‹ La Linte Plastique Gastro-IntestinaleChapitre 29 sur 39 · EVOLUTION · texte numérisé non relu

EVOLUTION

Le pronostic de la linite gastro-intestinale est toujours fatal. Comme tout cancer diffusé, elle est actuellement au-dessus de nos ressources thérapeutiques tant médicales que chirurgicales. Mais si la mort en est toujours la terminaison, l’évolution dela maladie $e fait suivant des modalités extrêmement variées. Nous avons isolé assez schématiquement différentes formes cliniques. Mais habituellement au cours de l’évolution on assiste à une intrication de plusieurs de ces formes et c'est là ce qui rend impossible de donner de la linite gastro intestinale une descriplion générale.

C'est souvent l'apparition d’un symptôme tout à fait différent de ceux de la forme sous laquelle la linite a paru évoluer qui vient marquer l'aggravation du mal et traduire une complication qui va hâter la marche de la maladie.

Ainsi après une période plus ou moins longue de symptômes purement gastriques apparaissent des troubles intestinaux : constipation opiniâtre parfois entrecoupée de débâcles diarrhéiques et une crise d’occlusion vient terminer l’évolution de la maladie.

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L'occlusion est en effet le plus souvent l'accident terminal de la linite gastro-intestinale quelle que soit la forme sous laquelle elle évolue. Parfois elle survient chez un individu dont la maladie s’est progressivement aggravée : les troubles de l’état général s’accentuant de plus en plus pour aboutir à un état parfois squelettique du malade ; l’évolution a pu être entrecoupée de crises de subocclusion intestinale, des symptômes d'un ordre différent ont pu apparaître tel l’ascite, et le malade qui tombe-dans un marasme de plus en plus complet meurt au cours d’une crise d’occlusion intestinale. La durée

de l’évolution varie dans ces cas de quelques mois à une

année. à

Pourtant l’observation de Carrère montre une linite gastro-intestinale ayant mis près de deux ans à évoluer.

Obs. 12. — CARRÈRE. (Mém. Soc. roy. de Méd., Paris, 1779, p. 214). ‘ É -

Mme B.... de Lyon, âgée de 32 ou 33 ans, d’une constitution délicate en apparence, mais robuste, peu sujetie à être malade, quoique se plaignant continuellement de quelques légères incommodités avait éprouvé depuis plusieurs années trois ou quatre attaques de douleurs de coliques ; les dou- . leurs se firent sentir de nouveau au mois de juin 1777. Je la vis alors pour la première fois, je lui trouvai de la fièvre, une bouche pâteuse et amère, des vomissements de matières porracées, une douleur tantôt aiguë, tantôt obtuse, aux régions ombilicale et hypogastrique augmentant par la compression, un météorisme au bas ventre, une peau sèche et aride, une soif ardente : il n’y avait ni douleur, nisentiment de pesanteur à l'estomac. La saignée, l'émétique, les dé layants, les calmants, les cataplasmes émollients sur le bas-

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ventre opérèrent la guérison dans 15 jours. Depuis cette époque elle s’est plainte souvent d'un malaise à l'estomac, qu'elle ne pouvait cependant définir. Elle me fit appeler le 23 février 1779, je ne l’avais pas vue depuis 4 mois. Elle avait eu la fièvre 15 jours ou 3 Semaines avant, avec des vomissements, des douleurs à l'estomac et au bas-ventre et avait été purgée plusieurs fois par un chirurgien. Je la trouvai sans fièvre avec des vomissements très fréquents mais presque sans efforts, les matières qu’elle rendait étaient d'un jaune foncé, les déjections alvines très rares, très difficiles, en très petite quantité, le ventre météorisé, et ‘très douloureux, principalement vers Ja région hypogastrique droite et la région de l'estomac, tendue sans dureté. La douleur du bas-ventre augmentait par la compression, l’insomnie, la perte d’appétit, des agitations et des inquiétudes, l'amertume et la sécheresse de la bouche et la dureté du pouls accompagnaient cet état. |

Les vomissements devinrent insensiblement plus fréquents, les boissons n'avaient point le temps de parvenir à l'estomac ; elles étaient rejetées tout de suite comme naturellement et sans efforts, elles présentèrent, après quelques jours, une couleur brune mais sans odeur. La maigreur augmenta, les selles devinrent plus rares, liquides et presque de la même couleur que les matières rendues par le vomissement.

Le 2 mars, la fièvre se joignit à ces symptômes, elle fut très vive, le météorisme et les douleurs de membre augmentèrent, les douleurs devinrent aiguës et lancinantes, le pouls très dur, la peau sèche et brûlante ; le hoquet et l'envie fréquente et inutile d'uriner se joignirent à ces accidents et je présumais qu’une grande partie du canal intestinal était squirrheuse ; qu’il n’y avait aucun vice à l'estomac, princi: palement au pylore et je présumais que cette partie était absolument dans l'état naturel. Je me décidais encore pour une autre raison : les vomissements suivaient de trop près

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