‹ La lithographie originale en couleursChapitre 6 sur 23 · ROUSSEL (K.-X · texte numérisé non relu

ROUSSEL (K.-X

Trois artistes qu’il faut joindre aux précédents comme ils l’ont fait dans mainte exposition tentée côte à côte.

Vuillard est un esprit finement et solidement doué tout ensemble. Peintre dans l’essentielle acception du mot, il est doublé d’une extrême sensibilité. Il le prouve aussi bien dans ses essais mats sur carton, que dans ses récents tableaux à l’huile plus transparents. Un sens d’artiste très juste lui fait apprécier vite sa matière, ce qu’on doit et ce qu’on peut en tirer. C’est ainsi que dans l’estampe lithographique, après quelques tâtonnements de début il est arrivé à des résultats caractéristiques comme ces deux pièces faites pour les albums de Vollard. Des linéations emmêlées ou parallèles, certaines silhouettes nettes de tournure, des taches joliment colorées et opposées avec équilibre, procurent aux estampes de Vuillard, en même temps qu’un cachet qui leur est propre, une valeur d’art qui les met dans un ordre technique différent en équivalence de ses œuvres peintes.

Maurice Denis, dans ses premières lithographies en couleurs, semble n’avoir recherché d’abord qu’une rapide et délassante échappée à sa peinture. Il y a non fac-similé, mais traduction en une gamme différente plus atténuée de certaines de ses toiles : ainsi les Pèlerins d'Emmaïis. Cette pièce et une autre : Jeune fille à sa toilelle, sont malheureusement d’un tirage qui a trahi l’artiste. La peinture de Maurice Denis, visant principalement à la décoration avec son modelé peu apparent , le souci des accords larges en tons quasi

plais, semble plus que toute autre propice à favoriser une conception rationnelle de l’estampe. Dans le dernier album de Vollard, il y a un effort plus particulier de l’artiste vers l’appropriation de la pierre. On doit mentionner de lui une illustration délicate , de teintes très sobres, de lignes élégantes, pour le Voyage dUrien (1). Les qualités de Maurice Denis au point de vue décoratif, son vouloir d’artiste, sa progression intellectuelle et de métier en peinture, font bien augurer de lui pour un procédé où il semble très apte à s’exprimer.

De K.-X. Roussel, une simple lithographie en couleur — Paysage. Malgré quelques hésitations, il y a une réelle compréhension de l’estampe, — on vérifie un sens délicat des tonalités, une façon claire et très personnelle de se servir d’une gamme franche par petites touches où se mêle le blanc du papier, donnant une grande lumière. Ce n’est qu’un débutant dans l’ordre qui nous occupe, mais il y travaille beaucoup en ce moment. Donc un artiste qu’il faut retenir et duquel certainement nous aurons à voir par la suite d’intéressantes œuvres.

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