du remède qu'avecques le temps on pouvait espérer de ces maux. Dieu a permis que les derniers Roys soient morts jeunes , sans enfans babiles à succéder à ceste coronne , <€t ne lui en a pieu donner encore a nostre Roy, au grand regret de tous les gens de bien , qui n'ont obmis et n'obmettront chose a eux possible pour en impétrer de la bonté de nostre Dieu ; ^e sorte qu'estant demeuré seul de tant d'enfans que Dieu avoit xlonné au feu roy Henry, il est trop a craindre que ceste maison s'en aille , à nostre malheur, estainte sans aucune espérance d'avoir lignée , et qu'à l'establissement d'un successeur en l'Estat royal il n'advienne de grands troubles pour toute la chrestienté , et peut-estre la subversion de la religion catholique , apostolique et romaine en ce roiaume très-chrestien , auquel l'on ne souffriroit jamais régner un hérétique, attendu que les sujetz ne sont tenuz de recongnoistre ny souffrir la domination d'un prince qui s'est séparé tant de fois de la religion catholique , estant le premier serment que nos Roys font, lorsqu'on leur met la coronne sur la teste, que de maintenir la religion catholique, apostolique et romaine, soubz lequel serment ils reçoivent celui de fidélité de leurs subjets, et non autrement
Toutefois, depuis la mort de feu Monseigneur, frère du Roy, les prétentions de ceux qui , par profession publique , se sont toujours monstres persécutants de l'Eglise catholique , ont été tellement appuies et favorisés quil est grandement requis d'y donner prompte et sage provision , afin d'éviter les inconvéoiiens trop apparens dont la calamité est déjà cogneue à tous,
NOTES. 22îy
les remèdes a peu, et la façon de les appliquer prcsqu'à personne.
Et d'autant plus que Ton peut assez juger, par les grands préparatlfz et practiques qui se font partout, levées de gens de guerre, tant dedans que dehors le royaume, et rétention des villes et places fortes qu'ils dévoient avoir remises dès longtemps entre les mains du Roy, que nous sommes fort proches de Teffect de leurs mauvaises intentions, estant bien certain qu'ils ont depuis peu envoyé pratiquer les princes protestans d'Âllemaigne , pour avoir des forces afin d'opprimer les gens de bien plus à leur aise; comme aussi leur desseing n'est autre que de se saisir et asseurer des moiens nécessaires pour renverser la religion catholique, qui est l'intérêt commun de tous, et principalement des grands, qui ont cet honneur de tenir les premières et principales charges et dignités de ce royaume, lesquels on' s'efforce de ruiner du vivant du Roy même ousouz son authorUé , afin que n'y ayant plus personne qui à l'advenir se puisse opposer a leurs volontez , il soit plus aisé de faire le changement qu'on prépare en la religion catholique, pour s'enrichir du patrimoine de l'Eglise, suivant l'exemple de ce qui a esté fait en Angleterre.
Mesmes que chacun cognoist assez et voit à l'œil les déportemens et actions d'aucuns qui , s'estant glissez en l'amitié du Roy, nostre prince souverain (la Majesté duquel nous a toujours esté et sera saîncte et sacrée), se sont comme saisis de son auctorilé, et, pour se maintenir en la grandeur qu'ils ont usurpée 3 favorisent et procurent par tous moyens l'effect des susdites prétentions, et ont eu la hardiesse et le moyen de pouvoir esloiguer d'auprès du Roy non seulement les princes et la no-» blesse , mais tout ce qu'il y a de plus proche , n'y donnant accès qu'à ce qui est d'eux.
A quoy ilz ont desjà tant avancé qu'il n'y a plus personne qur ayt part en la conduite et administration de TEslat, ny qui
exerce enlicrement sa charge, ayants les uns esté dêspouiilez du titre de leur dignité , et les autres du pouvoir et fonction , encore que le nom vain et imaginaire leur soit demeuré.
