OBSERVATION XIII
Lithiase biliaire; calculs de ta vésicule, du cystique, de l’hépatique et du cholédoque; opération de Kehr : cholécystectomie, héputicotomie, cholédocotomie avec drainage hépatique; guérison en 40 jours.
(BÉRARD et LAURENT, Lyon Médical, 1908, CX, p. 838.)
Femme de 35 ans, chez laquelle on ne trouve, comme antécédents, que deux crises de colique hépatique : la première, en 1905, la deuxième, en juillet 1907 avec ictère léger et poussées de cholécystite.
En août 1907, nouvelles coliques suivies de perte d'appétit et d’amaigrissement. 1
M. Bérard voit la malade en septembre, trouve encore une
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vésieule grosse et douloureuse, et il lui conseille de se mettre au repos, au régime lacté, au salicylate de soude, à l’eau de Vichy, et lui propose une intervention à froid, deux mois plus tard.
En novembre, la malade revient, d'autant plus volontiers que, maleré ces précautions, elle a souffert dans le foie et dans l'épaule droite. Elle entre à l'hôpital de la Croix-Rousse. On trouve alors : un foie un peu gros et sensible, une vésicuie rétractée, dure et douloureuse, une douleur nette, en dedans et au-dessous de la vésicule, dans la région du cholédoque.
Malgré l'absence de température, d’ictère et de décoloration des matières fécales, on fait des réserves en faveur d'un calcul du cholédoque, et l'opération est pratiquée le 14 déeembre 1907.
L'incision de Kehr conduit sur une vésicule épaisse, rétractée, avee quelques adhérences lâches, étendues, entre elle, le côlon et le duodénum. Les intestins protégés par une compresse, la vésicule est ouverte ; on en retire 54 calculs, de la grosseur d'un pois, bourrés dans la vésicule et dans le cystique. Avec un stylet boutonné, on reconnaît une sténose assez serrée du confluent cystico-hépatique. Après la section de cette sténose, la bile coule avec abondance et l’on peut introduire, dans l’hépatique distendu, l'index, sans aucune difficulté ; on y trouve encore deux gros calculs de la grosseur d'une noisette.
Pour finir, le cholédoque est exploré au doigt et à la sonde. Il renferme bien un calcul, encore assez mou, friable, du volume d'un pois, engagé en arrière du duodénum ; on l'extrait sans avoir à décoller le duodénum, par simple refoulement à travers la paroi du canal.
On termine par la résection de la vésicule et le drainage de l’hépatique.
Les suites opératoires ont été remarquablement simples, bien que l'écoulement de la bile, au-dehors, par le tube de Kehr, n'ait pas été considérable. Au deuxième jour, toutes les mèches du tamponnement sous-hépalique sont retirées. Le drain est enlevé au 20° jour.
Le 20 janvier, soit 40 jours après l'opération, la cicatrisation
est complète, et la malade ne présente plus aucun malaise, aucun trouble fonctionnel.