‹ La limitation des armements navalsChapitre 6 sur 58 · MAT · texte numérisé non relu

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d'une part, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis d’autre part (5).

L’amiral français Le Bon protesta contre cette offre, et, après avoir fait un impressionnant exposé de notre situation navale, il déclara que l’acceptation d’un tel tonnage ruinerait définitivement l'avenir français sur mer, car il ne permettrait pas à la France de posséder une escadre (6). Aussi M. Sarraut réclama pour son pays un tonnage de 350.0000 tonnes de bâtiments de ligne, tonnage qui assurément était bien supérieur aux possibilités de la France, mais pensant que le tonnage en navires auxiliaires serait établi en proportion du tonnage en capital-ships, il espérait ainsi obtenir sur la question des unités inférieures le fort tonnage reconnu indispensable pour la sécurité de la nation (7).

C’est alors que la France fut accusée de vouloir transformer une conférence dont l’objet était la réduction des armements navals en une conférence destinée à les aug-

(5) A la séance du 16 décembre 1921, à la commission de limitation des armements navals, M. Hughes déclarait : « En appliquant à la France la proportion des réductions que nous imposons à nousmêmes et qui ne porte pas seulement sur des navires vieux ou médiocres mais aussi sur les types les plus récents, le tonnage des capital ships français, devrait être limité à 102.000 tonnes. Cependant, considérant précisément que les conditions de la Marine française sont tout à fait spéciales, nous ne vous proposons pas de vous arrêter à ce chiffre et nous estimons juste de fixer votre tonnage à 175.000 tonnes ». L’Amiral de Bon lui répondit que les coefficients de réduction choisis par les 3 puissances étaient inopérants, en ce qui nous concerne, la France ayant déjà appliqué pendant la guerre le principe de la réduction en ne construisant plus. Aussi, lui dit-il, avez-vous compris l’impossibilité de nous appliquer strictement les coefficients et avez-vous cherché à nous offrir un chiffre plus présentable, soit 175.000 tonnes.

(6) Une escadre se compose d’au moins six bâtiments, proportion qui fut même portée à huit dans les années antérieures à la guerre.

(7) Voir A. Jacquemart : La Conférence de Washington, Paris,

1923, Jouve.

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menter. On s’indigna contre « l'impérialisme français », L’Angleresre et les Etats-Unis, nous fit-on remarquer, en acceptant 925.000 tonnes de capital-ships consentent un abattement de 62 % sur ce qu’ils possèdent actuellement. Si la même proportion était appliquée aux 164,500 tonnes dont la France disposait à ce moment, il ne lui restait que 102.000 tonnes. Ce dernicr chiffre étant jugé trop faible, on nous proposait celui de 175.000 tonnes. Nous ne lui reprochions que d’être fixé arbitrairement.

L'Italie, elle, accepta le chiffre que nous refusions. La France se trouva, alors, placée entre deux alternatives, comme le fit remarquer M. Sarraut : « soit accepter ce qu'on lui offre et signer ce qu’elle estime une décapitation de sa flotte, soit refuser et alors assumer devant le monde la prétendue responsabilité dont nous charge déjà une campagne de presse subitement déclenchée, d’anéantir les heureux résultats de cette conférence » (8). Le Gouvernement Français s’inclina et M. Briand donna ses instructions à M. Sarraut qui dut accepter le chiffre de 175.000 tonnes (9). Quant à l'Italie elle obtenait la parité avec la France pour les bâtiments de ligne. L'accord sur les capital-ships était ainsi définitivement réalisé.

(8) Voir le discours de M. Sarraut à la 3° séance du 17 décembre 1921 de la Sous-Commission de la limitation navale : Documentation internationale : Conférence de Washington, p. 90, tome Il.

(9) M. Briand répondait à M. Hughes : « Sur le tonnage des capitalships, c’est-à-dire des bateaux d’attaque qui sont Je plus onéreux, j'ai donné des instructions à nos délégués dans le sens que vous désirez. Je suis certrain d’être suivi dans cette voie par mon Parlement.

« Mais pour ce qui concerne les navires défensifs (croiseurs légers, torpilleurs, sous-marins), il serait impossible au gouvernement français, sans se mettre en contradiction avec le vote des Chambres, d’accepter des diminutions correspondant à celles que nous acceptons pour les capital-ships sous cette réserve formelle que vous comprendrez certainement. »

SH

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