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LES REACTIONS VESICULAIRES LA COLIQUE HÉPATIQUE

Maintenant que nous connaissons la cholélithiase dans ses origines cliniques et pathogéniques, que nous avons étudié les caractères physiques et chimiques des calculs biliaires, il nous faut situer dans l'organisme ces calculs, voir quelles réactions symptomatiques et lésionnelles suscitent leur séjour ou leurs migrations. Et ainsi d'abord se pose la question des réactions vésiculaires dans la cholélithiase.

Ces réactions sont-elles constantes, ou existe-t-il, à proprement parler, des lithiases latentes? Il est classique de parler de la lithiase biliaire latente des vieillards, de citer la fréquence des calculs insoupçonnés trouvés dans les autopsies des vieilles femmes de la Salpêtrière. Mais, en réalité, que savons-nous le plus souvent des antécédents cliniques de ces vieillards? Bien peu de chose, tout au plus qu'il n'y a pas eu dans leur passé de coliques hépatiques franches, et peut-être cela ne nous donne-t-il pas le droit de conclure à la latence antérieure réelle de la maladie.

Des réserves doivent d'autant plus être faites sur ce point qu'il est souvent difficile de préciser où commence

l'histoire clinique de laçholélithiase, et cependant la question a été posée dans ces dernières années au point de vue des indications chirurgicales, notamment par les chirurgiens anglais.

D'après Moynihan, un diagnostic précoce de la cholélithiase est possible, avant l'apparition des coliques hépatiques franches ou à forme gastralgique, et voici d'après quels caractères cliniques. Les « symptômes inauguraux » sont surtout d'ordre digestif : sensation de plénitude et de poids à l'épigastre, d'oppression survenant demi-heure à trois quarts d'heure après les repas; flatulences et éructations (probablement, nous le verrons, par aérophagie associée); vomissements qui font cesser les différents troubles; intolérance pour certains aliments, notamment les fromages fermentes, les graisses et les œufs; pendant ces périodes de malaises, attitude penchée en avant, et tendance à la flexion de la cuisse droite sur le bassin ; difficulté à respirer à fond, et souvent, dans les efforts respiratoires, douleurs profondes sous le rebord costal droit; enfin, pendant les périodes d'indigestion, petits frissons et sensation de chair de poule.

Moynihan conclut que ces symptômes sont suffisants pour établir le diagnostic, et même pour légitimer une intervention précoce qu'il a souvent pratiquée en pareil cas.

Sur ce dernier point je fais toutes réserves, mais je reconnais que les symptômes prémonitoires se retrouvent très habituellement dans l'histoire des malades quand ceux-ci sont interrogés et examinés avec méthode et précision. Il en va sur ce point comme sur bien d'autres, pour la colique hépatique comme pour la crise d'appen-

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