A aussi esté fait le semblable à Tendroict de plusieurs gon^ verneurs de provinces, capitaines de places fortes et officiers, auxquels on a fait quitter et remettre leurs charges moyennant quelque récompense en deniers qu'ils ont reçeu contre leur gré et volonté, et pour ce qu'ils n'osoient refuser ceux qui avoient pouvoir de les y contraindre ; exemple nouveau et non jamais pratiqué en ce roiaume, d'oster par argent les charges à ceux auxquels elles avoient esté données pour récompense de leur vertu et fidélité ; et par ce moyen se sont renduz maistres des armes par mer et par terre.
Et Ton essaye tous les jours de faire le semblable aux autres qui en sont pouveuz si bien qu'il n'y a plus personne qui se puisse asseurer et qui ne soit en crainte qu'on luy ravisse el oste des mains sa charge, combien que, lui ayant esté donnée par son mérite, il ne puisse et n'en doive estre despouillé, par les loix du roiaume, si non pour quelque juste et raisonnable considération, ou qu'il ayt failly et qu'il soit cogneu en justice de sa faute.
Ils ont aussi tiré à eux tout l'or et l'argent des coffres du Roy, ausquels ils font mettre les plus clairs deniers des receptes générales pour leur profit particulier, tenans à leur dévotion tous les gros partis et ceux qui les manient, qui sont les vrais chemins pour disposer de cette coronne et la mettre sur la teste de qui bon leur semblera.
Et de là est advenu qu'abusant de la facilité des subjets l'on s'est peu à peu desbordé à plus grief ves surcharges, non seulement esgales a celles que la calamité de la guerre avoit introduit (desquelles rien n'a esté remis en la paix), mais a infinies autres oppressions naissantes de jour en jour à l'appétit de de leurs volontez desréglées.
li avait paru quelque rayon d'espérance ^ quand sur les fréquentes plaintes et clameurs de tout le royaume, on publia la convocation des Ëstats-Générauk à Bloys, qui est Tancien remède des playes domestiques et comme une conférence entre le prince et les subjets, pour Tenir ensemble à compte de la deue obéissance d'une part et de la deue conservation d'autre , toutes deux jurées , toutes deux nées avec le nom royal et règles fondamentales de l'Ëstat de France ; mais de ceste chère et pénible entreprise ne restera si non l'authorisation du mauvais conseil d'aucuns, qui, se faignans bons politiques, estoienten effect très-mal affectionnez au service de Dieu et bien de l'Ëstat ; lesquels ne s'estant contentés de jetter le Roy (de son naturel trè»^nctin k piété) hors de la saincte et très-utile délibération qu'à la très-humble requestre de tous ses Estats il avait lait de réunir tous ses subjets a une seule religion catholique , apostolique et romaine , afin de les faire vivre en l'ancienne piété avec laquelle le royaume avoit esté estably, s'estoit con^ serve, et depuis accru jusque&à estre le plus puissant de la chrestienté , laquelle se pouvait alors exécuter sans péril et presque sans résistance, luy auroient, au contraire, persuadé estre nécessaire pour son service d'affoiblir et diminuer l'anthorité des princes et seigneurs catholiques qui avec grand zèle avoient souvent hazardé leurs vies, combatans soubz ses enseignes pour la défense de ladite religion catholique, comme si la réputation qu'ils avoient acquise par leur vertu et fidélité les eust deu rendre suspects au lieu de les faire honorer.
