LES CAUSES DE L’ECHEC
Tout d’abord, comme l'avait d’ailleurs fait justement remarquer le Gouvernement Français dans sa réponse à l'invitation du président Coolidge (3), ce fut assurément d’une mauvaise politique que d’organiser une Conférente à laquelle seules les cinq principales puissances navales étaient conviées alors que la Commision Préparatoire se proposait d'atteindre un but analogue à celui qui était assigné à la nouvelle Conférence. Une autre erreur fut de tenir secrètes les séances de la Conférence, car seules les trois réunions plênières furent tenues en public. D’autre part, malgré leur acceptation générale du principe de limitation par catégories, les trois puissances n'étaient d’accord ni sur la définition des différentes catégories, ni sur les limites à fixer au tonnage maximum et au calibre des canons des unités autorisées dans chaque catégorie.
Enfin il y eut complet désaccord lorsque l’on voulut fixer l’importance respective des forces navales de chaque pays.
Ce fut surtout le manque d’entente sur ces points essen- liels qui amena l’échec des négociations. Mais il semble, que, si grandes que fussent ces divergences, la difficulté eut pu, cependant, être surmontée, si le nœud inextricable n’avait été l’antagonisme des thèses anglo-saxonnes au sujet de la liberté des mers (4), que la Conférence de Genève a, une fois encore, mis en évidence.
(3) Voir note 1.
(4) Nous retrouverons, en conclusion. cette idée que la question du désarmement est subordonnée à la solution du problème jusqu'ici irrésolu de la liberté des mers, précisément par suite de l’antagonisme existant entre les Etats-Unis et la Grande-Bretagne.
ST
Anglais et Américairis tombent en effet d’accord pour reconnaître aujourd'hui que l’échec de cette dernière conférence est motivé par le défaut d’entente sur les lois de la guerre et qu’en conséquence, faute d’un accord préalable sur cette question, aucune « limitation des armements navals » n’est possible.
En se séparant, les délégués laissaient la porte ouverte à de nouvelles négociations puisqu'ils se mirent d’accord pour affirmer que : « les obstacles qui ont surgi ne doivent pas être considérés comme mettant fin aux efforts qui tendent à amener une nouvelle limitation des armements navals. »
La non réussite de cette conférence allait ajouter une complication nouvelle aux difficultés techniques rencontrées jusqu'ici par la Commission préparatoire et conduire cette dernière à une impasse.