‹ La LinguistiqueChapitre 82 sur 94 · I. Etrusque · texte numérisé non relu

I. Etrusque

Peu de langues ont exercé autant que Ta fait l'étrusque la sagacité des grammairiens. Peu de langues aussi <>nt prêté davantage aux théories les plus opposées et les moins scientifiques. Au quinzième siècle déjà, on faisait descendre l'étrusque de l'hébreu et du chaldéen, et certains auteurs, aujourd'hui encore lui donnent d'une façon générale une origine sémitique, sinon une origine particulièrement hébraïque.

C'est à Lanzi que remonte l'opinion, communément adoptée aujourd'hui, que l'étrusque est une langue italique au même titre que le latin, l'osque, l'ombrien ; le célèbre ouvrage de Lanzi parut en 1789. Cet ouvrage, malheureusement, était dépourvu de méthode, ce qui tenait à la date même de son apparition : lorsqu'il parut, la grammaire comparée des langues indo-européennes n'était pas encore fondée. Lanzi, d'ailleurs, n'avait point les ressources considérables de cette foule d'inscriptions découvertes après lui, et qui constituent maintenant un matériel des plus riches.

Corssen a entrepris de réunir, dans un ouvrage fort important, les résultats acquis à ce jour par les anteurs qui ont traité cette question avec critique et parmi lesquels sa propre place semble marquée (1). La langue étrusque serait, d'après lui, une langue italique, une sœur du latin, de l'osque, de l'ombrien. On aurait déjà reconnu la forme de presque tous les cas, un certain nombre de formes verbales et de formes pronominales. Presque toutes les inscriptions étrusques sont des inscriptions funéraires. On possède un certain nombre d'inscriptions bilingues en latin et en étrusque, trouvées la plupart dans le nord de l'Etrurie, et qui ont été d'un puissant secours, comme il est aisé de le comprendre, pour le déchiffrement de cette langue.

L'alphabet étrusque forme avec l'alphabet ombrien et osque une branche de l'alphabet italique dont nous avons parlé ; il se divise, d'ailleurs, en plusieurs espèces distinctes. Corssen les étudie successivement dans l'ouvrage dont nous avons parlé un peu plus haut. On peut aussi, à ce sujet, consulter les écrits de Conestabile (Iscrizioni etrusche e etrusco-latine).

L'origine sémitique de l'étrusque (Stœckel, 1858) doit'

(\) l'chrr die Sprache der Elrusker, Leipzig, 1874, 187j.

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