Aussi l'abus, qui avait pris son progrès pied à pied, est depuis tombé comme un torrent en précipice d'une si violente cheute que le pauvre royaume se trouve sur le point d'en estre bicntost accablé , sans guère d'espérance de salut , car l'ordre ecclésiastique, quelques belles assemblées et justes remontrances qu'il ait sceu faire, est aujourd'huy opprimé de décimes el de subventions extraordinaires , ouslie le mépris des
choses sacrées de la Sainte Eglise de Dieu, en laquelle désormais tout est toUu ou poilu; la noblesse avilie ^ asservie^ villenée , et tous les jours foulée misérablement de dons et indem, exactions qu'elle paye malgré elle si elle veut soutenir la vie , c'est a dire boire , manger et se vestir ; les villes , officierz royaux et même peuple, serrez de si près par la fréquence des nouvelles impositions, qu'on appelle inventions , qu'il ne reste plus rien à inventer, si non le seul moyen d'y donner un bon remède.
Pour ces justes causes et considérations, nous Charles de Bourbon, premier prince du sang, cardinal de l'Eglise catholique, apostolique et romaine, comme celuy a qui touche de plus près de prendre en sauvegarde et protection la religion catholique en ce royaume et la conservation des bons et loyaux serviteurs de sa Majesté et de l'Estat , assisté de plusieurs princes cardinaux, pairs, prélats, officiers delacoronne, gouverneurs de provinces, principaux seigneurs, gentilshommes, de beaucoup de bonnes villes et conununautez , et d'un grand nombre de bons et fidèles subjets, après avoir sagement pesé le motif de ceste entreprise , et en avoir pris l'advis, tant de noz bons amis très-affectionnez au bien et repos de ce royaume que des gens de savoir et craignans Dieu (que nous ne voudrions offenser pour rien du monde) , déclarons avoir tous juré et sainctement promis de tenir la main forte et armer à ce que la sainte Eglise de Dieu soit réintégrée en sa dignité et en la vraie et seule catholique religion; que la noblesse jouysse, conmie elle doict, de sa franchise toute entière , et le peuple soit soulagé ; les nouvelles impositions abolies , et toutes creues ostées depuis le règne du Roy Charles neuvième (que Dieu absolve) ; que les parlemens soyeut remis en la plénitude de leur congnoissance et en leur entière souveraineté de jugement, chacun en son ressort, et tous subjels du royaume maintenuz en leurs gouverncmens , charges et offices, sans qu'on les puisse osier,
sinon en trois cas des anciens élablissemens et par jugement de juges ordinaires , ressortissans es parlemens ;
Que tous deniers qui se lèveront sur le peuple soient emploiez à la défense du royaume et a l'effect auquel ils sont distinct, et que désormais les Etats-Généraux, libres et sans aucunes praticques, soient tenuz souvent et selon que les nécessitez du roiaume le requerront , avec entière liberté à chacun d'y faire ses plaintes, ausquelles n'aura esté deuement pourveu.
Ces choses et autres, qui seront plus particulièrement déduites, sont le subjet et l'argument de l'assemblée en armes qui se fait pour la restauration de la France, manutention des bons et punition des mauvais, et pour la seureté de nos personnes, qu'on a tasché souventefois, mesmes encore depuis peu de jours, par secrètes conspirations, accabler et du tout ruiner, comme si la seureté de l'Etat dépendoit de la ruine de ceux qui ont si souvent bazardé leurs vies pour le conserver : ne nous restant plus , pour nous garantir du mal et pour destourner le Cousteau qui estait desjà sur nos testes, si non de recourir aux remèdes qu'avons tousjours eu en horreur, qui néantmoins sont excusables ou plustost doivent estre trouvez justes quand ils sont nécessaires, et desquelz ne nous voudrions encore à présent aider pour le seul péril de nos vies , si la ruine de la religion catholique en ce royaume de l'Etat d'iceluy n'y estoit inséparablement conjointe ; pour la conservation des quels nous ne craindrons jamais aucun danger, estimans ne pouvoir choisir un plus honorable tombeau que de mourir pour une si sainte et si juste querelle , et pour nous acquitter du devoir et obligation qu'avons conmie bons chrestiens au service de Dieu, etempescher aussi comme bons et fidèles subjets la dissipation de l'Etat, qui suit volontiers telz changemens.
