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Pour donner l'impression de vengeance et de cruauté, rien n'est meilleur que d'entamer les choses par l'atlendrissement; un peuple attendri est terrible; les larmes sont près du sang. On avait la grande machine dramatique, la duchesse même, que ce bon duc de Guise avait confiée à sa chère ville de Paris, voulant que le petit naquit Parisien. Tout se précipite là; il faut que la dame se montre; en deuil, éplorée, très-enceinte et à son huitième mois, elle apparaît à la foule, se traînant à peine, défaillante. Mais elle est soutenue sur le cœur de tous ; tout le monde crie, tout le monde pleure; on bénit, on salue ce ventre qui contient sans doute un sauveur (c'était le jour de Noël), on l'adopte; point de marraine que la ville de Paris. Tous en revinrent les yeux rouges, exaspérés contre Henri III; pas un, dans ce premier accès de pitié furieuse, qui ne lui eût donné de son couteau dans le cœur.
Le mouvement était lancé; pour chef, il suffisait d'un homme quelconque. La duchesse de Montpensier, qui était malade, au lit, fit venir les Seize dans sa chambre à coucher et leur dit que le seul prince à Paris^ son cousin le duc d'Aumale, qui était un imbécile, faisait son Noël aux Chartreux, qu'il fallait aller le prendre. Il n'en faut pas plus pour drapeau.
Les choses allèrent droit et roide. Le 29, le Gascon Guincestre, qui s'était emparé d'une cure en chassant le curé, traita de même le roi; il le destitua par un calembour. Il dit qu'il avait trouvé le mystère d'Henri de Valois, que ce nom, par son anagramme^ donnait le Vilain Eéfi'ode, qu'on ne pouvait plus obéir à un Hérode empoisonneur et assassin. Gela à Saint-Barlhé* lemy, paroisse du Parlement, devant le Palais de Justice. La foule, en sortant, se mit en devoir d'arracher du portail les armes de France et de Pologne, de les briser et de marcher dessus.
Opération qu'on répéta bientôt dans toutes les églises; spécialement à Saint-Paul, où la foule s'amusa à casser le nez, la tête, à Gaylus, Mau* giron et Saint-Mégrin, que le roi avait fait re* présenter en marbre sur leurs tombeaux.
Le 7 janvier, la Sorbonne consultée déclara le peuple délié du serment de fidélité, le roi ayant, violé la foi, violé la Sainte-Union^ violé Ja ce naturelle liberté des trois ordres du royaume. »
Le Parlement continuait de rendre justice au nom du roi. Le 16 janvier, l 'ex-procureur Leclerc, qui se faisait appeler M. de Bussy, entre au Parlement avec une vingtaine de coquins et le pistolet à la main. Il donne ses ordres aux magistrats, qu'il eût à peine, naguère, osé saluer, et leur intime de le suivre. 11 fait l'appel, mais
ceux même qui n'étaient pas sur la liste veulent suivre les victimes désignées et tous s'en vont à la Bastille.
A la Grève, et sur la roule, il y avait des charbonniers, porteurs d'eau et portefaix, qui auraient assez aimé à les assommer, pensant que, la Justice tuée, on pourrait se donner fêle, du pillage, s'amuser. Mais les Seize voulaient un pillage méthodique, un rançonnement régulier. Il leur fallait un parlement. Le président Brisson, le plus savant homme de France, était aussi le plus timide; on l'empoigna, on le mil sur les fleurs de lis ; on le fit jurer, agir, parler, comme on voulut. Brisson prit toutefois une précaution. Il avait peur de la Ligue, mais il avait peur du roi; à tout hasard, il crut être habile en faisant en cachette une protestation où il assurait qu'il était là par peur, qu'il avait voulu se sauver, n'avait pu. Ce fut cette pièce prudente qui bientôt le perdit.
