‹ La Linte Plastique Gastro-IntestinaleChapitre 27 sur 39 · LE TO SE · texte numérisé non relu

LE TO SE

mais d’une forme toute PRÉNAQUSEE, d'un cancer. à forme linitique.

Ainsi la découverte, au cours d’un examen, d’un Cancer secondaire du rectum autorise à soupçonner l’existence d’un néoplasme gastrique et toutes les présomptions sont en faveur d’une linite cancéreuse de l'estomac avec noyaux multiples étagés le long du canal intestinal.

Nous ne reviendrons pas sur les caractères que nous avons décrits de ce cancer sous-muqueux du rectum. Nous en soulignerons seulement limportance, car ce sont ces caractères particuliers qui en font toute la valeur diagnostique. Nous verrons cependant au chapitre du diagnostic de quelles erreurs il a pu être l'origine, et en particulier la confusion que certains auteurs ont faite avec le cancer primitif du rectum.

L'observation de Bensaude que nous reproduisons ci-dessous est particulièrement instructive sur la valeur de ce signe. Le toucher rectal y montre l’existence d’un néoplasme du rectum que l'examen négatif au rectoscope démontre secondaire, chez un malade où le diagnostic était hésitant entre un ulcère, un ulcéro-cancer ou un cancer de l’estomac. Et sa constatation rend des plus probables le diagnostic de linite qui fut alors porté et qui ne put être vérifié, le malade ayant été perdu de vue.

Obs. 9. — BEeNsauDE (Internat. Beiträge z Pathol. u. Therapie der Ernährungsstorungen).

Homme, 29 ans. Serrurier. Vient consulter à la clinique médicale de l'hôpital St-Antoine le 29 janvier 1909. Ses pa-

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rents vivent et sont bien portants. Il n'a pas eu de maladie antérieure, est marié et a une enfant bien portante.

Maladie actuelle. H y a 5 ans, étant à bicyclette, il heurte un timon de voiture qui l’atteint au creux de | estomac, il tombe, a des vomissements alimentaires abondants mais pas d'hématémèse et reste pendant deux heures dans un état syncopal. Durant les deux mois qui suivent il est obligé de garder un régime sévère et prend surtout du lait et des œufs ; puis peu à peu il reprend son alimentation normale.

Ce n'est que deux ans après l'accident, c'est-à-dire il y a 3 ans, que les digestions deviennent pénibles ; il a des sensations de lourdeur après les repas et des vomissements alimentaires se produisant principalement le soir après le diner et quelquefois le matin à jeun.

Des douleurs très vives se produisent parfois, qui s’atténuent ou disparaissent à la suite des vomissements. A cette époque ii aurait remarqué plusieurs fois dans ses vomissements des aliments ingérés parfois 2 jours auparavant. Plusieurs fois il a introduit ses doigts dans la bouche pour se faire vomir.

Cet état persiste avec des hauts et des bas pendant environ 2 ans et depuis un'‘an il s’est aggravé. Le malade à maigri de 16 kilogs, il est affaibli, il a perdu l'appétit, et ne prend que du lait et des purées. Les douleurs sont moins marquées, les vomissements ne se reproduisent plus, le malade n'a pas d'hématémèses ni de melæna. Il a fréquemment des renvois, mais sans odeur ; il est toujours très constipé.

A l'examen de l'estomac on note que celui-ci descend à l’ombilic ; on ne sent pas de tumeur au niveau du creux de l'estomac ; la pression au niveau de la région pylorique est douloureuse ; on ne provoque pas d'agitation : péristaltique.

Le malade a un type de «ventre fermé ». Il n'y a pas d’ascite. Le foie ni la rate ne paraissent pas augmentés de volume.

Le malade se lève plusieurs fois par nuit pour uriner. Il a des crampes nocturnes et des sensations de fourmillements

SRE —

-et de doigts morts. Les urines ne contiennent ni sucre ni

albumine.

Rien au cœur. Rien à l'examen de l'appareil respiratoire.

Nous hésitons entre un ulcère, un cancer ou un ulcérocancer de l'estomac, et comme le malade avait présenté autrefois des vomissements contenant des aliments ingérés plusieurs jours auparavant nous pensons qu'il existe un certain degré de sténose du pylore. L'examen rectal vient affirmer l'existence d'une lésion cancéreuse.

Nous trouvons par le toucher rectal sur la paroi antérieure du rectum une masse dure, un peu inégalée, non doulou: reuse, sur laquelle on ne peut pas faire glisser la muqueuse. Rien à la paroi postérieure. On introduit le rectoscepe qui pénètre assez facilement après avoir été un instant arrêté à environ 5 cm. La muqueuse reclale ne présente aucune altération particulière et la saillie n’est pas nettement visible à l'examen rectoscopique. Croyant avoir été trompé par le premier examen, nous refaisons de nouveau un toucher rectal qui confirme les premières données.

