‹ La Linite Plastique Gastro-IntestinaleChapitre 25 sur 33 · UT AE · texte numérisé non relu

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L'occlusion est en effet le plus souvent l'accident tetminal de la linite gastro-intestinale quelle que soit la forme sous laquelle elle évolue. Parfois elle survient chez un individu dont la maladie s’est progressivement aggra vée : les troubles de l’état général s’accentuant de plus en plus pour aboutir à un état parfois squelettique du malade ; l’évolution a pu être entrecoupée de crises de subocclusion intestinale, des symptômes d’un ordre différent ont pu apparaître tel l’ascite, et le malade qui tombe dans un marasme de plus en plus complet meurt au cours d’une crise d’occlusion intestinale. La durée de l’évolution varie dans ces cas de quelques mois à une année.

Pourtant l’observation de Carrère montre une linite gastro-intestinale ayant mis près de deux.ans à évoluer.

Obs. 12. — CarRÈèRE. (Mém. Soc. roy. de Méd., Paris, 1779, p. 214).

Mme B.... de Lyon, âgée de 32 ou 33 ans, d'une constitution délicate en apparence, mais robuste, peu sujette à être malade, quoique se plaignant continuellement de quelques légères incommodités avait éprouvé depuis plusieurs années trois ou quatre attaques de douleurs de coliques ; les dou-. leurs se firent sentir de nouveau au mois de juin 1777. Je la vis alors pour la première fois, je lui trouvai de la fièvre, une bouche pâteuse el amère, des vomissements de matières porracées, une douleur tantôt aiguë, tantôt obtuse, aux régions ombilicale et hypogastrique augmentant par la compression, un météorisme au bas ventre, une peau sèche et aride, une soif ardente : il n'y avait ni douleur, nisentiment de pesanteur à l'estomac. La saignée, l'émétique, les dé layants, les calmants, les cataplasmes émollients sur le bas-

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ventre opérèrent la guérison dans 15 jours. Depuis cette époque elle s’est plainte souvent d'un malaise à l'estomac, qu'elle ne pouvait cependant définir. Elle me fit appeler le 23 février 1779, je ne l'avais pas vue depuis 4 mois. Elle avait eu la fièvre 15 jours ou 3 semaines avant, avec des vomissements, des douleurs à l'estomac et au bas-ventre et avait été purgée plusieurs fois par un chirurgien. Je la trouvai sans fièvre avec des vomissements très fréquents mais presque sans efforts, les matières qu'elle rendait étaient d’un jaune foncé, les déjections alvines très rares, très difficiles, en très petite quantité, le ventre météorisé, et très douloureux, prin- Cipalement vers la région hypogastrique droite et la région de l'estomac, tendue sans dureté. La douleur du bas-ventre augmentait par la compression, l’insomnie, la perte d'appétit, des agitations et des inquiétudes, l'amertume et la sécheresse de la bouche et la dureté du pouls accompagnaient cet état.

Les vomissements devinrent insensiblement plus fré- — quents, les boissons n'avaient point le temps de parvenir à l'estomac ; elles étaient rejetées tout de suite comme naturellement êt sans efforts, elles présentèrent, après quelques jours, une couleur brune mais sans odeur. La maigreur augmenta, les selles devinrent plus rares, liquides et presque de la même couleur que les rendues par le vomissement.

Le 2 mars, la fièvre se joignit à ces symptômes, elle fut très vive, le météorisme et les douleurs de membre augmentèrent, les douleurs devinrent aiguës et lancinantes, le pouls très dur, la peau sèche et brûlante ; le hoquet et l'envie fréquente et inutile d’uriner se joignirent à ces accidents et je présumais qu'une grande partie du sans intestinal était squirrheuse ; qu’il n’y avait aucun vice à l'estomac, princi- palement au pylore et je présumais que cette partie était ab-

solument dans l’état naturel. Je me décidais encore pour une autre raison : les vomissements suivaient de trop près

l'usage des boissons, pour ne pas croire que celles-ci n'auraient pas eu letemps de parvenir jusqu'à l'estomac. Je conjecturai que ce même viscère était comprimé par les intestins distendus, gonflés et obstrués et que cette compression offrait un obstacle invincible à l'entrée des boissons. J'avoue que je ne soupçonnais aucun vice à l'œsophage.