Protestant que ce n'est contre le Roy nostre souverain Seigneur que prenons les armes, ains pour ladeffense et tuition de sa personne, de vie et de son Etat, pour le quel nous
234 LA LIGUE A BEAUYAIS.
jurons et promettons tous d'exposer noz biens et nos vies, jusques a la dernière goutte de notre sang , avec pareille fidélité qu'avons fait parle passé, et de poser les armes aussitost qu'il aura pieu à sa Majesté faire cesseï; le péril qui menace la ruine du service de Dieu et de tant de gens de bien: ce que nous la supplions très humblement vouloir faire au plustost, tesmoi^ gnant a chacun par bon et vrai effret qu'il est Roy très chrestien, ayant la crainte de Dieu et le zèle de la religion empreinte en son ame (ainsi que nous l'avons toujours cognue), et comme bon père et Roy la conservation de ses subjets. En quoy faisant sa Majesté sera obéye, recogneue et honorée de nous et de tous ses autres subjets, avec une très grande bienveillance.
Et combien que sa Majesté peust justement estre requise , pour le grand bien de ses subjets et empescher les factions et partialitez à l'ad venir sur le différent de la succession, s'il décédait sans enfans masles (que Dieu ne veuille) , de déclarer celuy que les loix nomment et appellent pour vray et légitime successeur de la coronne, nous nous en abstiendrons toutes fois, de peur que les meschans ne prennent occasion de calomnier noz actions, comme si nous ^ cardinal de Bourbon, sur nos vieils ans, pensions à un autre roiaume qu'à celuy dont la jouissance est plus assurée, désirable, et de plus longue durée, n'ayant rien en affection que le bien de la religion catholique et de l'Estat, et qu'il plaise à Dieu conserver longtemps nostre Roy, et luy donner lignée et postérité qui puisse heureusement régner après luy.
Nostre intention estant telle , supplions tous ensemble trèshumblement la Royne, mère du Roy, nostre très honorée dame (sans la sagesse et providence de laquelle ce royaume seroit piéça dissipé et perdu) , pour le fidel témoignage qu'elle peut rendre de noz grands services , mesmes en particulier de nous^ cardinal de Bourbon , qui l'avons toujours honorée , servie et assistée en ses plus grandes affaires, sans y espargner noz
bkns, vie, amis et parens, pour avec elle fortifier le parti du Roy et de la religiou catholique , de ne nous vouloir abandon^ ner, mais d*y employer tout le crédit que ses peines et laborieux travaux luy devroient justement attribuer, que ses ennemis luy pourroient avoir fidellement ravy auprès du Roy son filz.
Supplions aussi tous les princes, pairs de France, officiers de lacoronne, personnes ecclésiastiques, seigneurs, gentilshommes et autres, de quelque qualité qu'ils soient, qui ne sont encore joints avec nous, de nous vouloir assister et aider de leurs moiens à l'exécution d'un si bon et saint œuvre; et exhortons toutes les villes et communautez d'autant qu'elles ayment leur conservation , de juger sainement noz intentions et recognoistre le soulagement et repos qui leur en peut revenir en leurs affaires tant publiques que domestiques, et mettre , en le faisant, la main a ceste bonne entreprise , qui ne sçauroit que prospérer avec la grâce de Dieu, à qui nous référons toutes tihoses ; ou du moins, si leurs advis et résolutions ne se pouvoient sitost raporter en un , comme leurs conseils sont composez de plusieurs, nous les admonestons d'avoir l'œil a leur chose propre, et cependant ne se laisser envahir et posséder par ceux qui, par quelque sinistre interprétation de nos volontez, se voudront emparer de leurs dites villes, et, en y mettant garnisons de gens de guerre, les réduire aux mêmes servitudes que sont les autres villes par eux occupées
Déclarons à tous que n'entendons user d'aucun acte d'hostilité que contre ceux qui , avec les armes, se voudront opposer à nous, ou par autres moyens indeus favoriser noz adversaires , qui cherchent à ruiner l'Eglise etdissiper l'Estat; et asseurons un chacun que noz armées saintes et justes ne feront foulle ni oppression k personne , soit pour leur passage ou demeure en quelque lieu que ce soit, ains vivront avec bon règlement et ne prendront rien sans paier.
