XVIII INTRODUCTION
confie « à un personnage d'autorité et de savoir, en- « tendu en tout ce qui touche la vraie religion, combien « qu'il n'en fasse profession », son intention de déclarer en chaire la résolution prise par lui d'embrasser la doctrine réformée. Celui-ci l'en dissuade et lui conseille de continuer ses sermons, en parlant toutefois selon sa conscience, mais sans blesser les sentiments de son auditoire ; puis, après cela, de se retirer à Genève. Le jour même en effet il prêche, sans causer aucun scandale et à la satisfaction de tous, sur la vocation des Apôtres et sur le martyre de saint André, dont c'était la fête. Il termine en avertissant qu'il prêchera, les jours suivants, sur l'oraison et la manière de prier, recommandant qu'on ne manque pas de venir l'entendre. Le mardi en effet il prêche sur la prière, disant qu'il fallait prier pour la réformation du service de Dieu; justifiant Luther; s'élevant contre les indulgences, la primauté et l'autorité du pape ; déclarant que le bréviaire était absurde, et qu'on devait prier comme dans la primitive Église. Tout le monde était ébahi, scandalisé ; plusieurs se retirent; d'autres se jettent à genoux et se mettent en prière pour ne plus entendre.
Après le sermon cependant, le grand-vicaire de l'Evêque, gentilhomme docte et âgé, dévotieux à l'Eglise romaine, fait inviter à dîner Buffet, comme il faisait d'ordinaire pour les prédicateurs. En traversant pour s'y rendre le cloître de l'église de Saint- Vincent,