‹ La Linte Plastique Gastro-IntestinaleChapitre 37 sur 39 · SE · texte numérisé non relu

SE

En certains points ces fibres subissent la dégénérescence hyaline et il existe de véritables zones qui ont subi entièrement cette transformation hyaline. En d’autres points on rencontre de gros trousseaux de fibres élastiques réunies en tourbillon : ce sont là des zones de sclérose élastigène. Ru

Dans ee feutrage de cellules conjonctives adultes il existe une infiltration de cellules embryonuaires : sous forme de petites cellules rondes d’aspect lymphoïdes. Parfois on rencontre également des cellules plasmatiques ou des cellules mononucléées à protoplasme très acidophile. Ces cellules se groupent en zones denses, mais qui ne revêtent que très rarement l'aspect nodulaire. D'autrefois elles se présentent réunies en traînées ; d'autrefois enfin elles sont essaimées sans aucun groupementau sein de la sclérose.

Au milieu de cet envahissement par le tissu de sclérose les artères sont constamment intactes. En particulier leur tunique élastique ne subit ni modification, ni altération. Par contre les veines sont fréquemment le siège de phlébite, qui revêtent [le type d’endophlébite à tendance oblitérante. En examinant plusieurs points d’une même préparation on assiste aux diverses étapes de la formation de cette endophlébite : d’abord bourgeonnement de l’endoveine, puis envahissement des Ta bourgeons par les éléments fibroblastiques, enfin transformation fibreuse de la lumière veineuse. En certains points on rencontre autour des veines une mince couronne de cellules Iymphoïdes.

= 129 — B. — Les cellules néoplasiques.

Ce sont là des cellules très atypiques. Petites, irrégulières, contractées autour d'un noyau hyperchromatique, elles ont été souvent confondues avec les cellules inflammatoires embryonnaires. Elles sont arrondies ou polyédriques. Leur noyau se présente pas de figures de caryocinèse. Masson a bien montré que ces cellules présentent presque toujours des enclaves de mucus. Les colorations par le muci-carmin mettent en évidence la présence de vacuoles remplies de mucus qui repoussent à la périphérie le noyau autour duquel vient se rassembler un croissant de protoplasme. L'aspect de la cellule devient alors très caractéristique : cellules en chaton de bague.

Si telle est la morphologie de l’élément néoplasique au niveau de l’estomac, on rencontre au niveau des métastases des éléments plus gros, cellules volumineuses arrondies oucubiques, parfois disposées en amas et en plasmodes multinucléés. Ces cellules se colorent également par le muci-carmin.

Le groupement des cellules, comme leur aspect, varie suivant les points examinés. Au niveau de l'estomac les cellules sont disséminées, rarement groupées en pseudo-acini et inégalement réparties dans le tissu fibreux. Au niveau des métastases elles constituent plus souvent des acinis creux, ou pleins, dans certains cas . même leur groupement peut prendre l’aspect d’un épithélioma glandulaire typique et certains auteurs, induits en erreur par cette différence histologique des lé-

MAYRARGUE 9

sions de l'intestin et de l'estomac ont pu décrire des cas de linite gastro-intestinale comme des cancers multiples primitifs dispersés en différents points du tractus digestif.

La distribution des éléments néoplasiques est très va-.

riable. Dans certaines zones l’examen le plus minutieux ne décèle aucune cellule cancéreuse ; il n’y a que du tissu scléreux. Dans d’autres, les cellules néoplasiques forment des coulées qui s’infiltrent dans l’interstice des

fibres collagènes. En d’autres points enfin l’infiltration

est beaucoup plus dense et les éléments néoplasiques prédominent sur les cellules conjonctives. ,

En aucun point il n’existe de cellules néoplasiques ayant envahi les artères qui sont toutes remarquablement respectées. En aucun point non plus il n’y a d’embolies veineuses. Par contre au contact des gros paquets vasculaires nous avons constaté des trainées de lymphangite néoplasique. Certains périnèvres sont également envahis par les cellules cancéreuses.

Au niveau du péritoine les lésions scléreuses et néoplasiques s'associent aussi et dans des proportions variables. Les cellules néoplasiques font totalement défaut dans certaines zones ; en d’autres, elles forment des amas denses et nodulaires.

Le revêtement endothélial du péritoine est partout conservé. Les amas nodulaires sont sous-endothéliaux. Les fibres élastiques sous-endothéliales sont. intactes. L’infiltration néoplasique s'étend en nappe de chaque côté de l’axe conjonctivo-vasculaire.

Au niveau des amas nodulaires les veines présentent

— tab —

les lésions d’endophlébites quenousavons décrites; mais on ne constate ni embolie veineuse, ni traces de lymphangite et les artères sont constamment respectées.

L’infiltration iymphoïde, l’abondance de fibroblastes, la riche vascularisation suggèrent la notion de péritonite chronique.

Les ganglions sont rarement envahis par la linite. Parfois même nous avons rencontré, entourés de toute part par les éléments scléro-néoplasiques, des gan-

glions simplement hyperplasiés.

Nous avons étudié particulièrement une coupe de l’appendice. Au milieu de la selérose et de l’infiltration néoplasique qui avaient envahi et dissocié les tuniques appendiculaires on retrouve trace de la musculature. La lumière est conservée maiselle n’est pluslimitée par la muqueuse quia disparu dans une infiltration dense à la fois lymphoïde et néoplasique. Il n’y a pas d’hypergenèse ni de néoformation des fibres élastiques.L’appendice est pris dans une nappe scléreuse et néoplasique qui rejoint la paroi cæcale. Celle-ci présente la même infiltration.

Une de nos coupes passait par la valvule iléo-cæcale. Eâ aussi il y avait une infiltration néoplasique dense

‘mais le revêtement muqueux était conservé et n'avait

perdu en aucun point de sa régularité.

Re

Page 1