CHAPITRE VIII
Le vieux parti échoue dans Tintrigue de Don Juan. 1577-1578
Le grand Guise, qui, dans les dépêches d'Espagne, est appelé HerculèSy s'était fait tout petit aux États de Blois. Il avait dit au conseil, doucement, hypocritement, « qu'il n'était qu'un jeune soldai; mais que, si Ton voulait son avis, il conseillait au roi de ne pas mettre en défiance ses sujets protestants, x)
Ce personnage prudent voulait que la Ligue mûrît, et refusait de rien entreprendre sans avoir ses sûretés. Il était tout Italien, sous un masque d'Allemand de Lorraine; il affectait la lenteur, la simplicité militaires. Les ardents le trouvaient très-froid, « pesant, grossier, sentant son Allemand. » (Ms. de Lézeau; Capefîgue, IV, 264.)
La fureur de son parti, après le traité, l'obligea de chercher des moyens d'agir. Il tâta le Palatin . pour acheter quelques reîlres. (Mornay, I, 484). Au défaut, il regarda vers l'Espagne, attendit Philippe IL
Mais Philippe II était très-froid. C'était Tépoque où il voulait démentir le duc d'Albe, et se montrait paciGque. Ses finances le lui conseillaient. Une relation italienne de 1577 montre la cour d'Espagne ce fort réduite; Sa Majesté vit à la campagne ou dans la retraite, se laissant peu voir, donnant peu et tard. »
Il venait de faire en 1575 une splendide banqueroute où ses créanciers ne perdirent pas moins de 58 pour 100.
Dans la lumineuse histoirp que M. Rs^nke pous a &ite des finances de Philippe 11^ Dn voit Tunité de ce règne, il part de la banqueroute et il y retourne. Gharles-Quint, dit un grand d'Espagne, abdiqua précisément parce qu'il ne pouvait payer* 11 avait rançonné l'Allemagne, usé, dévoré l'Italie. Philippe II, Castillan tant qu'il put et adoré des Castillans, extermina la Castille, d'abord^ en frappant ses laines^ puis en saisissant les lingots qui lui arrivaient des Indes^ enfin en mettant des droits sur les objets manufacturés qu'elle fournissait à l'Amérique. Tout cela, poussé à mort, au moment de la grande crise du due
d'Albe et de Lëpanle. Là d^aillit son système. Il devint tout à coup doux et modéré.' Pourquoi? il n'avait rien en caisse; ne payait pd6 un Féal ises troupes, ni à ses créanciers. S'il IttI venait quelque chose^ il le gaYdait pour ses penr sUmnaires, c'est-à-dire pour un monde d'espions qu'il avait dans toutes les cours, valets, coiifîdents, maîtresses des princes. C'est là ce qui lé dévorait. Dans sa pauvreté extrême^ il étendait constamment celte partie de ses dépenses. Le reste allait comme il pouvait. Un an après sa banqueroute, il lui fallut ajouter ceux qui menaient le dqic d'Âlençon, qui se lançait alors dans l'affaire des Pays-Bas.
Ce grand homme de police était insatiable de voir et savoir. Il n'aimait pas à agir. D*abord l'ar* gent lui manquait. Puis la volonté lui manquait. Quand une affaire arrivait, elle se débattait longuement par écrit et de vive voix entre les violents et les modérés, entre les Albe et les Gomez ; si longuement, que la fortune perdait patience et les dispensait de conclure, en changeant la face des choses.
Les ardents étaient infiniment mécontents de Philippe II. Ils le trouvaient plus que tiède, prcÉh que aussi froid qu'Henri III. Froid, et cependant fort dur, ce maître de l'inquisition agissait avec l'Église sans façon, usant de ses biens, traitant
avec ses ennemis (avec le Navarrais même, à qui il offrit sa fille!), sans pitié pour le clergé dès que l'intérêt politique lui commandait de sévir. Par exemple, en Portugal, où il fit mourir deux mille moines qui se déclaraient contre l'invasion espagnole.
