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ment brillantes, futprofesssur d'histoire à Oxford de i858 à 1866, et partit aux Etats-Unis, en 1868, pour de nombreuses tournées de conférences. Au Canada, il dirigea le Canadian Monthly, de 1873 à 1874, fonda The WeekeX The Bystander, s'efTorçant de créer un mouvement intellectuel libre de toutes les attaches religieuses et cléricales. Sans être socialiste, il professe en politique et en philosophie des opinions avancées ; il a rompu avec le christianisme, préconisant la liberté la plus étendue pour la pensée. On ne peut ici énumérer tous ses ouvrages: critique et histoire littéraire, droit civil et politique, études philosophiques et historiques, conférences, essais, brochures de polémique, relations de voyage, guides, recueils de vers même témoignent de ses dons versatiles. Depuis trente ans, il a naturellement beaucoup écrit sur son pays d adoption, et nous nous bornerons à indiquer deux livres : The Political Destinjy of Canada et Canada and ihe Canadian Question, dans lesquels il soutient que, géographiquement et commercialement, le Canada tend à s'incorporer aux Etats-Unis.
L'histoire constitutionnelle et parlementaire du Dominion a trouvé un commentateur sagace en SIR JOHN GEORGE BouRiNOT, qui cst né à Sydney, Nouvelle-Ecosse, en 1837 . On a de lui aussi un livre sur Cape-Breton, une histoire du Canada sous la domination britannique, et deux fort remarquables essais, l'un sur The Intellectaal Development ofthe Canadian People (1880'), et
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l'autre intitulé : Canada's Intellectaal Strengih and Weakness (iSgS).
A côté de ces traités généraux, il est une série de travaux particuliers dus à james hannay, qui depuis cinq ans occupe un poste officiel à Fredericton, auprès du Parlement Provincial de New- Brunswick. Né à Richibucto, le 22 avril 1842, il fit ses études au Canada et en Ecosse. Quelque temps magistrat, il alla à Montréal, à Brooklyn et en diverses villes diriger d'importants journaux. On lui doit, entre autres ouvrages : une History ofAcadia (1879); The Storr of the 1 04^ Régiment (1882) ; The Storjy of the Queens Rangers in American Reçolntion (1898) ; The History of the Lojyalists (1893) ; Life and Times of Sir Léonard Tillejy {lè^f) ; The History ofthe War of 1812; New Brunswick, its Resources and Adçantages (1902); History of New Brunswick (1904). Chacun de ces volumes contient de précieuses informations sur les sujets que l'auteur traite. Mr James Hannay a en outre publié, dans des magazines, un bon nombre de nouvelles et de poèmes.
Le Révérend george brycb, professeur de Biologie et de Géologie à l'Université de Manitoba, apporte aussi sa part d'érudition à l'histoire de son pays. Gomme la plupart des personnages éminents du Canada, il est d'origine écossaisCj'^t naquit le 22 avril 1844 a Mount Pleasant, Brantfort, Ontario . Il organisa l'instruction publique à Winnipeg et fat l'un des plus actifs fondateurs
— Sade lUniversité de Manitoba. Parmi ses publications nous citerons : Manitoba : Infancy-y Brogrress, nnd Présent Condition (1882) ; A Short History of the Canadian People (1887) ; The RemarkableHistorroftheHadson'sBajr Convpany (1900), et une série de monographies sur les Màkers of Canada (igoS).
Mr ARTHUR DouoHTY, «Dominion Archivist », est né en Angleterre dans le Berkshire, et n'arriva qu'en 1886 au Canada, où il a occupé successivement les postes de secrétaire particulier du ministre des Travaux publics, de trésorier de la province de Montréal, de bibliothécaire de la Législature de Québec. Son nom s'impose ici à cause des six volumes qu'il publia en 1901 et 190a sur The Siège of Québec and the Battle of the Plains of Abraham et qu'il fit suivre, en 1903 de Québec under Two Flags, et en 1904, de The Fortress 6f Québec, ouvrages qui sont de très importantes contributions à l'histoire du Canada.
Un jeune historien, Mr h. p. biggar, qui commença ses études à Oxford et les acheva à l'Ecole des Chartes, de Paris, se livre dans les Archives canadiennes à de fructueuses recherches. En 1901, il a publié à Toronto, The Early Trading Companies of Nouçelle France, et, en 1908, il donnait à la Reçue Hispanique de M. R. Fouché- Dçlbosc, une remarquable-étude sur Thé Voyages ofthe Cabots and ofthe Corte-Reals to North America and Greenland; ces travaux placent le
jeane savant au rang de ses meilleurs confrères et permettent d'espérer que les ouvrages qu'il projette sur les origines de la colonie feront connaître enfin une période fort peu étudiée jusqu'ici.