236 LA LIGUt: A BKAtVAlS.
Recevrons avec nous tous les bons qui auront zèle à Thonneur (le Dieu et la sainte Eglise , et au bien et réputation de la trèschrestienne nation françoise , souz protestation néantmoins de ne poser jamais les armes jusques à l'entière exécution des choses susdites , et plustost y mourir tous de bon cœur, avec désir d'être amoncelez en une sépulture consacrée aux derniers François morts en armes pour la cause de Dieu etde leur patrie.
Enfln, d'autant qu'il faut que toute nostre ayde vienne de Dieu , nous prions tous vrais catholiques de se mettre avec nous en bon estât, se réconcilier avec sa divine Majesté par une entière réformation de leur vie, afin d'appaiser son ire, et l'invoquer en pureté de conscience , tant par prières publiques et processions saintes que par dévotions privées et particulières, aûn que toutes nos actions soient référées h. l'honneur et gloire de celui qui est le Dieu des armées, et de qui nous attendons toute nostre force et plus certain appuy.
Donné a Péronne, le dernier jour de Mars, l'an de grâce mil cinq cent quatre-vingtz-cinq.
Signé, Charles, Cardinal de Bourbon.
(Extrait des Archives curieuses de l*Histoire de France j par M. L. Cimber et F. Danjou.)
!Vote no %. (Page 9.)
Quiconque aura forfait envers un homme qui aura
juré cette commune, le majeur et les pairs, si plainte leur eir est faite, feront justice du corps et des biens du coupable.
Si le coupable se réfugie dans quelque château fort, le ma-' jeur et les pairs de la commune parleront pour cela au seigneur du château, cl si a leur avis salisfaclionleur est faite de
4'ennemi de la commune, ce sera assez; mais si le seigneur refuse satisfaction, ils se feront justice à eux-mômes sur ses biens et sur ses hommes. {Charte de Beauvais, citée par Augustin Thierry; Lettres sur l'Histoire de France,)
Li ungs à l'autre dedans les fermetés de cette ville, droicturièrement selon son opinion aidera. (Charte originale de Beauvais.)
En querelles et cas j'aide à Teschevinage , L'eschevinage m'aide en querelles et cas.
L'auteur de VHistorial du Jongleur met ainsi dans la bouche de son héros, bourgeois de Beauvais, la définition du principe d'assistance réciproque, sur lequel était fondée la commune.
iVote no 3. {Page 25.)
Louis XIV s'empara de la plus grande partie de cette artillerie.
Le 24 janvier 1684, on enlève de Beauvais, par ordre du roi, plus de 50 pièces de canon et plus de 60 arquebuses. La plupart avaient été donnés par les corps de métiers dont ils portaient les marques. Il y avait un canon que les commissaires du roi signalaient comme le second de France pour sa longueur. Il fut tiré de la forteresse qui est derrière Saint- André. Ils étaient tous en cuivre jaune. (Journal du chanoine J. Bm de Nully, Collection de M. Le Caronde Troussures.J
-«nrote n» 4. {Page 58.)
Voici les deux principales questions que se posait la Sorbonne, et auxquelles elle répondait affirmativement :
Anpopulusregni galliœpossit liberari etsolvï àsacramen- 40 pdelitatis et obedicntiœ Henrico tertia prœstito ï
238 LA LIGLE A BEAUVAIS.
An tutâ conscientiâ possit idem populus armari , untri et pecunias coUigere et àontribuere ad defemiùnem religionis cathoUcœ et romanœ in hoc regno adversus nefaria concilia et conatus prœdicti régis P.... (Mémoires de la Ligue.)
