‹ La lithiase biliaireChapitre 17 sur 62 · III. Calculs intra-pariétaux · texte numérisé non relu

III. Calculs intra-pariétaux

Enchâssés dans de petites logettes creusées dans la paroi épaissie de la vésicule.

Tout ce qui précède s'applique surtout à la cholélithiase des races blanches et peut-être faut-il admettre une variabilité plus ou moins profonde du processus si l'on se reporte à des races différentes et en particulier à la race jaune.

Rien n'est plus curieux à cet égard que le travail récent consacré par Miyaké ' à la lithiase biliaire chez les Japonais.

D'après sa statistique, très étendue, et portant sur 8 406 autopsies de Japonais, la lithiase biliaire est au Japon beaucoup moins fréquente qu'en Europe, et la différence est d'au moins 5o pour 100.

Au Japon, comme dans nos races, la prédominance de la maladie chez les femmes est manifeste, mais cependant à un moindre degré. Le pourcentage est chez les hommes de 2,5 pour 100; et chez les femmes de 3, 98 pour 100. Cette proportion est évidemment plus faible que celle qui est donnée par toutes nos statistiques, et nous avons vu que pour les races européennes la moyenne est environ de 70 pour 100 chez la femme et 3o pour 100 chez l'homme.

Si la Japonaise devient moins souvent cholélithiasique

1. H. Miyaké. Archiv.fùr Klinische Chirurgie, iqi3. Bf. CI. HI.

que l'Européenne, c'est probablement, d'après Miyaké, parce qu'elle ne porte pas de corset.

Mais en outre, la lithiase japonaise n'est pas moins différente par ses caractères chimiques : les calculs de cholestérine pure ou à prédominance cholestérinique sont relativement rares, tandis que les calculs pigment air -es représentent plus de 5o pour ioo sur 257 autopsies relevées.

Pour expliquer cette différence de composition chimique, deux causes semblent devoir être invoquées : le Japonais présente avec une particulière fréquence le parasitisme intestinal par les ascarides ou par les distomes. Or, nous savons qu'assez souvent ces parasites intestinaux sont cause d'infection biliaire. Le Japonais serait, par cela même, plus exposé que l'Européen aux calculs infectés mixtes ou pigmentaires.

Mais, de plus, par son régime, il se trouverait également dans des conditions très spéciales. Le Japonais mange peu ou pas de viande et ne se nourrit guère que de végétaux, en particulier de riz et de poisson. Sa bile paraît de composition différente de celle de l'Européen, et très pauvre en cholestérine ainsi qu'en sels biliaires. Ainsi peut-on comprendre que la lithiase du Japonais soit d'un type si spécial et qui se rapproche de très près du type bovin.

On voit donc quels enseignements également précieux pour la pathogénie et pour la clinique donne l'étude des cholélithes. Leur examen comparatif nous montre comme en raccourci toute la pathogénie de la lithiase biliaire. Elle nous fait remonter de la chimie à la ph\<siologie pathologique, de la précipitation biliaire à l'activité sécrétoire de la cellule hépatique. Nous pouvons ainsi essayer de définir par l'étude directe des cholélithes les rôles respectifs de

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l'infection, de la stase et de l'équilibre colloïdal biliaire. L'ensemble de ces notions pathogéniques et l'étude des cholélithes forment un tout nécessaire à connaître pour qui veut aborder fructueusement l'étude clinique de la cholélithiase.

A cette histoire biochimique des cholélithes, peut-être faudra-t-il ajouter un chapitre nouveau qui serait bien intéressant au point de vue de la pathologie générale, la radioactivité des calculs biliaires.

D'après Lazarus Barlow1 les cholélithes sont radioactifs ; mais à des degrés très variables ; activité très faible ou nulle dans les cas de lithiase non compliquée, activité forte quand la vésicule lithiasique a subi la dégénérescence cancéreuse ; quand le cancer siège ailleurs que dans la vésicule, la charge en radium est faible.

Des origines de cette radio-activité nous ne savons rien, mais les dosages de Lazarus Barlow semblent la mettre en évidence. Sous l'action longtemps prolongée de ces doses minimes de radium pourrait naître sur place, dans l'épithélium vésiculaire, une race nouvelle de cellules à division anormalement rapide, et conduisant ainsi à la néoplasie cancéreuse. Ce serait là une bien intéressante explication de ce fait clinique indéniable, et sur lequel nous aurons à revenir, l'origine lithiasique de la plupart des cancers vésiculaires. Mais le fait demande à être vérifié par des recherches de contrôle.

i. W. J. Lazarus Barlow. Critical review of the cancer problem. Médical Science, novembre 1920, et Radium in gall stones. Arch. of the Middlesex Hospital, 1912, 27, 108 — igi3, 3o, 87.

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