L'ouverture du corps fut faite par M. Baget, maitre en chirurgie. 11 observa ce qui suit : L

1° Un épanchement. d’une eau jaunätre extrêmement fétide dans la cavité du bas-ventre à la quantité d’environ 3 seules pointes ; 4

20 Le pancréas absolument squirreux ;

30 Le foie paraissait dans un état parfaitement sain et d’un volume ordinaire,mais sa substance était extrêmement æ molle et friable, cédant aisément à l'impression du doigt et se réduisant en une espèce de pâte molle et grenue ;

1° La vésicule du fiel, les reins et la rate dans l'état natu-

‘relet cette dernière-extrèmement petite ;

5° L’æsophage comme racorni et entièrement Squirreux, toute sa circonférence vers son union à l'orifice inférieur de l'estomac et à un travers de doigt au-dessus et dans cette portion sa cavité presque oblitérée.

6° Une liqueur d'un jaune clair contenue dans la cavité > de ce canal ne présentant rien de sanieux ni de purulent

7 L'orifice intérieur de l'estomac, absolument squirreux dans toute sa circonférence et des concrétions squirreuses qui .s’étendaient jusqu à environ 2 travers de doigt autour de cet orifice ; | ;

8° L'estomac vide paraissant dans l’état naturel maisextrémement flasque et rapelissé et comme écrasé sous le poids des intestins ; É À Ge LÉ

9% Le pylore absolument dans l'état naturel;

10° Les intestins grêles squirreux dans presque loute leur étendue, leurs parois fort épaisses, fort dures, comme racornies, et leur cavité très rétrécie ;. se |

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11° Les gros intestins dans un état de phlogose sur la plus grande partie de leur étendue, présentant quelques taches noires que nous ayons regardées comme gangreneuses ;

120 Nul vestige d'air dans la cavité du bas-ventre ni dans celle des intestins.

I1 résulte de cette observation que les vomissements fréquents et la couleur brune des matières qu'on rejette par le vomissement ne sont point des symptômes pathognomoniques du squirre du pylore, ainsi qu’on le croit assez commurément, puisque dans le cas dont il est ici question, j'ai observé ces deux symptômes et cependant le pylore était dans l’état naturel.

Il en résulte encore que la fréquence des vomissements peut dépendre de plusieurs autres vices, comme du squirre de l’æsophage, du squirre de l'orifice cardiaque de l’estomac, de la compression de ce viscère par les intestins distendus, gorgés et tuméfiés, du squirre du pylore, de la compression et du rétrécissement de l'intestin duodénum.

Enfin, cette observation peut servir à nous faire distinguer les différents vices pouvant donner lieu à ces vomissements :

4° Dans les cas de compression, l’obstruction de squirre, de rétrécissement de l'intestin duodénum, ainsi que dans celui du squirre du pylore les boissons sont reçues librement dans l'estomac; elles y séjournent quelque temps, par conséquent, les vomissements ne doivent point suivre immédiatement usage des boissons. Au contraire, dans le cas de compression de l'estomac, d'obstruction ou de squirre, soit de l'orifice supérieur de ce viscère, soit de l’œsophage, les boissons ne peuvent point parvenir jusque dans la cavité de l'estomac ; elles doivent donc être rejetées beaucoup plus tôt, même presque toujours dans l'instant où elles ont été avalées, ainsi qu’il estarrivé dans le cas qui fait le sujet ;

2 Dans ce dernier cas les vomissements doivent se faire sans eflort ; l’action simultanée de l'estomac, du diaphragme

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et des muscles abdominaux n'est point nécessaire pour les produire, elle ne saurait même ÿ concourir ; ils sont seulement l'effet des mouvements de l'æsophage ;

3 Enfin dans les cas de compression de l'estomac, d'obstruction et de squirrhe de l'orifice supérieur de ce viscèré ou de l’œsophage les matières rejetées par le vomissement doivent être sans odeur où n'avoir que celle qu'elles avaient quand elles ont été avalées.

