LA U«UE
(iropitB rm^tirces : la ^iHe jouit d'usé indëpeiidante ptiesili» fAë<6, 8dÉs ta >ilredtion de sages adniinialrateurs «l ffriBcipatamnat ilti aienr Qaënee du l^neHeoec ^
Bans une aaseinblëe de8(Do(ble&, lioiirgeDis, maDanfs et kabitaMI, en i'auditaire des re^^aires^ aa «on de 4a «ctoobe oemmuDrie ^ (Rt tO ooièbre 1<W9>, en ^résetice «de i'ëvèqtie, du^capkanie Bt gés?enieir, dtt^tidie^«tc., Tob décade de>06(ttslînrerxm 'OOBi&eil aumdpai pro- Tisoire. « Eti«ttetidaoac, diaeitt ies Pègistras des "Tc^gaites, tptmwm/fk « poa^Kiir, eemmisaioi^lKKléclaiiaim <âa roi iFbs-ebrétieii el ttrèa^ «r datliolkitte'(sân8 devieCIbartes X^)ietdelfM3eigiieiirdèMerc€eiir... « <il «era mommé «ingt^«te ffersonaes de Tadvia deâNçpieUes ca 4& •« def«e iWfùttid ieux fartibutîëremem (saTOir : irois de i'Ë^ise,tiKe!i6 « de la Boblessie, anodes boargeoia) tooiea affMrea de ladite vilte et de « ses faubourgs seraient traitées, disposées et ordloitinées, ^ «ic^'étc.
La vilie, dès 4ors, s^oocupe aetiveoient denses îritérôls : elle est en (pelaiio0sd^aDMi)éa'viee1e*oapitainede Concamem; elle eturoiedes députée atuK tfsbitalits de Bam, ^Pennarc-h, Jkudienne, Oouamenesi, Chftteanriin, te Paon, Daodlas, et les invife à a'auir }f€far la déitenae leommune ; les hsdtitants de Cbâteauneuf eniMiieiit, à «leur tour.,(pbiir taite alliance aTelî'Quniiper^, etc.
A Saim-^Brieiic, les 4>ourgeois élisaient chaifue année le ^precu^ reur-syndic, les oriseurs 'et les notables chargés d'assister ^ux assen^tées de rhôtel de ville, i^dam la Ligue, ta viUe cbereba à •seimaintenir dans une atfrte de neutralité : >le seignear iet réTôque tenaient potir la Cfluse de Mercœrur; uiais les magistrats Inclinaient fonr le roi. S^int-Brieuc fut ateèi exposé aux ravages ^ctos ileux {partis : d*un côté, Merooeur, ^les fispagnols ses allies, le brigand fia Fonteaelte ; de l^autre, les Anglais et les gouverneurs iioyalistes dea places voisines la pillaient tour à tour : la ville tot ruinée, mais ^ftit encore moins malheureuse ({ue beaucoup d'autres villes, grMa à llhabileté des «itoyens qui la gouvernaient^.
L'^setivité des conseils bourgemd6fS*vrlles de ta Ligue 'edt 'vraiment remarquable ; au milieu des douleurs de Tépoque, matgré les
1 Mereau, p. 53-iS5.
2 Extrait dup registre 4es regaires, dans A., de Gourson, Bret. atmorùxtine^ 1840, p. 565,567.
3 Notice de M. de Geslin, Bulletin arch, de t'Jss, Bretonne, t. IV, p. 176.
EN B&BTAttMfi. 117
cbar^gfs de toute nature qui pèsent sur I,» classe moyenne» c^est pour la plupart une sattefi^ijion Yérit^ble de pouvoir discuter, ordfliDQer, agir, en un iQot, gouverner. L*orgueU bourgeois est si^guUèoeùQient flatté de oette part jmportante qu'ils prennent à la vie politique. Voyons senlenient TexeiQple 4e Nante».
iCeat d*abord une espèce de comité révolutionn^ûre, nu couseH de riteioPt oui s'empare du pouvoir jusqu'au moment où Mercœur,^ar rétaUiseemeut d'un conseil d'fitat eit de Finances, a organisé le gouvevnement. Ce conseil est composé des principaux ligueur^ ; île iO aïcil lfi89, il y avait 67 personnes; deui échevjqs seulement et peu de magietrals y assistaient : au premier rang, on remarquait ,19 grand'Vicaîre de Courans, le théologal Cbristi, le chanoine de la Beoaste, FofiBiCial Touaelin, quoiqu'il It^t déjà suspect à ])^erc4?eur; .puis le iprédicateur J. Le Bossu «et le sieur dis ,1a Courousserie. U^ entrent imoiédiatement en correspondance avec les principales villes .4e rUnion et les principaux chefs du parti : ainsi, le 2i avril iS89, on reçoit des lettres du prévôt ^ des éch^vins de Paris, puis du maire e^ des^che^ins d^Orléams, ejic. ; puis de ]Bois-D^pUn, «qiQî conweiandaît en Ai^w.