On a vu comme, en 1558, il garrotta respectueusement le vieux pape Caraffe. L'Espagne pesait sur Rome. Le vrai président du concile de Trente fut Tambassadeui* espagnol qui mena tout de concert avec les frêtres espagnols (on appelait ainsi les jésuites). Combien plus, dans Tordre temporel, Rome fut-elle dépendante!
Chaque fois qu'elle agissait seule, l'Espagne lui donnait sur les doigts, par exemple quand elle écouta Antoine de Ri)urbon en 1561. (Granvelle.)
Sauf le moment de Pie V, la papauté n'eut jamais la grande initiative, pas plus que Philippe IL Elle reçut l'impulsion du dehors, une impulsion anonyme.
Trait particulier de l'époque, la personnalité périt. 11 fautehercher le mystère de l'action dans rinfiniment petit, dans un monde ténébreux d'insectes qui fermentent, remuent, travaillent en dessous.
Cette force élémentaire n'en était que plus terrible pour la décomposition. Il est vi^ai qu'elle
ne valait pas grand'chose pour la création. Elle veut créer deux puissances, et elle y échoue. 1"* Malgré Philippe II, elle pousse son frère Dom Juan aux Pays-Bas et en Angleterre (157 8), 2* Elle essaye encore, au moyen de Philippe II et contre ses intérêts, d'établir Guise en Angleterre, sauf à chasser l'Espagnol, quand on s'en sera servi (1583),
Voilà les actes étranges, du moins les projets, par lesquels se caractérise cette force mystérieuse. Où en est le premier moteur? Partout, nulle part. J'ai peine à le préciser.
Dirai-je au Jésii de Rome ? Mais l'action principale est bien autant à Paris.
Dirai-je à la rue Saint-Jacques, au collège des jésuites? La plupart des bons pères que je vois là dans leur classe, avec leur férule et leur rudiment, ont l'air de pauvres pédants, bien loin des affaires humaines, occupés de faire conjuguer ou fouetter les petits enfants. Cependant par les enfants ils tiennent les mères aussi.
Descendrai-je rue Saint-Antoine, aux jésuites profès que le cardinal de Bourbon va installer tout à l'heure ? Ceux-ci au centre du beau monde, ces doux confesseurs de femmes, seraient-ils les meneurs atroces des guerres civiles qui vont venir?
Leur rapporter tout serait un point de vue
trop exclusif. Les furieux curés de Paris dont nous avons fait Ténumération auraient droit de réclamer. Leurs conseils , tenus tantôt chez le trésorier de l'Évêché , tantôt à Thôtel de Guise, onfété certainement l'un des grands foyers de la Ligue.
. En tenant comp|e d'unje action si multiple et si variée, nous n'en persistons pas moins à rapporter aux jésuites k part principale. Nous l'avons dit, les anciens ordres ne conservèrent ^influence, et les nouveaux ne l'acquirent, qu'en prenant l'esprit des jésuites et les copiant. Tous diffèrent extérieurement , d'habits de paroles. Les honorables théatins, les populaciers capu-^ cins, les carmes austères de stricte observance, semblent sans analogie. Oui, mais prenez-ies au eœur^ au point délicat ^ tendre, dans la piissiun, F intrigue, au profond mystère, je veux dire, comme confesseurs, directeurs, ce sont des jésuites, i
A une époque fort gâtée , fort sensuelle, folle de galanteries , de romahs , la direction espagnole de Loyola recommande comme exercices SpirUtids d'interrc^r les cinq sens. Elle inflige à 1-âme pénitente la chose la pins agréabte , de s'occupa toujours d'elle, et d'en occuper un autre. Qu'elle s'accuse cette âme, se blâme, se conspue, qu'elle décrive son mal et sa plaie,
qa^elle touche sans cesse cette plaie, c'est justement ce qu'elle veut. Et le propre de ce mal est que, médiciné ainsi, manié et remanié, il en devient plus vivace, en sorte que le péché passé devient le péché présent et le péché à venir. Le i*oman pleuré d'hier sera le roman de demain. El si douce la pénitence, qu'on dirait que c'est le péché.