D’autrefois l'affection s’est manifestée uniquement par des signes gastriques. Le diagnostic du cancer de l'estomac ou du pylore a été porté. Le malade est guéri. L'obstacle gastrique est supprimé soit par gastro-entérostomie, soit par gastréctomie et dans les jours qui suivent survient un syndrome d’occlusion intestinale qui emporte lé malade et signe la participation de lintestin au processus linitique. Tel est le cas rapporté par Bensaude et Ockinczyc, dans lobservation suivante.

Obs. 13. — Rétrécissements cancéreux multiples de la partie sous-diaphragmatique du tube digestif (BENSAUDE et Ocxinczyc. Cas I. Congrès internat. de Méd. de Lisbonne, 1905).

R. âgé de 38 ans, employé, entre le 20 juillet 1905 au n° 39: de la Salle Behier à l'hôpital St-Antoine’(service du Prof. Hayem). |

Sa mère est morte d’un cancer de l'utérus et son grandpère paternel d’un cancer de l'estomac.

R... N'a jamais fait de maladies sérieuses. Il né souffrait: habituellement pas de troubles digestifs. k

I lui arrivait, très rarement d’ailleurs, d'avoir un vomissement suivi de diarrhée, après un repas copieux.

— Si —

Depuis 18 mois, le malade avait beaucoup augmenté de poids, aù point d'en être effrayé. Il fait remonter le début de sa maladie actuelle au 30 avril 1905. Etant à déjeuner chez des amis, il éprouve subitement une douléur vive au creux de l'estomac, suivie d'un abondant vomissemént. Puis tout rentre dans l'ordre et il n'éprouve aucun nouveau trouble digestif jusqu'au 7 mai, malgré des écarts de régime, fréquents à cette époque

Du 8 au {0 mai, il éprouve un malaise général, avec troubles digestifs vagues, qui l’obligent à consulter le médecin de la compagnie. Celui-ci ordonne une purgation (magnésie) et institue une régime de viandes blanches. Pendant quelques jours ce régime est bien toléré, mais une nuit, R. est pris de douleurs violentes qui ne se calment qu'après des vomissements abondants. Le médecin consulté le lendemain le met au lait, aux œufs et au jus de viande.

Pendant une dizaine de jours, le malade se trouve assez bien et reprend son service. Au commencement de juin 1905, l'état de malaise ayant reparu malgré le régime rigoureusement suivi, le médecin lui prescrit 5 jours de repos. Ce repos lui réussit si bien que le malade retourne à son bureau avant l'expiration de son congé.

Fin juin, à la suite d’un repas composé de rosbeef et de petits pois, il est pris dans la nuit à deux reprises de vomissements abondants sans douleurs violentes. Depuis ce moment, vomissements alimentaires, chaque après- midi malgré un régimé sévère. À partir du 3 juillet régime lacté absolu. Le 8 juillet il revient plus tôt que de coutume se sentant malade, et il rend 3 cuvettes d'un liquide sale, bien qu’il n'ait antérieurement ingéré que du lait. Il quitte son travail : repos, régime lacté, eau chloroformée et fleur d'oranger. Malgré ce traitement, vomissement quotidien, entre 5 et 7 heures. Nausées. Pas de douleurs stomacales, - pas de fièvre.

13 juillet, le médecin fait le diagnostic de cancer de l’es-

mer. BTE

tomac et conseille l'opération. Le képhir, ordonné, est mal toléré. On reprend l'usage du lait dont le malade n’absorbe guère qu’un litre par jour.

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