LA QUESTION DES BATIMENTS DE LIGNE
(Capital-ships)
Le Japon réclama une proportion de capital-ships égale à 70 % de celle des Etats-Unis, au lieu de 60 % que lui allouaient les propositions américaines, mais finalement il s’inclina, à la condition toutefois qu’il conserverait le cui-
(2) M. Briand se trompait et ce fut là une grave erreur (voir Archimbaud, p. 71 et suiv.),
rassé Mu'su (3), aussi, fallut-il modifier les chiffres primitivement fixés et qui devinrent respectivement :
Pour les Etats-Unis et la Grande-Bretagne : 525.000 tonnes au lieu de 500, soit 15 bâtiments de ligne de 35.000 tonnes chacun.
Pour le Japon : 315.000 tonnes au lieu de 300, soit 9 bâtiments de ligne de 35.000 tonnes chacun.
Ainsi, se trouvait établi entre les trois flottes le rapport 5-0-3 en vertu duquel le Japon peut avoir 3 navires lorsque les deux pays anglo-saxons en possèdent chacun 5.
Le Japon ayant toutefois subordonné son acceptation à la solution des roblèmes du Pacifique, un acord se réalisa sur ce point grâce au maintien du statu quo en fait de fortifications et de bases navales dans le Pacifique, avec
cependant quelques restrictions.
L’Angleterre ayant accepté la parité avec les Etats- Unis pour cette catégorie de bâtiments un accord à trois se trouvait conclu mais il ne pouvait devenir définitif qu'après une entente avec la France et l'Italie qui, jusquelà, étaient restées à l’écart des négociations poursuivies par les trois premières puissances navales au sujet de leur capital-hips (4).
La France fut alors soudainement saisie d’une proposition qui lui accordait un tonnage global de 175.000 tonnes de capital-ships soit à bâtiments de ligne de 35.000 tonnes
chacun, établissant le rapport 5-5-1,75 entre la France
(3) Cuirassé de 33.800 tonnes construit avec le produit de souscriptions volontaires des travailleurs japonais, de dons et de quêtes publiques.
(4) Voir Documents diplomatiques du Ministère des Affaires étrangères : La Conférence de Washington, p. 52 et suiv.