‹ La ligue à MetzChapitre 16 sur 38 · INTRODUCTION XVII · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XVII

avait conçu des doutes sur les indulgences, sur la présence réelle même, et sur la primauté de Rome.

Dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 novembre 1579, premier dimanche de l'Avent, Buffet, dans l'église des Carmes de Chalon, était sur le minuit agenouillé devant le grand autel. Il hésitait, dit-il, à prier la Vierge dont l'image était devant lui, parce que l'apôtre saint Paul a dit : « Tout ce qui ne « se fait pas avec foi est péché. » Or il était en proie au doute sur la question de savoir s'il lui était permis de le faire. Il s'abstient donc, et prie Dieu seulement. Il entend, dit-il, à ce moment comme un bruit sourd de « tonnerre obscur ». C'est alors qu'il forme la résolution d'entrer dans l'Eglise réformée. Il consigne, sans tarder, cette pensée dans un écrit où il l'explique à son oncle, qui prêchait en ce moment à Semur. Cet écrit,, resté inachevé, fut saisi et servit contre lui dans le procès qui lui fut, à quelque temps de là, intenté au parlement de Dijon.

Le lendemain de la nuit du 28 au 29 novembre. Buffet monte en chaire cependant. Il était très ému et prononce plus d'une parole hardie. Il ose dire que les jeunes enfants de Genève sont mieux appris et entendus au fait du catéchisme chrétien que beaucoup de curés et d'éveques. Le soir, à compiles, il se sent navré en son cœur de réciter certaines antiennes et collectes, qualifiées par son oncle même de superstitieuses et dangereuses. Le lendemain lundi, Buffet

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