TVote n» s. (Page 58 )
On sait qu'à Tappel des noms proscrits par Bussy-Leclerc , le Parlement répondit en ée levant tout entier. Plus de soixante conseillers suivirent à la Bastille le premier président de Harlay et les présidens Potier de Blancmesnil et de Thou. Ce que l'on sait moins , c'est que si tous se rendirent à la Bastille , vingt-deux conseillers, signalés comme politiques, furent seuls incarcérés avec les chefs de la compagnie. Voici leurs noms recueillis par le célèbre avocat beauvaisln Loisel : MM. Chartier, Spifame, Malvaut, Perrot, Fleury, Leviry, Mole, Scarron , Gayant , Amelot , Jourdain , Forget , Herivaux , Tournebus, du Puy, Gillot (un des auteurs de la Menippée), de Moussy, Pinney, Godard, Fortin, Lemeneur, et Denis de flore. (Mémoires manuscrits d'Antoine Loisel, cités par le père Mainbourg dans son Histoire de la Ligue.)
nrote n<> e. (Page 40.)
21 janvier 1589. — Signature de F Union par les compagnies privilégiées et de quartier.
Nous capitaine, lieutenant, enseigne et communiers étant sous la charge du capitaine Ticquet , suivant ce qui a été arrêté en assemblée générale faite en l'hôtel communal de ladite
ville cejourd'hui samedi 24 janvier 1589 après la cloehe, a laquelle assemblée seroient comparus MM. les délégués tant de la part de Monseigneur Tévêque et comte de Beauvais que du corps du chapitre, avec un grand nombre et principale partie de tous les habîtans de ladite ville, avons fait, et par ces présentes faisons le serment solennel et irrévocable de garder FUnion et Confédération qu'avons jurée et promise en ladite assemblée, laquelle d'abondant jurons et promettons par cesdites présentes avec MM. de la ville de Paris , Orléans et Amiens, et autres villes catholiques , lesquelles se sont unies pour la conservation de la religion catholique, apostolique et romaine et de l'état , et à cette fin nous allions avec les dessus dit, comme alliés, amis et confédérés, pour aider et secourir l'un l'autre desdits alliés, ainsi exposer à cette fi)i nos vies et biens et tout ce qui dépend de nous , en témoins de ce nous avons signé ces présentes de nos mains les jour mois et an ci-dessus dit. Par ordonnance de MM. les maire et pairs, signé
Regnard.
Signé
Claude Tiquet , capitaine. Nicolas Houbaine.
Etienne Fournier, lieutenant. Antoine Lesecq.
Jean Deladreue , sergent.
Pierre Davernelle , sergent.
Toussaint Cantrel.
Guillaume Parigot, sergent.
Jean Paucquet.
Quentin Paillard.
Marin de Saint- Aubin.
Antoine Rachine.
Pierre Dubus.
Nicolas Lefevre, menuisier.
Jacques Berthelot.
Mathurin Dufour.
Christophe Cocu.
Thomas Houbainu.
Pierre Barillot.
Lazare Dupuis.
Claude Carpentier.
Simon Machue.
Gui Robert.
Pierre Foubert.
Adrien Deshaie.
Nicolas Martine.
François Rayé. Valenlin DelaguenWe.
Jacques Deberle.
Pierre Boullenger.
Jacques Poitevin.
Antoine Pannier.
Jacques Desjardins.
Jacques Binet.
Jean Meurlne.
Nicolas Flesche.
Jean Bocquet.
Nicolas Defragerolle.
Jacques Maquet.
Guillaume Desmarest.
Claude Barbier.
Antoine Cleret.
Pierre Bouvillot.
Un nommé Denis Barbier....
marque.
Philippe Henri. 1 Louis Prévost.
Hierre Charpentier.
Grenier Mazzet.
Pierre Vieille.
Nicolas Gimard.
Pierre Delachapelle.
Nicolas Trenchant.
Guillaume Mart.