Ce ne fut qu'un mois après que le duc de Mayenne vint enfin prendre à Paris la direction du mouvement (15 février).. C'était un gros homme, assez lent, qui avait beaucoup de mérite, moins faux que son frère Henri, et sans comparaison le meilleur des Guises; on ne lui reprochait qu'un assassinat. Le fils du chancelier Bîrague lui ayant demandé sa fille et
avoué qu'il en avait une promesse de mariage, le prince lorrain, indigné, dégagea sa fille en le poignardant. C'est cet homme si orgueilleux qui va se trouver le chef des va-nu-pieds de Paris.
Il y venait à regret, se sentant infiniment peu propre à ce rôle. Mais sa furieuse sœur, la du-? chesse de Montpensier, était sortie de son lit pour l'aller chercher en Boui^ogne et pour l'amener. Elle voulait qu'il s'avançât hardiment, reprît le rôle de son aîné et se fît roi. Chose extravagante. Le long travail du parti clérical pour faire un héros, un dieu, de Henri de Guise, avait eu justement pour effet de met- Ire son cadet dans l'ombre, et d'établir'dans les esprits une solide opinion de sa médiocrité.
Les talents réels de Mayenne ne pouvaient lé tirer de là. Il eût eu peu de gens pour lui, et il aurait eu contre lui certainement le roi d'Espagne, secrète pierre d'achoppement de tous les prétendants.
Mayenne, qui venait organiser un gouvernement, en trouva un, celui des Seize et de la ville. C'est des Seize qu'il reçut la liste toute préparée du Conseil général de VUniofi que Pa* ris créait pour la France. Il y eut trois évoques, six curés de Paris, sept gentilshommes, vingtdeux bourgeois, Mayenne président, Sénault se-
rrélaire (un des Seize), en tout quarante meml)res. Le secrétaire à lui seul pesait autant que le conseil. Mayenne obtint bien d'ajouter quinze hommes de robe (Jeannin, Ormesson, Villeroy, elc), pour guider l'inexpérience de ces quarante rois. Mais le secrétaire Sénault n'écmait que ce qu'il voulait. Des autres, presque toujours, il faisait des rois fainéants, les arrêtant à chaque instant par un petit mol :
c< Doucement, messieurs, je proteste au nom de quarante mille hommes. »
De sorte que le vainqueur, le Gcmml générid, élait presque aussi dépendant que le vaincu, le Parlement.
Pour consoler un peu le Conseil de sa nullité, on le payait grassement. Chacun des quarante membres avait cent écus par mois, forte ijomme qwi ferait bien deux mille quatre cents francs aujourd'hui.
hd Conseil avait commencé par diminuer d'un quart les tailles pour toute la France. Mais cela n'eut pas grand effet; le roi avait fait déjà la diminution. Et personne d'ailleurs ne payait, du moins, nulle taxe générale. Chaque ville avait assez à faire de suffire aux ra%%ias locales que faisaient les gouverneurs de province, ou les commandants de place, ou les chefs de faction, toute autorité^ tout le monde, pour tous
les besoins ou prétextes de la guerre civile.
Mais ce qui rendit le Conseil de V Union bien autrement populaire, ce qui le fit adorer à Paris, ce fut Vautonsation donnée aiuc locataires de ne plus payer te loyer. Il y eut réduction expresse d'un tiers. Mais on ne paya plus rien.
Le peuple était misérable, tout commerce ayant cessé; les pauvres vivaient de hasard, d'aumônes plus ou moins forcées, de soupe ecclésiastique. Mais cette grande délivrance de n'avoir plus de loyer, de ne plus chercher sou à sou, de ne plus calculer le terme, d'avoir perdu le souci et la notion du temps, cela seul faisait de la misère un paradis relatif.
Le clergé, quoique forcé de donner beaucoup, trouvait aussi une grande douceur financière à la guerre civile. Elle le dispensait de la charge qui, depuis près de trente ans, le faisait gémir, celle de payer les rentes de l'Hôtel de Ville. Cette charge, c'était la blessure profonde, la navrante plaie qui, jour et nuit, perçait le cœur de cet infortuné clergé, pour la guérison de laquelle il avait en vain appelé tous les médecins, et Guise, et TEspagne, et le ciel !
