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LA QUESTION DES CROISEURS

Les Etats-Unis voulaient obtenir la parité complète avec la Grande-Bretagne. La proposition américaine prévoyait respectivement, pour chacune des deux nations anglosaxonnes un tonnage global en croiseurs de 250 à 300.000 tonnes et pour le Japon : 150 à 180.000 tonnes, d’autre part que chaque pays pourrait construire ces bâtiments dans le type qui lui conviendrait, et les armer à sa convenance pourvu que le calibre des canons ne dépassât pas la limite de 203 m/m (8 pouces) fixée à Washington. A quoi l’Angleterre répondit que chaque pays chercherait à utiliser au maximum ce tonnage global ainsi que l’armement autorisé. Et comme les ressources financières des Etats-Unis étaient supérieures à celles de la Grande-Bretagne, ils n’auraient aucune peine à s'assurer ainsi une supériorité réelle, non par le nombre des croiseurs mais par leur puissance.

De plus, on ne peut trouver une commune mesure pour ces marines répondant à des besoins très différents. L’Amérique, en effet, qui possède peu de bases navales à travers le monde, désirait concentrer ses efforts presque exclusivement sur le type des croiseurs de 10.000 tonnes à vaste rayon d’action, tandis que l’Angleterre. appuyée sur de nombreuses stations et bases navales bien réparties, se contentait de navires de tonnage moindre mais en plus grand nombre, car pour elle, seule la quantité importait. Aussi les délégués anglais proposèrent-ils de limiter le nombre des croiseurs de 10.000 tonnes avec canons de 203 m/m (8 pouces), puis, d'établir un type secondaire de croiseurs déplacant au maximum 6.000 tonnes et d’un armement maxi-

mum de 152 m/m (6 pouces) (2). Les Américains refusèrent.

L’antagonisme anglo-américain sur la question des croiseurs s’avéra donc insoluble.

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