C'est depuis 187a, après qu'il fut fixé au Canada où il enseigne la philosophie à l'Université de Kingston, que le professeur john watson a écrit sa longue série d'ouvrages sur les philosophes allemands, sur Auguste Comte, Stuart Mill, Herbert Spencer, sur l'idéalisme chrétien dans ses rapports avec l'idéalisme grec et judaïque et avec la philosophie moderne, etc. ; aussi le Canada peut-il le réclamer comme l'un des esprits qui l'illustrent.
Bien d'autres encore mériteraient une mention dans cet article : Robert Christie, G. -M. Adam, J.-C. Dent, Sir J.-M. Dawson et son fils le D' G.-M. Dawson ; Sir William Logan, l'éminent géologue, Sir Daniel Wilson, qui professa l'Histoire et la littérature à Toronto ; il ne faut pas oublier néanmoins que sir john murray, le savant géographe et océanographe, qui prit une part importante à diverses campagnes d'explorations sous-marines, en particulier celle du Chattengery est né le 3 mars i84i# à Coburg, province d'Ontario^
Un des penseurs les plus originaux de notre époque, le n' john beattie grozier, dont le nom est familier aux lecteurs de la Fortnigthlr Reçiew, naquit à Galt, dans l'Ontario^ en 1849*
Trois importants ouvrages, originaux et pleins d'idées, l'ont rendu célèbre. Le premier : The Religion of the Future parât en 1880, le second : Cis^ilisation and Progress, suivit en i885; le troisième (1897) est le premier tome d'une Histoi y of Intellectual Development on the Lines of Modem Eçolution. Outre des études sur Lord Randolph Churchill et sur la démocratie anglaise, il a publié, en 1898, sous le titre de ify Inner Life, ce qu'il appelle « un chapitre d'évolution personnelle et d'autobiographie ». Bien qu'il exerce la médecine à Londres depuis 1872, les Canadiens ne manquent jamais de le compter comme un des leurs.
Enfîn l'historiographe officiel des colonies du Sud-Afrique est un Canadien du New-Brunswick, d'origine écossaise. Né en 1887, à Saint-John, GEORGE MGCALL THEAL arriva très jcunc au Cap ; journaliste, il remplit à diverses reprises, pour le compte du gouvernement, de délicates et périlleuses missions auprès des tribus indigènes.
Bientôt, il fut une autorité sur le folklore de ces régions, tout en parvenant au poste de Conservateur des Archives de la colonie. Il entreprit alors une Historjy of South Africa sur des bases qui font de cette publication la rivale des entreprises similaires en Europe. Depuis trente ans, l'infatigable archiviste poursuit ses recherches, faisant paraître des parties de son ouvrage à des intervalles parfois bien éloignés. Tandis que, par exemple, son History of South Africa
from i486 to i6gi date de 1888, c'est en 190^ seulement que voyait le jour un nouveau volume : The Beginning of South African Histoîy, comportant une série de documents nouveaux relatifs à la période couverte par le précédent. A ces travaux, il convient d'ajouter un recueil de documents sur le folklore cafre, quelques traités historiques sur la colonie, des Genealogical Régis* ter s concernant des familles de la colonie et une quinzaine de volumes de South African Records.
Ce rapide aperçu nous permet à présent de constater que le mouvement littéraire anglo-canadien est encore d'un caractère indécis et confus. L'influence de la mère-patrie se fait sentir de façon trop directe au Dominion : langue et culture identiques, similitude de coutumes et d'institutions, ailinités et ressemblances multiples sont autant d'obstacles qui s'opposent à ce que le Canada Britannique produise une littérature foncièrement originale. La poésie et le roman reflètent ce qui se fait en Angleterre et c'est seulement sur des points secondaires qu'il est possible d'observer des diflerences.
Mais cette immense contrée n'est encore qu'à l'aube de son développement, et c'est au fur et à mesure de ce développement indépendant que se formeront les différences et les contrastes qui fourniront à la littérature canadienne le moyen de se distinguer de la production anglaise paj
— Sodés caractéristiques spéciales. Cette différenciation s'opère déjà aux Etats-Unis et Ton peut prévoir le jour où la littérature anglo-saxonne se scindera en des branclies bien distinctes.
On aura pu remarq[uer aussi que la plupart des écrivains que nous venons si sommairement d'énumérer sont plus ou moins directement d'origine écossaise ou irlandaise» et, bien que ces auteurs soient depuis longtemps britannisés, il est certain que l'élément celtique domine dans le mouvement intellectuel canadien, et peut lui imposer un caractère particulier. Mais la question se pose de savoir s'il aura le temps d'acquérir une vitalité suffisante avant que n'agissent les forces politiques et économiques, qui, selon le professeur Goldwin Smith, amèneront l'absorption du Canada par les Etats-Unis et confondraient alors en un seul ces deux mouvements parallèles. Il est peu probable que cette fusion soit combattue par les auteurs canadiens qui, dans ce nouvel état de choses, s'adresseraient à un public infiniment plus nombreux et y trouveraient des avantages intellectuels et matériels grandement préférables.