Quand Hem i III, de retour, entendit à Lyon le jésuite Auger, et quand Auger vit Henri HI, ils se chérirent tout d'abord, chacun d'eux sentant que Tau Ire était l'homme qu'il lui fallait. Auger jura qu'il n'avait jamais vu de meilleur pénitent, et le mena en Avignon, à leur grande maison des Jésuites. La reine mère fut étonnée de la prise qu'ils eurent sur lui (Nevers), jusqu'à lui faire préférer les flageUarUs aux comédies.
La seconde puissance par laquelle ils agirent, et que le clergé fut encore obligé d'emprunter d'eux, c'est ce que j'appelais ailleurs la vaccine ds la vérité.
Voilà par exemple que Gopernik se répand dans l'Europe, et le clergé s'épouvante. Essayeral-il de le proscrire, et faudra-t-il donc en venir à brûler les mathématiques? Les jésuites font mieux. A Cologne, leur Rester enseignera Gopernik d/yne manière égalemeiU instructive et agréable. Ainsi rien ne les embarrasse. Telle-
ment ils sentent en eux la puissance de mort et la faculté du faux, que la vérité, s'ils renseignent, n'a plus ni force ni sens. Un Gopernik agréable ajournera Galilée.
Partout où la science percerait, elle les trouvera, et avec eux un sourire fade qui n'exclut pas le bâillement. On ne s'en prend pas à eux; on s'en prend à la science. A Rome, le savant Manuce ne peut plus trouver personne qui veuille écouter Platon ; aux heures des cours, il se pro^ mène en vain pour recruter un écolier.
Au contraire, les collèges de jésuites ne suffisent plus à recevoir les enfants. Leur enseignement automatique, leur industrieuse mécanisation des humanités qui les rend si peu vitales, a des résultats subits. Nombre d'hommes de mér rite, médiocres, mais laborieux, qui se trouvent parmi eux, appliquent cette méthode avec bonne foi, sérieux, avec un zèle extraordinaire. Les succès sont tels, que les protestants eux-mêmes leur confient souvent leurs enfants. En moins de rien vous verrez leurs écoliers, Cicérons improvisés, faire la stupeur de leurs parents ; ils jasent, ils latinisent, ils scandent, docteurs, à quinze ans, et sots à jamais.
La machine d'éducation s'organisa sur l'Europe dans des proportions immenses. En Allemagne, de 1550 à 1570. On eût cru qu'après
Ferdinand, qui fonda leur premier collège, ils iraient plus lentement. Son fils les favorisa peu. Mais les filles de ce filSj en revanche, leur appartinrent, et répandirent les Jésuites au fond même du Tyrol et dans toute TAUemagne du Midi. Ils purent, cinquante ans d'avance, jeter les bases profondes de leur œuvre capitale, la Guerre de trente ans.
En France, plus contestés, mal vus par les parlements, attaqués par les gallicans, ils eurent cependant une action plus directe encore, et par l'intrigue, et par l'enseignement.
Indépendamment de leur collège de Clermont et autres, qui, en dix ans, élevèrent dans un bigotisme étroit, meurtrier, la fatale génération qui va reprendre la Ligue , ils dirigent ou ils inspirent les séminaires de prêtres anglais qui, à Rome, Douai, Saint-Omer et Reims, forment les dévots renards qu'on jettera en Angleterre.
Vers l'année 1577, les Jésuites, par cette double force de la direction et de l'enseignement, se trouvaient la tête réelle du monde catholique. Ils devinrent hommes d'État et directement acteurs dans les affaires humaines. Leur Père Possevin agit en Pologne et dans le Nord, y mena toute l'intrigue diplomatique. De leurs séminaires de France sortirent les auteurs réels des conspiralions d'Angleterre.
