HISTORIQUE
Les premiers faits de calculs cholédociens n'ayant pas déterminé d'ictère, remontent à Cruveilhier, qui écrit, en 1852, dans son Traité d'Anatomie pathologique : « J'ai trouvé, chez des individus qui n'étaient nullement ictériques, le canal cholédoque, le canal hépatique, remplis par des calculs qui re gênaient nullement la circulation de Ia bile. » Mais il ne rapporte pas d'observations à l’appui; du moins, nous n’avens pu les trouver dans les ouvrages que nous avons consultés ; et les auteurs ne paraissent pas avoir été plus heureux que nous, car ils se bornent, les uns et les autres, à citer le « cas classique’ de Cruveilhier » sans pouvoir le reproduire.
Charcot (1874) étudie, après lui, la latence des calculs biliaires chez les vieillards et leur symptomatologie particulière à allure fréquente de fièvre intermittente hépatique, et pour Chauffard (1892), il existe un « grand nombre de faits où la lithiase reste latente, et ne se révèle qu'à l’autopsie, quel que fût le siège des calculs ». Sterne, de Nancy, dans sa thèse (1896), produit un travail important sur la lithiase biliaire dés vieillards, étudie ses formes latentes et frustes, en donne la pathogénie, mais les obstructions cholédociennes sont laissées de
côté ou à peine envisagées. Il cite, cependant, d’après Mossé, un cas de caleul cholédocien ayant déterminé une mort brusque sans autre symptôme préalable.
Puis viennent les observations de Griffon (1896), de Widal et Griffon, de Léon Bernard, le travail de Vautrin dans la Revue de Chirurgie, sur l’obstruction calculeuse du cholédoque, et la thèse de Couturier (1896) qui étudie, à la lumière des observations précitées, les formes latentes ou frustes anictériques de la lithiase cholédocienne.
Depuis, les auteurs qui décrivent la symptomatologie de la lithiase du cholédoque n'oublient pas de répéter que l’ictère, symptôme variable et intermittent, peut même manquer complètement. Gilbert et Fournier (1898), Schwartz (1901), Leclerc (1903), Français (1906), J.-L. Faure et Labey (1910), Villard et Perrin (1913), insistent sur ce fait. À ce point de vue, nous ne retiendrons pas l’étude que Sanchez a faite, dans sa thèse de 1898, sur les calculs du cholédoque, bien qu'il écrive que Hanot et Duret ont signalé des cas sans ictère (1). En réalité, les recherches que nous avons pu faire à ce sujet, nous ont montré qu'il ne s'agissait pas de lithiase cholédocienne, ni dans le cas de Hanot, ni dans ceux de Duret. L'observation de Hanot a trait à une obstruction d’origine cicatricielle, et celles de Duret sont toutes des cas purs de lithiase vésiculaire.
Cependant, peu à peu, au cours des années, la littéra-
(4) HanorT. La bile incolore, acholie pigmentaire. Semaine médicale, 1895, p. 197-199. — C. R. de la Soc. de Biol., Oblitération du canal cholédoque, absence d'ictère, 1881. — Durer, Congrès de Chirurgie, 1897.