François Bertin.
Jean Courtois.
Christophe Andrieu.
Louis Rouesse. /^Ji :.: La veuve Qneste.
Mahiot d'Obigny.
Pierre Maine.
A BEAUVAÏS.
Guillaume d'Acher.
Nicolas de Saint.
Jean Philippe.
Régnant de Bcuseville.
La veuve Devenne.
Robert Pourthont.
Louis Levasseur.
Marseaux Adun.
Jean Leclerc.
Clément Dubos.
Pierre Potherie.
Jean Marge.
François Malingre.
Pierre Vaast.
Thomas Prouvain.
Jean Cochard.
Claude Lecœur.
Guillaume Voisin.
Un nommé Louis... marque.
Antoine Bagot.
Sebert Gluilain.
Un nommé Robert Henry...
marque.
Peuverel.
Martin Malingre.
Jean Bougon.
Simon Caron.
Jehan Lestolle.
Un nommé Christophe, marq.
Soyer... marque.
Flourent de La Fontaine.
Pierre Bertin.
Jean Courtois Lejeune. .
Jean Bride.
Nicolas Gosset.
Marin Despaux.
François Foumier.
Toussaint Lecocq.
Nicolas Vuatier.
Jean Dupuis.
Nicolas Pressart.
François Guide.
Pierre Fildiere.
Louis Desjardins.
Louis de Millesan.
Tous les cy-dessus nommés ont signé, ou fait leur marque.
Guillaume Quittet.
François Lasne.
Etienne Waresor.
Pollet Lange.
Louis Duquesne.
Pierre Fourtine.
Jean de Saint-Amant.
Nicolas Salmon.
Louis Tièble.
Jacques Bazard.
François Messire.
Du même jour.
Nous soussignés capitaine, lieutenant, enseigne, sergent, citoiens et habitans de la ville de Beauvais, sous la charge du capitaine Gallopin, ont prêté le serment cejourd'hui samedi 24 janvier 4589, après midi.
Gallopin.
Simon Foy.
Vacquerie, enseigne.
P. Mignot.
Jacques Peter.
Delacroix.
Paumart.
David.
BoicervoisjB.
Audrien Revel.
Bigot.
Signé
Mallet.
Paumart.
Dampierre.
Lotesse.
Pierre Galland.
Jean Garon.
Robert Hennin.
Jean Guivet.
Jean Cosse.
Jean Serpe.
Claude de Bury.
Dourge.
Nicolas Pon.
Robert Pon.
Loys Hanin.
Dupré.
Moi soussigné suis à Dieu et
Haincques.
à son Eglise apostolique et
Langlest.
romaine, signé A. Vaillant. 1 Denis Gampion. ^
Gaignard.
Jacques Chereux.
Poquelin.
Guillaume BweL
Dupré.
Jean Dupont.
Gaignart.
Lotesse.
G. Le Bel.
Borel.
Antoine Hanin.
De Bucamps.
Patin.
Platel.
J. Hanin.
P. Paillard.
Jacques Bonhomme. ^
Jean Delacroix.
Roger.
A. Duhamel.
Mayoul. |
Jean Merle.
Simon.
Galloppin.
Pierre Falempin.
Pinguet.
Louis Tourin.
Ives Foy.
Leullier.
aaude Hennin.
Jean de Labarge.
Dupille.
Gardin Bedel.
Roussel.
Thomas Thourin. • i
Danse.
Hucleu.
Jean Lefevre.
Antoine Garlier.
Adrien Lejeune.
Hucleu.
Jean Sieul.
Piques.
Dubos.
Denis Mouflier.
Ant. Bara.
Christophe Piquard
Thomas Bedel.
Petit.
Adrian.
Dupuis.
Marc Prieur.
Lamotte.
Adrien Prudhomme.
M. Boicervoise.
P. de Uegnonval.
Binet.
Julien de Ribaaville.
Wideron.
Claude Gençon.