Tout cela, en apparence, de concert avec l'Espagne, mais, comme on va voir, souvent dans une voie fort indépendante et suspecte à Philippe IL
Un caractère de ce parti, si fin et si informé, c'était d'être cependant extrêmement chimérique. Il est visible qu'il avait bâti tout un roman sur Don Juan d'Autriche, le bâtard de Charles* Quint. Roman qui péchait par la base. On voulait employer Philippe à fonder et élever cette dangereuse création qui aurait tourné contre lui. Et on le supposait si simple, qu'il irait les yeux fermés, sans être éclairé au moins par la jalousie !
On gagna d'abord sur Philippe de ne pas faire le bâtard prêtre, comme l'avait recommandé Gharles-Quint dans son testament. On gagna encore sur lui de lui faire donner un commandement, de l'employer à la guerre des Mauresques, guerre intérieure et facile, qui lui assurait des succès. Don Juan, doux et adroit, se montra si^ dévoué dans l'affaire de Dom Carlos (oii la mort du fils, il est vrai, était toute à son profit), que Philippe n'hésita pas à investir ce jeune homme modeste du plus brillant commandement, celui de la flotte chrétienne qui battit les Turcs à Lépante (1571). Don Juan vainquit par les Vénitiens (cf. Hammer, Charrière, etc.), comme Guise
à Dormans vainquit par Strozzi, dont personne ne parla.
Voilà le héros catholique. Jeune, vainqueur, agréable à tous, rayonnant dans ses cheveux blonds^ parmi les fêtes ^livrantes que lui donne rilalie, il commence à se découvrir. Il dit dés mots qui font penser : « Qui n'avance pas recule. » Et encore : « Si quelqu'un aime plus la gloire, je me jelte par la fenêtre. » Les Guises (du moins le cardinal) étaient alors en Italie. Le lien se forme, lien d'amitié, qui sera plus tard alliance.
À ce héros il faut un trône. Les uns disaient à Philippe que, comme époux de Marie Stuart, il vaudrait mieux que Norfolk. D'autres, quand Don Juan s'empare de Tunis, font écrire par le pape au roi qu'il devrait créer pour son frère cette royauté de Barbarie.
Philippe commence à comprendre. Il répond qu'il veut démolir Tunis. Il éloigne de son frère un confident dangereux, met près de lui un espion, un certain Escovedo. Mais celui-ci tourne, se donne à Don Juan, travaille pour lui à Rome, devient la cheville ouvrière du grand projet de royauté.
En 1574, on revient à la charge près de Philippe pour l'affaire d'Angleterre, et encore en 4577 . L'homme influent près le roi était alors le
jeune secrétaire Ferez. On tâché de le gagner aux intérêts de Don Juan, qui veut aller aux Pays- Bas. Ferez révèle tout au roi. Fhilippe est bien étonné, effrayé même, quand il voit arriver Don Juan, à qui il a défendu de venir. Cependant, soit obsession, soit plutôt dans la pensée qu'il le perdrait plus sûrement dans une aventure impossible, il l'envoie aux Fays-Bas.
Don Juan traverse la France, déguisé, ne s'arrête que chez les Guises. C'est probablement alors qu'il fit avec Henri de Guise cette secrète alliance (que l'ambassadeur d'Espagne dénonça bientôt à son maître) ptmr la conservation des deux couronnes. L'un eût conservé Fhilippe, comme l'autre conservait Henri HI.
Fhilippe avait gardé près de lui le suspect Escovedo pour lui donner, disait-il, les fonds nécessaires. Mais ces fonds ne vinrent jamais. Le roi fit exactement ce qu'aurait fait un ami d'Orange ou d'Elisabeth. Il s'arrangea de manière que le héros ne pût rien faire, se désespérât et mourût de faim.