De sorte qu'une intime union se trouva formée entre ces deux classes qui Tune à l'autre se donnèrent dispense de payer : le dergé dis-
pensa le peuple de payer impôts et loyers; le peuple dispensa le clergé de payer la rente puhlique.
Donc, rÉlat ne reçut plus rien. Donc, la masse des propriétaires et r^liers ne reçut plus rien.
Ces propriétaires et rentiers étaient eux-mêmes un grand peuple. Les uns vivaient des loyers d'une unique petite maison. Les autres avaient petite part à la rente de THôlel de Ville. Ces rentiers de cent francs, ou moins, étaient de maigres boutiquiers, de pauvres personnes ruinées, des veuves, etc. On a vu en 1579 (page 132 de ce volume) la singulière émeute qui faillit avoir lieu quand le clergé essaya de se dispenser de payer la rente.
Il échoua en 1579, réussit en 1589. Il vint à bout d'étouffer le mécontentement des petits rentiers, des petits propriétaires, de ce qu'on pourrait appeler les meurt-de-faim de la bourgeoisie.
Lé clergé, le grand et gros propriétaire du royaume, dut cette victoire définitive à son alliance d'une part avec les mendiants robustes, de l'autre avec les gagne-deniers d'Auvergne, Limousin, etc., charbonniers et porteurs d'eau, population cainpagnarde.au milieu de Paris, brav^ gens,, honnêtes, cirédule^, sujets à suivre,
l'impulsion d'un bon pati^oQ qui les occupe et leur fait gagner leur vie. Ils compi'ennent peu, ne parlent guère, entendent mal la langue fran* çaise. Mais ils s'attachent aux personnes^ et ne sont que trop dévoués; ils ontl)on cœur, et leurs pratiepies peuvent les faire aller loin ; ils ne joue-^ raient pas du couteau, à moins d'avoir un peu bu, mais bien aisément du bâton.
La bourgeoisie, qui avait pris parti contre les protestants, comme contre des gens de trouble, qui leur avait reproché surtout de faire enchérir les vivres, qui même, on l'a vu, en 1568^ les voyant à Saint-Denis^ s'était battue et fait battre, qui enfin avait eu une part à la Saint-Barthélémy^ — la voilà,, cette bourgeoisie catholique, qui voit tomber d'aplomb sur elle le Terrorisme de la Ligue. Seu^e, elle payera désormais et ne sera plus payée. Maisons, rentes, rien ne rapporte; encore moins les biens de campagne, à chaque instant ravagés.
Ce Terrorisme ressemblait-il à celui de 93? Oui, par les instincts niveleurs qui sont éternels. Kn 1589, aussi bien qu'en. 95, les pauvres voyaient volontiers les dames en robes de toile aller porter à manger à leurs époux en prison et raccommoder leurs culottes (L'Estoile).
Mais le point essentiel qui faisait l'originalité du Terrorisme de la Ligue, c'est qu'il en-
trait dans un détail , une intériorité domestique où celui de 93 ne put arriver jamais. Ce dernier agissait du dehors^ non du dedans. Il n'avait pas l'instrument admirable de la grande police ecclésiastique; n'ayant pas la confession, il n'allait pas au fond même, il né si^eait pas en tiers entre le mari et là femme, ne savait pas ce qu'on mangeait, ce qu'on disait sur l'oreiller; il ne voyait pas à travers les murs, au foyer, au pot, au lit. Le curé et le commissaire, le pasteur et le mouchard, unis en la même personne, pinçant au confessionnal, par les rapports de servantes, ceux que, comme prédicateur, il terrifiait du haut de la chaire, c'est un bien autre idéal que celui des Jacobins.
Une famille faillit périr parce qu'une servante rapporta que, le jour du Mardi-Gras, sa maîtresse avait ri. Les femmes se pressaient aux églises, ayant peur que leur absence ne fût dénoncée. Mais, quand elles étaient là ^ elles avaient encore plus peur que le maître du troupeau qui les regardait tremblantes du haut de la chaire, qui les recensait une à une, ne leur appliquât quelque mot. Nommées, elles étaient perdues.
