RE PAM
elle avait définitivement triomphé et que la proposition transactionnelle française qui donne satisfaction aux partisans du système du tonnage global ainsi qu’à ceux de la répartition du tonnage par catégories avait depuis recueiili l'adhésion de presque tous les membres de la Commission préparatoire du désarmement.
Le Gouvernement Français fit connaître la position qu’il adopterait dans un mémorandum clair et précis publié le 20 décembre (3) et qui énonçait les principes dont il s’inspirerait lors des négociations. Il y déclarait qu'il conformerait son attitude à l’esprit de l’article 8 du pacte de la S. D. N., qu’il préconiserait pour méthode de limitation des armements navals soit celle du tonnage global, soit sa proposition transactionnelle, qu’il considérait comme un principe fondamental de sa politique de défense nationale l’interdépendance des armements navals, terrestres et aériens, qu’il s’opposerait à l’abolition de l’arme sous-marine, enfin il y proposait un accord de garantie mutuelle et de non-agression entre les puissances méditerranéennes, accord qui permettrait, en contre-partie de la garantie de l'Angleterre dans la Méditerranée comme sur le Rhin, gage précieux de sécurité, sorte de « Locarno méditerranéen », un rapprochement avec l'Italie. Si l’Angleterre, en effet, devenait l’arbitre de la situation en Méditerranée par des engagements formels de se ranger contre l’agresseur quel qu'il fut, l’antagonisme franco-italien perdrait beaucoup de son acuité.
L'Italie posa comme principe absolu la revendication de la parité complète avec la France, se déclarant prête à
(3) Voir le texte du memorandum français publié dans la Revue Maritime année 1930, tome I, page 215 et suiv.
DR): ie
accepter n'importe quel chiffre même le plus bas comme limite de ses armements pourvu qu'il ne soit dépassé par aucune autre puissance continentale européenne, revendication qui ne peut se justifier que par des considérations de prestige que notre pays ne saurait raisonnablement aacepter.
Avant de voir ce que furent les négociations de Londres il y à un fait important que nous nous voudrions de ne point mettre en relief, nous voulons parler de l'effort de renaissance de la marine allemande qui bien qu’enfermée dans le cadre rigide des stipulations précises du traité de Versailles (voir page 5) constitue aujourd’hui la plus formidable des flottes secondaires du monde et qui a su mettre en œuvre toutes les possibilités, e£ même au delà, que le traité de Versailles laissait à sa disposition (4).
Le texte du préambule des clauses militaires, navales et aériennes du traité de Versailles déclare : « En vue de rendre possible la préparation d’une limitation générale
(4) A ce sujet, on peut rappeler quelques passages d’un discours prononcé le 19 décembre 1929 à la Chambre des députés par M. Dumesnil : « Les caractéristiques du croiseur-cuirassé allemand sont singulièrement intéressantes. C’est peut-être le bâtiment le plus remarquable qui ait été construit : il n’y en a actuellemen qu’un en consruction, mais il peut être suivi d’autres. »
« Ce bâtiment qu’on a appelé croiseur-cuirassé A, puis Ersatz Preusen, parce qu’il devait remplacer le Preussen supprimé, porte maintenant le nom d’Admiral Scheer ».
« Il déplace 10.000 tonnes, a un tirant d’eau assez faible calculé pour les petits fonds de la Baltique, une puissance de 50.000 CV obtenus par 8 moteurs Diésel et une vitesse de 26 nœuds. Son rayon d'action est de 10.000 miles à 20 nœuds. Son artillerie comprend 6 pièces de 280 en 2 tourelles triples plus 8 de 155 et 4 de 88 : elle
est donc beaucoup plus forte que celle de nos croiseurs de 10.000:
tonnes qui n’ont que des pièces de 203. Il est en outre muni de 6 tubes lance-torpilles. »
« Ce croiseur est fortement cuirassé : il possède une cuirasse latérale et 2 ponts cuirassés, et, en outre, on a pu, par l’utilisation