Il arrivait juste au moment où les Belges imitaient la Hollande et rompaient avec l'Espagne. Les Espagnols révoltés avaient saccagé Anvers sans que le gouvernement, maître de la citadelle, fit rien pour les en empêcher, (Morillon à Granvelle, novembre 1576.) Cet événe-
menl horrible^ dont frémit toute l'Europe, avait donné une force imprévue au prince d'Orange; Don Juan trouvait la situation presque désespérée. Ce qui étonne et ce qui peint l'audace vraiment absurde du parti qui le poussait, c'est que, à ce moment où l'Espagne défaillait devant la révolution des Pays-Bas tellement agrandie, on faisait écrire le pape à Philippe II pour qu'il fît faire par Don Juan l'expédition d'Angleterre. Marie Stuart, pour le décider, déshérita son fils, et légua l'Ecosse au roi d'Espagne pour lui ou atUre des dens. Il ne bougea pas.
Il voyait parfaitement que son frère eût agi, comme général du pape, plutôt que comme Espagnol. Les Jésuites avaient nettement précisé la chose, disant aux États de Belgique que, Dan Juan étant Vhomme de Sa Sainteté^ leur serment d'obéissance à Rome ne leur permettait pas de rester sotts tout autre prince^ même catholique. (De Thon). Ils se laissèrent plutôt chasser de Malines et d'Anvers.
Don Juan eût probablement tenté l'invasion de l'Angleterre, sans l'aveu de Philippe II, s'il eût obtenu des Belges d^équiper une flotte et d'emme^ ner ses Espagnols par mer. Mais ils dirent toujours par terre ^ et Philippe II fut pour eux, contre l'avis de Don Juan.
Qui sait, une fois en mer avec ses brigands es» pagnols, les premiers soldats du monde, ce qu'eût fait le jeune aventurier ?
Où aurait-il abordé? En Angleterre, ou en Espagne?
Que pensa le roi quand il sut que le dangereux intrigant qui menait son frère, Escovedo, prétendait que, maître de Santander et de la Pena, on pouvait le devenir aisément de la Castille, quand Escovedo ïui-même lui demanda d'être nommé commandant de la Pena? Il fit tuer Escovedo. (31 mars 1578.) Don Juan mourut] le 1 *' octobre.
En mai, précisément un mois après la mort d'Escovédô, Don Juan tomba malade au siège de Philippeville, de fatigue, dit-on, et de désespoir.
Il était désespéré et de la mort d 'Escovedo et de la publication de sa correspondance, qui le démasquait, peut-être aussi de son triste succès à Namur, qu'il avait surpris aux Belges pendant qu'il traitait avec eux. Il était connu, et percé à jour, jugé traître des deux côtés.
Plusieurs le crurent empoisonné, et dirent qu'il Pavait été, sur l'ordre de Philippe, par l'abbé de Saiule-Gertrude*
« Mais Don Juan était son frère? » Faible raison pour un homme qui avait fait mourir son fils, Dom Carlos, si peu dangereux.
Don Juan l'était extrêmement en ce moment.
Il laissait là, dit-on, son roman d'invasion anglaise pour un projet plus raisonnable. Il écoulait le prince d'Orai^e, et pensait à se proposer pour épouser Elisabeth en admettant toute liberté religieuse aux Pays-Bas. Elisabeth, était femme; Don Juan, fort agréable, paré du souvenir de Lépante, eût bien aisément éclipsé le duc d'Anjou, qui était laid , hideux de petite vérole, et qui semblait avoir deux nez. (Y. Strada, Van Reydt, la vie de Mornay et autres auteurs rapprochés par Groen, YI, 452.)
Le deuil de Guise à la mort de Don Juian prouve assez leur alliance secrète, si vraisemblable d'ailleurs, et dont on a voulu douter sans aucune raison sérieuse.