Et même, vaguement désignées, elles craignaient à la sortie les outrages manuels de la bande des coquins à travers de laquelle il fallait pas-
ser, et qui menaçaient toujours leurs personnes ou leurs maisons.
Comment s'étonner si la Ligue devint populaire, avec ces moyens énergiques? Comment demander pourquoi on ne voit plus qu'entre les nobles des ennemis de la Ligue? La raison en est bien simple. Parce qu'il fallait, pour cela, non*seulement porter l'épée, pouvoir se défendre, mais encore pouvoir s'isoler, avoir un trou à soi pour se retirer; tout au moins avoir un cheval, comme la noblesse affamée qui suivait le roi de Navarre. Quant aux misérables habitants des villes, dans les tenailles atroces d'une police si serrée, à quoi comparerai-je leur sort? Les cachots et les basses-fosses sont plus libres, parce qu'au moins le prisonnier y est seul.
Le grand cachot de Paris, le grand cachot de Toulouse, ces villes, devenues prisons, multipliaient la terreur dans une proportion horrible par quelques cent mille témoins, s'espionnant les uns les autres, par la profondeur d'une inquisition mutuelle, domestique, intime, jusqu'à s'accuser soi-mêtne et se dénoncer à force de peur.
Ce terrorisme clérical différait encore en ceci du terrorisme jacobin de 95, que, le clergé divisé en corps divers et divers ordres, tous jaloux les uns des autres, on ne contentait ceux-ci qu'en
mécontentant ceux4à. A Auxerre^ vivait retire un homme de lettres illustre^ ancien aumônier de Charles IX, Amyot, l'excellent traducteur de Plutarque. Ce bon homme était resté naturellement attaché au roi, son bienfaiteur. Mais^ dans sa peur de la Ligue, il avaitimaginé d'appeler les Jésuites, pour le protéger, et de leur faire un collée. D'autant pins furieux contre lui furent les Franciscains de la ville. Ces moines mendiants, en rapport avec les flotteurs de bois, les vignerons, les tonneliers, etc., leur firent croire, quand Amyot revint des États de Blois, qu'il avait conseillé au roi de faire assassiner les Guises. Amyot, tremblant, signa l'IJnion. Gela ne servit à rien. Le prieur des Franciscains l'a-^ vait pris pour texte; chaque soir, dans ses sermons, il donnait la chasse à l'évêque, le condamnait, l'exécutait. Un moine, sur la grande place, s'avisa aussi de prêcher le peuple, une hallebarde à la main en place de crucifix. Amyot, ayant un jour hasardé de mettre le pied hors de l'Évêché, tout le monde lui courut sus, à coups de fusil. En vain le pauvre vieillard obtint une absolution de la plus haute autorité, du légat. Il ne trouva de repos que dans la mort.
Une des scènes les plus odieuses en ce genre fut la mort de Duranti, premier président, à Tou^ louse. C'était un fervent catholique, qui avait fait
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venir les Jësaites et les Gapucins, avait logé ceuxci chez lui y avait institué des confréries de pénilents à l'instar d'Avignon. Il était mortel ennemi des protestants. Il avait écrit un livre des cérémonies catholiques, à l'exemple de Durandi, l'auteur du De divinis offidiSy des temps albigeois. Ce livre fut imprimé à Rome aux dépens de Sixte-Quint.
£h bien, ce parfait catholique n'en fut pas moins tué par la Ligue.
yévêque de Gomminges, échappé de Blois à la mort de Guise, se mil à la tête du peuple pour la déchéance du roi. Duranli y résista. Le peuple fit des barricades. Il fut pris et enfermé par l'évêque aux Dominicains. Sa femme s'enferma avec lui. On dit au peuple que Duranli, tout prisonnier qu'il était, trahissait et livrait la ville. Le 10 février, à qualité heures de nuit, on voulut forcer le couvent; on brisa, on brûla les portes.