Le 19 mai il5Q9., Waywne :lui-l3pém^ 3' adresse a^ co](iseil : « Le « porteur yous4wai)^)pactiGuUu'itez des heureux succès qu^ .Pii^ .M nqus.g.envoyejB PfiHUre.no^.eqpenus; Jl ne faut douter que ,r(isi9ue « pe.sait:I>opue, puisque c>st pour laglojre de J)ieu,.manut^ntiion 4p « notre religion et le salut des gens de bien si afDigez sous le jong « de la tirannie.
« Vojtre entièren^ent affsctienné et meilleur ami à jamais,
«r CHÀjeLLES UE LORRAmB. »
' Le 9 août, dans une nouvelle lettre, il leur recommande instamment de réunir tous leurs efforts contre les hérétiques ^
Les capitaines des quartiers font, par Tordre de ce conseil, des quêtes dVgent dans leurs compagnies, pour une dépanse secrète; on a pensé que c'était pour envoyer au duc de Mayenne. Le conseil adresse des lettres circulaires aux gentilsbon^es, aux seigneurs du diocèse, et même à plusieurs villes, à ^uérande par exemple, pour les exhorter à entrer dans le jSaint-^Parii.
La viUe reçoit les serments des seigneurs': « Nous vous promet-
1 ArQbives de Nautet».
118 LA LIGUB
« tons, disent-ils, de vivre et de moarir pour la sainte foi catholique « et Tunion de nos princes, partieniièrement pour M. le dac de « Mercœur et Madame*. » Des négociations sont entamées avec le maréchal de Retz, sur le inéme sajet. Le conseil ne se contente pas d'ordonner de nouveaux impôts, des emprunts forcés sur les gens aisés, sur les mal-pensants, ou sur les prisonniers détenus an château^; il s'empare des marchandises appartenant à des calvinistes, et placées à Nantes en dépôt, puis il les fait vendre, an profit de rUnion'. Il ne se contente pas de faire des approvisionnements de boulets, de poudre, de bois à gabions et fascines; de réparer et augmenter les fortifications de la ville; il décide des expéditions au dehors. Ainsi, à la nouvelle d*une émeute à Vannes, il prend toutes les mesures nécessaires pour conserver cette ville à FUnion: il y fait passer en toute hâte de la poudre et des canons ; cinquante hab^ tants escortent par mer les munitions; il écrit à M. de Châteauneuf, pour le prier d'y envoyer des secours^. Des bourgeois armés soirt dirigés avec leurs capitaines pour unir à la ville Guérande et te Croisic. Deux cents hommes doivent aller chasser de Blain le chevalier du Goust ; chaque homme reçoit une demi-livre de pondre et quinze sous par jour (26 et 27 mai). On envoie de rartillerie à Mercœur, qui fait le siège de Vitré, et il est décidé que les habitants en commission ne seront plus payés que de leurs déboursés, sans égard à leurs journées perdues (5 juin)^. On fait passer des vivres et de
4 Archives de Nantes. ^
2 Liasse énorme des empronts faits par les maires et échovins de Nantes pour prêter à Ikfereœur : prêt de 30,000 écus pour la solde de sa gendarmerie devant Vitré (26 juin 1589); prêt de 8,950 écus, ponr subvenir aux frais delà guerre (25 juillet 1589); prêt de e,600 écus (1590); prêt de 12,000 écus, pour la solde des garnisons (31 janvier 1595); etc., etc. Toutes ces sommes ne furent pas rendues, puisque, le !«' mars 1606, M<°« de Mercœur devait présenter k Henri IV une ^^(luête, pour être déchargée des dettes de son mari. (ArdL de Nantes.)
3 Registres de la ville, juin 1589 : Archives de Nantes.
4 Registres de la ville. Lettres des habitants de Vannes (4 juin 1589)^ pour remercier les habitants de Nantes de leur bonne affection , et les prier de leur envoyer encore de la poudre. (Arch. de Nantes.)
