CHAPITRE III
La Conference tripartite de Genève
ou Conférence des Croiseurs (20 juin-4 août 1927)
Le résultat obtenu par l’accord naval de Washington était notoirement insuffisant car il ne règlait que la limitation du tonnage des bâtiments de ligne et des porte-aéronefs et laissait en suspens la question de la limitation du tonnage des bâtiments légers et des sous-marins.
Aussi, en 1927, le président américain Coolidge estimat-il, étant donné la marche des travaux de la commission préparatoire, que le moment était favorable à la conclusion d’un nouvel accord à cinq sur la question des navires légers de surface et des sous-marins. Il invita donc les quatre gouvernements, qui avaient été représentés à Washington, à une conférence spéciale qui devait siéger à Genève du 20 juin au 4 août 1927.
Le but visé par les Etats-Unis était d'étendre à toutes
les catégories de navires de guerre les principes du traité de Washington ainsi que le système des coefficients.
Les gouvernements français et italien repoussèrent cette invitation et justifièrent leur refus en disant que la proposition américaine dépossèderait la Commission préparatoire d'une question essentielle figurant à son programme. En outre le gouvernement de notre pays faisait remarquer que cette proposition écartait a priori les principes techniques dont la France avait pris la défense à Genève, à savoir : l’interdépendance des diverses catégories d’armements, et la limitation par tonnage global (1). Que, d’autre part, la nouvelle limitation à laquelle on s’efforçait d'arriver concernait les catégories de navires qui intéressent presque toutes, sinon toutes les nations du monde et qu’en conséquence la discussion de cet important problème devait être générale et non pas faire l’objet d’une conférence spéciale qui ne réunirait que les principales puissances navales.
Seuls, avec les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et le Japon envoyèrent des délégués. La France et l'Italie se contentèrent d’y envoyer respectivement, celle-là un informateur, celle-ci un observateur. La S. d. N. prêta ses locaux ainsi que les servicés de son secrétariat.
(1) Voir le texte de la réponse française reproduit intégralement dans le numéro du 19 février 1927 de la revue : L'Europe Nouvelle.
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