Le magistrat, intrépide,^ embrassa sa femme évanouie, et alla aux massacreurs. 11 demanda ce qu'ils voii^laient, et de quoi on l'accusait. Pas un mot. Mais u^e balle lui perça le cœur. On le traîna à la place, on l'accrocha au pilori, où pendait un Henri III. Alors, ne sachant plus que faire, ils se divertirent tout le jour à lui arracher la barbe.
Nous avons déjà v^ (dès 1528) ce que les
grandes processicms, violentes et tumultuaires, ajoutent aux effets de terreur. Ce sont des revues où l'on va en nmsse, où chacun a peur de manquer, où Ton passe sous l'œil perspicace des tyrans du jour, notant un à un leurs moutons, tenant compte des maigres et des gras, ajournant l'un, désignant l'autre.
Grand amusement aussi pour le peuple de voir la dévotion improvisée des mondains et leur sainteté subite.
A Paris, la fin du carême augmenta la fermentation. Une série de processions s'ouvrit qui ne finit pliis, à grand bruit, à cri et à cor. On commença innocemment, comme on fait, par les enfants, fils et filles, allant deux à deux, avec des chandelles, chantant des hymnes et litanies, que leur arrangeaient les curés. On continua par le Parlement qu'on traîna et par les moines qui le traînaient à la queue.
Puis vinrent les processions de paroisses par Ions les paroissiens de tout âge, sexe et qualité; plusieurs, pour se faire bien noter, avaient l'air d'aller en chemise. Mais cela manquait d'entrain, et aurait bientôt langui. On voulut réchauffer la chose par une haute mise en scène. Un curé s'avisa de dire que, dans ces processions sur le dur pavé de Paris, rien n'était plus méritoire, rien de plu y, r^grable à Dieu que les petits pieds
délicats des femmes qui en souffmient davantage. Sur-le-cbamp, des filles dévotes se dévouèrent, et, pour souffrir, parurent nues sous un simple linge qui ne s'appliquait que trop bien. Ces Madeleines, criardes et malpropres, firent rire plus qu'elles n'édifièrent. Alors la duchesse de Afontpensier, la Judith du parti, se décida sans hésiter. Elle mit bas les robes et les jupes, passa le drap de pénitence, ne l'ayant pas même au sein, mais une simple dentelle. On s'étouffa pour, la voir. Pressée, foulée, l'héroïne ne se déconcerta pas. Elle avait lancé la mode.
Dames et demoiselles y passèrent. Les seigneurs, aussi fort dévots à ces sortes de processions, lançaient par des sarbacanes des dragées aux belles qu'ils reconnaissaient à travers ce léger costume.
Beaucoup y venaient malgré elles, mais c'était l'épreuve du jour et la pierre de touche de dévotion. De pauvres femmes ou filles de prisonniers se soumettaient, craignant de marquer par l'absence; honteuses, elles suivaient les hardies, les yeux baissés, s'enveloppant, ce qui les montrait davantage.
Cela prit mauvaise tournure. On en vit les inconvénients. Les garçons voulaient s'y mêler et y allaient pêle-mêle. Les processions étant trèslongues, elles finissaient très-tard; si bien qu'à
la porte Montmartre, dit l'Ëstoile, une jeune bonnetière en fut bien malade au bout de neuf mois ; on en accusa le curé qui avait dit : « Les petits pieds douillets sont agréables à Dieu . »
Sans doute pour remonter les choses et rajuster l'innocence comproipise des processions, on imagina (peut-être fut-ce une idée de la vielente duchesse, qui logeait au Pré-aux-Glercs, et sans doute, de si près, rémuait l'Université), on imagina un matin de faire tomber de la montagne l'avalanche, la procession d'un millier de petits écoliers en soutane, de dix à douze ans. Us tenaient au poing des ciei^es, passaient rapides et violents avec d'aigres chants de Dies irœ; aux haltes ils soufflaient leurs cierges (sauf à les rallumer plus loin), les éteignaient furieusement, mettaient le pied sur la mèche, tout comme ils auraient éteint, foulé, soufflé le VaMSf