I. CHAUFFARD. — lithiase biliairi
Fig". i. — Coupe à congélation de la muqueuse vésiculaire. [Coloration au Soudan III).
a) Villosiiés normales, b) Villosité distendue par un dépôt sous-épithêlial de substance lipoïde colorée en jaune par le Soudan III (en noir sur la photographie).
Fii
- Dessin de la même villosité hypertrophiée pourvue
d'un mince pédicule, a) Cellules sous-épilhéliales gorgées de lipoïdes.
Cette planche, ainsi que la suivante, est empruntée au .Mémoire de MM. Goostrr. G. Lolivy et Magrou : sur le mode de formation des calculs biliaires de cholesterine. — Bulletin de la. Société de Chirurgie de Paris, 14 Décembre 1921, p. r3qi, n" 33.
.1. CHAUFFARD. — lithiase biliaire.
Fig. i. — Coupe à congélation d'un grain de cholestérine plus volumineux.
Villosité à revêtement épilhélial normal (a), distendue par les lipoïdes colorés en
jaune par le Soudan (b).
Le pédicule est rompu à sa base et le grain est presque libre dans la cavité
vésiculaire.
Fig. 2. — Même grain que figure i, vu à un plus fort grossissemenl. . - [P- 6o"J
capables de brûler avec une flamme éclairante. Aucune autre concrétion de l'organisme ne se montre sous cet aspect, il est typique, n'appartient qu'aux calculs biliaires et est leur apanage presque constant, réserves faites pour les calculs hémolytiques qui, comme nous le verrons, diffèrent entièrement des autres.
Examinons maintenant quelques types de calculs biliaires.
Voici un calcul purement cholestérinique trouvé à l'autopsie d'une vieille femme, que je dois à l'obligeance de mon collègue et ami, le Dr Troisier, et qui nous donne un spécimen tout à fait accompli du calcul cholestérinique radiaire d'Aschoff et Bacmeister. Il est oblong, gros comme une petite noix, légèrement grenu à sa surface, sa coloration est d'un blanc d'ivoire depuis la périphérie jusqu'au centre, et par sa transparence il ressemble à une grosse boule de gomme. C'est là un très beau type de calcul aseptique développé dans une vésicule de stase. (PI. II, p. 60, fig. 1.)
De formation toujours très lente, ces concrétions cholestériniques peuvent évoluer non seulement dans la cavité vésiculaire, mais même dans l'épaisseur de ses parois au niveau des invaginations décrites à tort sous le nom de canaux de Luschka : ce sont des calculs intramuraux décrits et figurés par Aschoffet Bacmeister. (PI. III, p. 80.)
Souvent ces calculs solitaires et aseptiques n'ont pas d'histoire clinique. Pendant de longues années ils évoluent silencieusement et ce sont eux que l'on a si souvent l'occasion de trouver à l'autopsie des vieilles femmes de la Salpêtrière. Mais ne nous fions pas à cette fréquente innocuité, nous verrons plus tard qu'ils peuvent donner lieu à de
graves accidents soit par infection biliaire surajoutée, soit par fistule cystico-duodénale et migration intestinale.
Dans d'autres cas très nombreux, autour du noyau cholestérinique primitif, se déposent par le fait de l'infection des couches stratifiées pigmentaires ou calciques. Sur une coupe du calcul, on peut dire que toute l'histoire clinique de celui-ci se trouve inscrite : no}rau cholestérinique et aseptique ou au contraire noyau pigmentaire et infecté, zones progressives d'accroissement correspondant aux poussées infectieuses et se déposant souvent aux deux extrémités du calcul, à ses pôles pour ainsi dire, ou surtout à son extrémité centripète comme dans ce que j'ai appelé la thrombose cholédocienne , très analogue au processus des thromboses veineuses.
Ces variétés de composition chimique nous expliquent l'aspect si polymorphe des calculs biliaires ainsi que les colorations si variées et si belles parfois que montrent leurs coupes avec leurs aspects de marbre, d'agate ou de matièresfdures. (PI. II, p. 60, fig. 3, 4, 5, 6, 7.)
Plus les cholélithes se chargent de chaux ou de pigments, plus ils deviennent lourds et consistants, cessent de flotter, ne brûlent plus qu'incomplètement, sans flamme éclairante, et laissent après combustion une cendre minérale et calcique.
Ces calculs mixtes sont toujours infectés et s'opposent aussi bien en pathologie qu'en anatomie pathologique aux calculs cholestériniques aseptiques.
Au point de vue de \ems formes les calculs biliaires peuvent se ranger en trois groupes :
Les calculs solitaires ou peu nombreux qui se moulent sur la cavité qui les contient, calculs ovoïdes de la vésicule,
A. CHACFFARD.
LITHIASE BILIAIRE.