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ture médicale s'enrichit d'observations et de faits nouveaux que publient les chirurgiens, et qui oecasionnent chaque fois, dans les sociétés médicales, de longues et fructueuses discussions.
C'est, en 1902, le cas, observé par M. Tuffier, d’oblitération calculeuse complète du cholédoque, avec décoloration des matières, sans ictère. En 1905, c’est l’observation que M. Savy présente, au nom de M. Bérard, à la Société des Sciences médicales de Lyon, ayant trait à une lithiase ancienne du cholédoque, méconnue pendant de longues années, à cause des accès de fièvre intermittente pseudo-paludéenne qu'elle à provoqués. En 1906, MM. Gayet et Adler découvrent à l’autopsie d’une femme morte d'uncancer du pylore, une obstruction calculeuse latente du cholédoque, et, la même année, MM. Collet et Ballivet publient un cas de lithiase du cholédoque et perforation de la vésicule biliaire sans signes cliniques. En 1908, MM. Bérard et Laurent rapportent un fait de lithiase biliaire totale, sans ictère chronique, et MM. Tixier et Mouriquand insistent à nouveau sur l'importance des cas frustes d’obstruction lithiasique des voies biliaires principales. M. Villard, en 1909, a l’occasion de rappeler à la Société de Médecine de Lyon que les calculs du cholédoque restent longtemps latents, que lithiase cholédocienne et obstruction cholédocienne sont deux choses différentes, puisqu'il a pu rencontrer, au cours d'exploration des voies biliaires, des calculs du cholédoque qui ne s'étaient encore manifestés par aucun symptôme, et qu'il a opéré trois malades qui n’avaient jamais présenté d'ictère. A propos de cette communication, M. Josserand signale qu’il à vu, lui aussi,
des calculs du cholédoque sans ictère, et M. Durant souligne l'intérêt de cette forme latente de lithiase qu'il importe de bien connaître pour savoir la dépister à temps et la guérir. La même année, ont été publiées l'observation typique de M. Goullioud, de lithiase du cholédoque sans ictère, celle de Dévé, dans laquelle une obstruction considérable du cholédoque et de l’hépatique, ayant déterminé tout d’abord un ictère intense, a été impuissante à maintenir l'arrêt complet de la bile, et n’a pas empêché la jaunisse de disparaître totalement pour ne plus revenir.
En 1911, Lafon, dans sa thèse sur la lithiase biliaire des vieillards, reproduit en partie les idées de Charcot et de Sterne, apportent des faits nouveaux de calculs biliaires latents; mais les formes cholédociennes de l’affection lui paraissent rares, et il ne cite qu'une observation de Durand-Fardel, dans laquelle les calculs du cholédoque ont pu exister sans provoquer d’ictère.
En 1913, notre maître, M. Bouchut, a l’occasion d’examiner et de soigner une femme atteinte de troubles gastralgiques qui n’a eu, dans sa vie passée, qu'un ou deux épisodes ictériques très fugaces, à l’autopsie de laquelle il découvre cependant de gros calculs cholédociens. A la fin de la même année, paraît dans le Lyon Médical, la belle étude de MM. Villard et Perrin sur la lithiase du cholédoque, d’après 40 observations personnelles, dont une est un exemple de la forme anictérique de la maladie. Enfin, de 1916 à 1919, le professeur Villard opère trois malades chez lesquels l'ictère a manqué, malgré l’obstruction du cholédoque; le docteur Santy observe lui aussi, et traite chirurgicalement un cas semblable, et,
tout récemment, le professeur Bérard, croyant intervenir pour une appendicite suppurée rétro-cœcale, trouve fortuitement une lithiase généralisée des voies biliaires, jusques et y compris le cholédoque.
De ce qui précède, il résulte qu’en France cette question de lithiase cholédocienne fruste anictérique est largement connue. Les étrangers ne l’ignorent pas davantage.
Pour Naunyn, si l'ictère est un bon signe d'obstruction du cholédoque, il arrive qu'il peut manquer, sans que son absence permette d'écarter forcément la possibilité d'un caleul cholédocien, car celui-ci peut rester longtemps dans le cholédoque sans qu'il y ait d'ictère. Riedel, Richardson, ont cité des faits analogues. Pour Mayo Robson, la jaunisse, dans la lithiase du cholédoque, est un symptôme très variable. Dans quelques cas, elle est si légère qu’elle est à peine perceptible. Elle peut même faire défaut totalement, comme le prouve la 466° observation de sa statistique annexée à son « Précis des maladies de la vésicule et des conduits biliaires (1904).
Il ressort de ce court aperçu historique que les médecins et chirurgiens qui se sont occupés des obstructions biliaires savent bien, depuis longtemps, que la présence de calculs dans la voie d’excrétion principale de la bile, n’entraîne pas forcément l’ictère par rétention. Celui-ci est considéré trop souvent, et à tort, comme la seule manifestation clinique de ja lithiase cholédocienne (Villard, Savy); et pour nombre d'esprits peu avertis, ictère et calcul cholédocien sont si bien liés ensemble qu'ils ne pensent pas ou ne croient pas devoir porter le diagnostic de l’un sans l’autre. C’est là, on le conçoit, une façon trop