Ajoutons que le malade n'avait aucun symptôme rectal

L'examen de suc gastrique et des matières fécales confirme le diagnostic de cancer. -

L'examen du suc gastrique fait par M. Carrion, le 12 fé vrier 1909 donne le résultat suivant :

Caractères du liquide : 20 cem mal émulsionné, épais.

Chiffres normaux

A "AIGCIQITE totale 222 me 189 — 0,035 H Acide chlorhydrique libre 0,044 — C' Chlore combiné organique PASS D BG Chlorhyinesre te 0,212 — 10,39 FChlorestotal 22 7. 2 0,321 — 0,258 FFloreminéral es", 0,109 — (0,219 R Rapport à E s RÉAERTE 0,86 7 —10:89 r = Rapport Fo 3 1,17

2e 74 LA Peptones : très peu.

Acides gras : acide lactique assez abondant.

L'examen du liquide à jeun n'a pas été fait.

La réaction de Weber est positive,

. Comme le-malade ne veut pas entrer à l'hôpital, nous lui prescrivons un régime kéfirique et nous l’engageons à venir tous les deux jours pour se faire faire des injections de cacodylate. Le malade ne revint pas et nous l'avons complètement perdu de vue.

Mais nous verrons au chapitre du diagnostic que souventce noyau métastatique a été faussement interprété. Il en est ainsi dans les observations de Toyosumi, de Nuthall et Emmanuel ainsi que dans l'observation de Achard, Mouzon et Marchal que nous rapportons cidessous.

Obs. 10. — Linite plastique à foyers multiples :-Estomac, iléon, côlon, rectum (AcHarp, Mouzon et MarcHaL. Soc. Méd. des Hôpit., 8 juin 1923).

Mme Cost.…, 63 ans, entre le 8 février 1923 dars le service du Pr Achard. Cachexie avancée, maigreur extrême et contrastant avec un abdomen volumineux, où l’on constate la présence d'une ascite mobile avec veines dilatées sus et sous-ombilicales.

Signes fonctionnels : depuis plusieurs mois anorexie telle que la seule nourriture consiste en quelques gorgées de lait» de tisanes et de limonade. Diarrhée très fréquente.

Jambes légèrement ædématiées, pas d'épistaxis, rien aux poumons ni au cœur. Pas d'adénopathie inguinale ou susclaviculaire.

Ascite : liquide citrin, limpide, peu fibrineux, quelques lymphocytes et cellules endothéliales.

M Ve

Foie-et rate après ponction, rien de particulier.

Toucher rectal : änneau de striction régulièrement cireulaire, induré, situé à 5 ou 6 centimètres au-dessous de l'anus et s'opposant.à la’pénétration du doigt au dessus, le toucher n'est pas douloureux et le doigt ne ramène ni sang, ni ichor fétide.

Radioscopie et rectoscopie impossible en raison de la faiblesse de la malade.

Diagnostic vital : cancer du rectum avec propagation au péritoine. |

Mort le 27 février sans cachexie profonde et douleurs vives diffuses dans l'abdomen ayant nécessité de la morphine. 7

Autopsie : à l'ouverture du péritoine une dizaine de litres de liquide eitrin s'écoulent. La séreuse est recouverte par endroits de placards blanchâtres et durs.

Estomac petit rétracté, induré, adhérent aux plans profonds, surtout à l'endroit de la grande courbure et du pylore qu'il faut sculpter pour les isoler du tissu lardacé qu'englobe le pancréas. 5

L'intestin est le siège de lésions analogues. Dans la partie terminale de l’iléon sur plusieurs centimètres de long on observe des anneaux de striction et l'intestin est dur et infiltré. Il en est de même à l'angle hépatique du côlon. Enfin le rectum est infiltré, adhérent, difficile à isoler en arrière.

Il faut donc se rappeler les principes suivants :

Toutes les fois qu'on soupçonnera un cancer de l'estomac, la constatation par le toucher rectal ou la rectoscopie d’une infiltration rectale viendra confirmer ce diagnostic et faire penser à une linite cancéreuse de l'estomac avec métastases multiples au niveau de l’intestin. |

br.

Toutes les fois que l'examen du rectum montrera l'existence d’une infiltration de sa paroi sans ulcération de la muqueuse, sans bourgeonnement, on devra songer à une méiastase cancéreuse du rectum et chercher la tumeur primitive au niveau de l'estomac (Bensaude).

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