DACE
être abandonnée. On a cherché (Deecke) à le rattacher aux langues finnoises, mais cela sans succès. Fr. Miiller estime que cette langue est — comme celle des Basques — la langue d'un peuple ancien qui a disparu et dont l'origine demeurera toujours inconnue. Fligier (Zur prœhistorischen Ethnol. Italiens, 1877), est d'avis qu'à ce sujet nous ne savons rien de positif, et il partage cette opinion de Denis d'Halicarnasse, que les Etrusques sont isolés de tous les autres peuples par leur langue et leurs mœurs.
Il convient, en somme, d'être fort réservé et d'attendre le résultat de nouveaux travaux. Notre opinion est que Corssen n'a point démontré que l'étrusque fût une langue italique ; mais on peut supposer — sans toutefois rien affirmer encore — que c'est un idiome indo-européen. Il appartient à l'avenir de résoudre le problème.
IL Dace.
La Dacie ancienne, limitée au sud par le Danube, au nord-est par le Dniester, au nord-ouest par la Tisza, comprenait les .régions qui forment aujourd'hui le cercle hongrois d'au-delà de la Tisza, la Transylvanie, la Bucovine, le banat de la Ternes, la Valachie, la Moldavie et la Bessarabie.
Il ne reste de la langue dace que bien peu de débris, quelques noms de plantes cités par le médecin Dioscoride et un certain nombre de noms géographiques. Ces noms ont incontestablement une apparence indo-européenne; propedula « quintefeuille » rappelle la forme celtique pempedula. Mais le dace était-il une langue celtique, une langue germanique, une langue slave ? appartenait-il à quelque autre branche de la famille indo-européenne ? formnit-il par lui-même une branche indépendante et
distincte de toutes les autres ? C'est ce que l'on ne peut décider en l'état de la question.
Un écrivain roumain, Hasdeu, explique sans aucune hésitation tous les noms géographiques daces qui nous ont été conservés par Ptolémée, Strabon, la Table de Peutinger; bien plus, il a cru retrouver l'ancien alphabet dace dans un alphabet qui s'était conservé, jusqu'au siècle dernier, chez les Széklers de la Transylvanie. Pour lui le dace aurait appartenu à une famille thraco-illyrienne à laquelle se rattacheraient, entre autres idiomes, le phrygien et l'albanais (1). Cette thèse aurait demandé plus de développements que ne lui en a accordé son auteur. Il eût été bon de discuter l'opinion de ceux qui ont rattaché le dace aux langues germaniques (Grimm), aux langues slaves (Mùllenhoff), ou encore aux langues celtiques. (Consulter Dieffenbach, Vœlkerkundr Osteuropas, t. Ier, p. 124.)