5 Mercosur n'écoute pas lesrédamations : ainsi, nous avons lu aux Archives de la mairie de Nantes une requête très-humble et très-pressante des gens de
a paroisse de Vigneux, qui demandent k être exemptés de travailler aux fortifications de la ViUe neuve et au siège de Blain ; Mercœur repousse durement leurs réclamations. (Arch. de Nantes, juin 1589.)
EN BliËTAtiNË. 119
Targent à Hercœur : 10,000 écus le 21 juia, 20,000 le 26. On lui accorde la levée d*ane compagnie de quarante cuirassiers el de soixante arquebusiers à cheval, pour défendre la ville et les environs, et 250^ par mois sur les marchandises enitjàni et sortant; de plus, 1,000 écus au capitaine, pour créer la compagnie. On interdit le commerce avec les villes qui ne sont pas de TUnion, et tous les mai*cbands de ces villes doivent sortir dans les vingt-quatre heures. Puis, le conseil accorde 50 écus d*or de gratification au sergent qui apporte Theureuse nouvelle de la prise du comte de Soissons à Ghftteaugiron; 200 écus au président Carpentier, pour son assiduité à as^ster aux séances; sur la proposition de frère Le Bossu, des remerciements à Mercœur, pour l'attention qu*il donne à la conservation des habitants ; et, presque tous les quinze jours, le conseil préside au serment solennel de fidélité à TUnion : ainsi, pas un seul instant de repos*.
Plus tard (juillet 1589), quand le conseil d'Ëtat et de Finances est organisé, le bureau de ville, c'est-à-dire la mairie, reprend plus régulièrement ses fonctions. Son activité n*est pas moins grande : les registres municipaux de la fin de 1592, de 1593 et de 1594 n'existent pTiis aux Archives de Nantes ; ils ont été probablement supprimés, lors de la soumission de Mercœur au roi; mais, dans les documents qui nous restent, on peut juger de Tëtat de Nantes, la capitale de 4a Ligue en Bretagne.
La grande affaire, c'est la défense de la ville et de la cause catholique : les arbres sont abattus sur les chemins qui conduisent à Nantes ;. on garnit de fossés et de fortifications les avenues des faubourgs : on met hors de la ville tous les suspects et tous les vagabonds; il est défendu de sortir dans les rues après dix heures du soir; les murs se couvrent d'artillerie, de gabions ou de grands paniers, que les habitants doivent remplir de terre; on ordonne de se munir de hottes, pelles, pics et tranches de fer; les barrières et les portes sont rétablies ; les murs et les corps-de-garde réparés; Ton en construit de nouveaux. La milice bourgeoise est sans cesse soua les armes, jour et nuit, non-seulement dans tous les postes de la ville, mais aux faubourgs, à la Fosse, an Marchlx, à la Ville neuve, à la Saulsaie, à Pirmil, à Bichebourg, à Saint-Clément, à Saint-
1 Registres de la ville, passim.
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Là LItiLt:
André el à Saint-Donaiieni. L'exporlalion du blé est défendue, sous.
jpeïne de mort et de confiscation des biens; les habitants doivent faire] des proTtsions au moitis pour Crois mois, et des moulibg en b^is soni] constrriiis dans la ville ^.
Chaque jour Ton voie de nonvelles contributions, de nouveUesJ dépenses eitraordiDaires, pour b vHIe et (mur les alliés : ainsi ^ eoToi] de pondre et de farines à Donges, menacée par les royalistes; vivres] et munitions aux garnisons de Chateaubridôt, de Vue, de MonloirJ etc., aui soldats qui font le siège de Blain^. Ainsi, Mercœur demande] 2,000 écus pour payer ses troupes, auïani pour TEspagnol d'Aquila^ 1 et de plus quinze milliers de poudre, des balles de fer, des pics, deaj pelles, du fer-blanc, des canons, mille hoties, cinq cents paniers, dea balles de laine, des toiles et étoffes pour trois mille sacs, puis quatre] mille pains blancs de seize onces pas jour pour les Espagnols, etc, , etc^ 1 Mercœur est parfois d'un saos gêne siugulier à Fégard des pauvreai Nantais : un député de Vannes « par exemple, se pri^senle au] bureau de ville, et réclame, au nom de ses eoncîloyens, un don il 1,500 écus que le duc leur avait accordés sur les octrois de la ville doj liantes, ponr les répar Étions de Vannes^ ; les bourgeois trouvèrent ht réclamation esiraordinaire, et se dispensèrent pour cette fois d#] complaire à Mercoéur. Peu après, no gentiihomme, député de Houenj muni de lettres de recommandation de Mayenne et de Mercœur, sti présente et demande, ad nom des habitants de Bouen, 4,000 livres dé pondre : la ville ne pouvait les donner; ruais elle consente être câu-
i Ordonnance do Meroceur, enjoignant, attendu la nécossité des temps, k tes hubitaots de la ville^ do monter la garde ou de se faire remplacer, nonobs leurs prÎTiléges, etc. (ii mai 1592). Les 6Gclésiasti(|UeB, les femmes même, ne^ sont pas exemptes. (Arch. de Nantes.)
