PI III
Figure i
Vésicule bourrée de calculs à facettes. Grandeur nature.
Figure 2
Radiographie de la même vésicule non incisée.
(Cliché du Docteur Roxneaux)
calculs plus ou moins cylindriques ou en bout de cigare du cholédoque, calculs ramifiés des canaux intra-hépatiques.
Dans une autre variété, très commune et de grande importance clinique, les calculs sont à facettes, plus ou moins pyramidaux ou cubiques, et ressemblent un peu par leur volume et leur forme à des grains de maïs ou de grenade. Toujours très nombreux et se comptant parfois par milliers, ces calculs correspondent probablement à un processus spécial de concrétion intra-muqueuse primitive, avec libération secondaire dans la cavité vésiculaire et présentent dans leur histoire clinique des particularités sur lesquelles nous aurons à revenir1.
Quand ces calculs multiples, et d'abord sphéroïdaux, sont arrivés à leur complet développement, ils s'emboîtent entre eux, s' articulent, pour ainsi dire, par leurs surfaces de contact, et remplissent la cavité vésiculaire qui se moule sur eux et dont la face interne en garde l'empreinte. (PI. III, fi g. i et 2, p. 62.)
Plus rarement on peut saisir les débuts de cette évolution, comme sur une curieuse pièce opératoire que j'ai fait reproduire. (PI. IV, p. 64, fig. 1.) La vésicule, déjà épaissie et enflammée, n'était pas sous tension et restait encore flasque ; elle contenait un magma épais, d'aspect mucoïde, qui englobait une multitude de petits calculs en miniature, grenus, demi-transparents et teintés par la bile, ayant le volume de grains de plomb de différents calibres. Quelquesuns, plus avancés dans leur développement, présentaient déjà l'aspect polyédrique typique. Nul doute que ce fût là
1. Dans un cas de A. Schackrev 14000 calculs ont pu être dénombrés. Cela semble le chiffre le plus élevé actuellement publié.
G 4 LA LITHIASE BILIAIRE.
le degré initial d'un processus qui, avec le temps, aurait abouti à une vésicule bourrée de calculs à facettes.
Enfin, les calculs plus ou moins irréguliers ou globuleux, peu nombreux en général, et que l'on peut exceptionnellement voir s'éliminer £><2r l'intestin.
Signalons, à titre d'exception, les lithiases d'origine vermineuse, où cholestérine, pigments et sels de chaux se conglomèrent autour de débris ou d'œufs d'ascaris. Les faits de ce genre, rares en Europe, ont été assez fréquemment observés en Indo-Chine et au Japon. De même, chez les bovidés, la distomatose biliaire est assez souvent le point de départ d'une lithiase secondaire.
Cette lithiase des bovidés, de nature franchement inflammatoire, a du reste des caractères très particuliers. Elle se développe dans les canaux biliaires plutôt que dans la vésicule, et prend un aspect lamellaire, foliacé. D'après une analyse que j'en ai fait faire par Grigaut, il a été trouvé 58 pour ioo de matière organique et 42 pour 100 de matière minérale. La matière organique est essentiellement formée d'albumines constituées surtout par de la mucine. Traces de cholestérine 1 gr. 5o pour 1000, et traces de pigments biliaires. La matière minérale est du phosphate de chaux avec traces de magnésie et de fer.
Enfin n'oublions pas que des ente'rolithes, parfois volumineux, peuvent être rejetés par voie fécale et confondus avec des calculs biliaires. Un des plus beaux cas de ce genre a été relaté par R. Glénard et à Grigaut'. Le calcul, gros comme une petite noix, était homogène sur la coupe,
r. R. Glénaud et A. Grigaut. Concrétions intestinales en imposant pour des calculs biliaires, chez un malade atteint de coliques hépatiques. Bull, de la Soc. de Biol., 1914, p. 727.
A. CHAUFFARD. — lithiase biliaire.