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Chapitre I Origines et nature de la Ligue française

QU'EST-CE donc que la Ligue française de l'Enseignement ?

R. — De même que la Ligue canadienne n'est qu'tme section de la Ligue française, ainsi la Ligue française n'est qu'une section de la grande Ligue internationale et maçonnique commencée en 1864, sur le "mot d'ordre " des chefs inconnus de la franc-maçonnerie. Ce mot d'ordre fut transmis à tous les principaux " Grand- Orient" de l'époque. (I. Bertrand: Franc-maçonnerie, secte juive, p. 53.)

Q. —Où fut-elle d'abord établie ?

R. — C'est en Belgique que la Ligue fut d'abord établie, le 16 février 1865, après une étude et un concours de toutes les Loges belges. {L/e Journal de Bruxelles, 28 novembre 1865.)

Voici en quels termes ce journal annonçait à ses lecteurs que la franc-maçonnerie se disposait à prendre en main la direction de l'enseignement public.

« Le Grand-Orient de Belgique a mis en ces termes, à l'ordre du jour de toutes les Loges de son obédience, la question de l'enseignement obligatoire.

1° Dire ce que l'on entend par enseignement obligatoire;

2° Fixer le programme de l'enseignement ;

3° Déterminer les moyens coërcitifs pour assurer l'exécution de la mesure ;

4° Formuler un projet de loi.

«Les Loges répondirent, et de leurs réponses revues et corrigées sortit le projet de loi que voici résumé:

1° Obligation de l'instruction.

2° Suppression de toute instruction religieuse.

3° Inscription sur un tableau public des noms des parents réfractaires.

4° Condamnation des parents à cent francs d'amende ou de un à trente jours de prison.

5° Ealèvement de l'enfant à la direction paternelle.»

Il s'agissait de préparer l'opinion publique à l'acceptation de ces mesures draconiennes.

C'est dans ce but que, le 16 février 1865, deux mois après l'élaboration de ce programme, on fonda en Belgique la Ligue de l'Enseignement.

Q. — Quel fut le principal organisateur de la Ligue belge ?

R. — A la page 586 des Origines de la Ligue, ]ea.n Macé dit que le F.". Jules Farlier fut un des principaux fondateurs de la Ligue belge.

Q. — Quand la Ligue fut-elle fondée en France? R. — En 1865, le Grand-Orient de France voulut faire incorporer la nouvelle société, mais les Chambres d'alors n'entrant pas dans les vues de la Ligue, le Grand- Orient fut contraint de louvoyer tout comme le fait actuellement la section canadienne.

Q. — Le Grand-Orient se tint-il alors pour battu? R. — Non, pas du tout, il employa toute la presse anticléricale à mener une campagne hypocrite en faveur de l'enseignement gratuit et obligatoire, laissant décote la question religieuse ou n'y touchant qu'avec une certaine discrétion, (I. Bertrand) comme cela se fait au Canada.

Q. — Quels autres moyens furent employés ? R. — La maçonnerie s'efforça de recueillir des adhérents. On cacha donc le vrai but de la Ligue, toutes les fois qu'on le crut nécessaire. On enrôla ainsi, ministres et ex-ministres, honorables députés et sénateurs, maires et échevins, avocats et médecins, inspecteurs d'écoles et instituteurs, journalistes des deux sexes, marchands et citoyens de tous les rangs, comme cela s'est fait à Montréal ! Alors on pensa pouvoir faire un pas de plus, et on créa une Ligue de l'Enseignement sur le modèle de la Ligue belge. (I. Bertrand, p. 54).

Q. — A quelle époque parut le premier bulletin de la Ligue française ?

R. — Le premier bulletin de la Ligue française parut le|15 décembre 1866.

Q. — Quel fut le principal fondateur de la Ligue française ?

R. — Jean Macé. La franc-maçonnerie lui prouva sa reconnaissance en le faisant " sénateur," (avis ! !).

Q.— La Ligue de l'Enseignement est-elle réellement maçonnique ?

R. — Oui, la Ligue est réellement maçonnique. Jean Macé en a fait la déclaration plusieurs fois.

Dès 1868, dans le bulletin de la Ligue, Jean Macé reconnaissait que la Ligue de l'Enseignement était une œuvre essentiellement maçonnique, et il exprimait l'espoir, comme nous l'avons vu plus haut, que ses collaborateurs n'abandonneraient pas le travail pour avoir appris qu'il était un "travail maçonnique." [Bulletin 1895, p. 160; Jean Macé: les Origines de la Ligue -p. 354.)

Jean Macé, est-il dit à la page 331 du Bulletin de 1885, se vanta d'avoir redit plus de cent fois dans les Loges, que la Ligue de l'Enseignement était "une maçonnerie extérieure."

Au Grand-Orient il dit en propres termes: "Ici la Ligue est chez sa mère."

Le premier cercle important de la Ligue fut fondé à Metz par le vénérable de la Loge, M. Vacca. [Bulletin, 1894, p. 256.)

«A un banquet donné par la loge de Strasbourg, les Frères réunis, Jean Macé portait le toast suivant :

«A l'entrée de tous les Maçons dans la Ligue.»

«C'est leur œuvre qui se fait là.»

«A l'entrée dans la maçonnerie de tous les ligueurs.»

«Là sont leurs soutiens naturels», là est une force qui décuplera leur action.»

«Autriomple de la lumière n (on sait quelle lumière), mot d'ordre commun de la Ligue et de la franc-maçonnerie.»

(Le Monde Maçonnique, mars 1869, p. 664. — Moussnc : La Ligue, p. 130.)

Dès avril 1867, le Monde Maçonnique parlait en ces termes de la Ligue et de son fondateur.

«Nous sommes heureux de constater que la Ligue de l'Enseignement fondée par notre F.*. Jean Macé, et la statue du F.". Voltaire, rencontrent dans toutes les Loges les plus vives sympathies...»

Pour mieux faire saisir le véritable esprit de la Ligue, on inaugura, le 21 janvier 1881, à la loge maçonnique de Saint-Germain un buste de la République dont le socle portait les détails suivants : L'Ignorance et la Superstition, symbolisées par un moine mitre, sont étranglées par un cordon sur lequel on lit: "Ligue de l'Enseignement." Le rideau aux emblèmes maçonniques couvre la partie gauche. Voltaire le soulève et rit aux progrès qu'ont fait ses idées. [Bulletin 1881, p. 463.)

Pour prouver que la Ligue n'a rien perdu de l'esprit qui l'a fait naître, voici comment s'exprimait le F.'. Duvand, orateur du couvent de 1898 :

«La Ligue de l'Enseignement est une association extrêmement forte, j'ajoute, car ce que nous disons ici ne sort pas de cette enceinte, j'ajoute, que c'est une «association maçonnique.» Elle a eu longtemps pour président notre F.". Léon

Bourgeois L'esprit maçonnique y est toujours présent.»

Compte rendu du Convent de 1898, p. 194 ; Paul Nourisson : Le Club des Jacobins, p. 180.

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