2 Visites des caves et greniers, pour assiirer FapprovisioEEement de la vi (25iaiivier, 3 février 1590), elc,, etc. (Arch. de Nantes.)
3 Lettre des habitants de Satut-Nazaire^ pour demaDiler de la poudre et di boulets; reçu au capitaine d'Anccniii, pour la pièce d" artillerie qu'on lui a prêt< promesse du capitaine Foielle (?) de rendre les arquebuses qu on lui a contlées t etc., etc., pièces nombreuses concemaul le siège de \ne, de Blaiu, olc, (15«9- 1591). (Arch.de Nantes.)
4 Lettres dn duc de Mereœur, ordonnant de bailler, chaque année , sur les nîersilela ville, 1,500 écus aux habitants de Vanoes, pour les aider à fortlfli leui- ville contre les entreprises des hérétiques : ^9 jauvier 159(K. (Arch liâmes.)
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Aùm de 4,000 éciis d*or pour Rommi, qui tire la poiiif e de Saioi- Mido.PlQS tard, Nantes eaToîe sass doote de neaveaux secoors à eatte vtBe« puieqiie nova afona encore les comptes (toft poudres et muniiiQQs, fournies pour là ville de Bouen (33 jDiQ 15%).
Les boiurgeois vont eoi-mèmes contribeer à Tattaque on i la di^toae des villes voisines : ainsi, Kerco^ur lenr demande 500 b^mmes de renfort pour le siège de Blain, tous les Lamballais que Vc^ pourrait rencontrer, des charpentiers avec leurs outils, quelques maçons, manoùvriers, etc^.
Malgré toutes ces fatigues, tontes ces dépenses exorbitantes, beaucoup dans la ville restaient attachés à TUnion; beaucoup étaient d'ailleurs flattés du rôle important que jouait la bourgeoisie, louée^ cajolée, et séduite, quoique pillée et rançonnée par Mercœur et ses lieutenants. Ainsi, le bureau de ville était glorieux de recevoir une lettre de Mercœur, qui lui écrivait au sujet de réchange de M. de Bois-Dauphin contre M. d'Avaugonr, et il priait le ilnc de n'y pas consentir, à moins que ce dernier ne livr&t Clisson. Bois-Dauphin venait lui-même^ mais en vain, solliciter les bonnes grâces des bourgeois. Dans les cérémonies publiques, dans les processions, le corps de ville soutenait orgueilleusement sa dignité ^ il marchait en grande pompe, précédé de ses huissiers^ la hallebarde à la nâain ; les anciens maires, sous-maires, échevins, capitaines, lieutenants, enseignes^ et les notables bourgeois traversaient gravement les rues de la cité, souvent atiz acclamations de la populace : de là grande dispute avec le parlement^ non moins jaloux de ses droits honorifiques; assignation du maire par le procnrenr-général, procès. La ville ne cédait pas, et il fallait toute Tautorité et surtout Thabileté de M"*"" de Mercoeor, pour apaiser le différend^.
C'est ainsi que la plupart des cités bretonnes se soulevaient contre Tautorité royale. La crainte de voir la persécution etlstruine de leur antique religion, comme le répétaient dans leurs discours passionnés les prédicateurs, avait mis les armes à la mein des bourgeois. Le souvenir de la vieille indépendance bretonne se ranimait avec d'au-
1 Lettre de Mercœur, invitaut les habitants k lui envoyer promptement des maçons et inanouvriers, pour la démolition du château le Derval (27 janvier 1593). (Arch. de Nantes).
2 Travers, t. lll , passim.