CHAPITRE XIX
A la Voltaire et à la Jean Macé
FOURBERIE ET CONTRADICTION L° 19 décembre 1903, /e Canada, dirigé par M. G. Langlois, vice-président de la Ligue canadienne de l'Enseignement, publiait le petit article suivant : DANS L'INTÉRÊT DE L'ÉCOLE PRIMAIRE
«MgrBruchési a convoqué, à l'archevêché, pour mardi le 29 décembre, une assemblée du sous-comité, nommé par le comité catholique du Conseil de l’Instruction publique, pour la re vision du programme d'étude des écoles primaires.
«Ce sous-comité comprend les archevêques d'Ottawa, de Québec et de Montréal, l'honorable juge Langelier, l'honorable Lomer Gouin, MM. Crépeau, Stenson et de la Bruère.
« Nous aurons beaucoup de bien de cette réunion et nous sommes heureux de voir qne le Conseil d'Instruction publique donne une attention particulière à nos écoles primaires,
«L’Enseignement primaire dansnotre province n'a pas reçu jusqu'ici, des pouvoirs publics, la sollicitude et la poussée qui lui sont nécessaires pour donner à notre jeunesse l'instruction si importante et si utile à notre époque de concurrence outrancière.
Nous sommes particulièrement heureux de voir Mgr Bruchési prendre l'initiative d'un programme de réforme dans les programmes d'études; et nous sommes convaincus que son zèle et son concours secondés par les membres du comité, sauront
apporter d'heureux résultats à l'œuvre patriotique de l'école.
N'est-ce pas que c'est touchant ! Quelle reconnais-
sance, chez ce cher M. Langlois, envers NN. SS. les évêques !
Oui, sans doute, et, comme vous, lecteurs, nousserions prêts à féliciter M. Langlois, si nous pouvions parvenir à chasser de notre mémoire le souvenir d'une certaine séance, tenue à la salle Poiré, le 9 octobre 1902.
Malgré toute notre bonne volonté, nous ne pouvions oublier les paroles par lesquelles ce même M. G. Langlois soulevait son enthousiaste auditoire (1).
Il s'agissait, en effet, de fonder, à Montréal, une succursale de la célèbre Ligue de l'Enseignement qui, selon M. Langlois, exerçait, en France, une influence considérable sur l'instruction publique.
Or, le principal motif de la nécessité d'une Ligue de l'Enseignement à Montréal, apporté par M. Langlois, était que: ‘Le Conseil qui a charge de notre administration scolaire ‘‘nesiège que deux fois par année et n’est pas renseigné sur les détails de notre système.”
Comment peut-il done se faire, qu'à un an d'intervalle à peine,tous ces membres du Conseil de l’Instruction publique, d'absolus ignorants des détails de notre système, soient deveuus si renseignés, que M. Langlois leur aceusateur d'alors, ne trouve plus, aujourd'hui, de mot assezexpressif, pour dire toute la confiance qu'il a en leur profond savoir, en leur zèle, en leur dévouement, ete, etc!!!
Allons, pas de commentaires ! N'est-ce pas ainsi qu'agissaient Voltaire et Jean Macé?
(1) Des gens bien renseignés prétendent qu'ils n'étaient pas quarante, le rapport n'en donne que 31 noms.