‹ La littérature au Canada en 1890Chapitre 9 sur 17 · PROSPECTUS · texte numérisé non relu

PROSPECTUS

" Les fêtes célébrés à Québec en juin dernier, sous les auspices de la Société St-Jean- Baptiste de cette ville, ont laissé dans la mé-

moire do ceux qui en ont été les témoins des souvenirs qui ne s'effaceront jamais. Quand on songe à l'enthousiasme indescriptible qui a marqué chacune des heures de ces magnifiques journées, quand on se rappelle le caractère imposant, la splendeur inusitée des fêtes, et par dessus tout, la valeur incontestable de ce que nous pouvons appeler la patrie intellectuelle de la démonstration' l'on se prend à souhaiter que des mains pieuses aient recueilli, pour les transmettre â la postérité, toutes les œuvres écloses dans notre grande manifestation nationale de 1880."

Ainsi commençait la préface du compte-rendu publié en 1881, et que nous aurions pu à bon droit intituler : " Annales de la Société St-Jean-Baptiste de Québec. — Première par»

tie— 1842,1880."

En reprenant aujoud'hui notre travail d'analyste au point où nous l'avions laissé, nous sommes tentés de redire avec autant de vérité, que " les fêtes célébrées à Québec en juin *•' 1889, sous les auspices de la Société StrJean- " Baptiste de cette ville ont, elles aussi, laissé " dans la mémoire de ceux qui en ont été les " témoins des souvenirs qui ne s'offaceront janiaifl."

Et cette mémoire sera d'autant plue vivace

que l'année 1889 reptera attachée au souvenir d'un de ces actes de reconnaissance et d'admiration qui honorent toujours un peuple. Je veux parler .de l'érection d'un monument à Jacques Cartier, le découvreur de la Nouvelle- France, et à Brébeuf, le plu? illustre des martyrs de l'Eglise canadienne.

Ce livre ne traite pas seulement des démonstrations faites à Québec, il reproduit les œuvres les plus importantes des conventions des Canadiens et Acadiens tenues au Canada et aux Etats-Unis, de 1881 à 1889.

On y trouve léunis les discours les plus remarquables de toutes nos célébrités canadiennes, prononcés dans nos fêtes nationales durant cette période, ainsi que des statistiques et des documents de nature à aider ceux qui étudient le développement de notre race en Amérique.

L'ouvrage forme un volume de 560 pages qui sera le pendant de celui publié en 1881, par le même auteur. Prix : une piastre.

Ceux qui désirent acheter cet ouvrage sont priés d'adresser la somme d'une piastre à

M. A. L. Pelletier, Boîte 338, Bureau de Poste,

Québec.

Nos archives canadiennes.

Noue sommes heureux d'accuser réception du rapport de 1889 ( édition française), publié par M. Douglas Brymner, sur les archives canadiennes à Ottawa. GVt un volume de près de cinq cents pages, composé de documents du plus haut intérêt pour ceux qui ont le goût des études historiques.

La liste des ouvrages présentés (page 65) indique que les publications du bureau des archives publiques de Londres nous sont régulièrement transmises, ainsi que les rapports du sous*garde des archives et de la commission des maouscrits historiques, rapports dont on ne saurait guère exagéref la valeur. Les publications officielles de nos gouvernements provinciaux sont aussi Régulièrement reçues et classées pour être consultées...

En examinant cette li*^te on constate de plus que l'intérêt du public dans le travail de notre bureau d'archives est considérable. Les demandes de renseignements sur divers objets augmentent en nombre de jour en jour, la plupart concernant d'importants intérêts publics ou privés. Dans ce nombre se trouvent des demandes de renseignements adressées par différents départements quand ils ont à établir des titres ; d'autres viennent de particuliers au su-

jet (le Riiccespiont) ou de questions semblables. Telle' est son utilité, au point de vue de l'histoire que dans ces derniers temps il n'a guère^ été publié d'ouvrage sur l'histoire du Canada ou celle des Btats-Unis qtii ne contienne des expressions de reconnaisFance pour les renseignements ou les secours fournis par notre bureau d'archives. Ainsi dans V Atlantic MorUhly ( Bostou, Massachusetts ) de novembre dernier, est une revue du livre de M. Théodore Roosevelt, Conquête de l'Ouest ( Winning o/the Weat), où il est dit que l'auteur, dans la préparation de son ouvrage, '* a consulté les documents originaux au département d'Etat à Washington, les archives canadiennes d'Ottawa — ^ sans rivales sur ce continent en fait de matériaux pour l'histoire de l'Ouest."

Dans VHiatoire narrative et critique de VAmé" rique, publiée par M. Justin Windsor, le der^ nier ouvrage considérable sur ce sujet, il est dit, au sujet des sources de renseignements sur le Canada de 1763 à 1867 : " Le plus remarquable service rendu à l'histoire de cette période ( de 1763 à 1791 ), ainsi qu'à celle de plusieurs années subséquentes, Ta été par le département des archives canadiennes d'Ottawa, dont la collection commencée en 1872 sous l'infatigable direction de M. Douglas Brytnner, a

groFsi avec une merveilleuse rapidité depuis les

quelques années qu'elle existe." Vol. VIII,

page 171.

Le Canadien.

Le Oonvernement canadien, par l'hono-

rable J.-A. Chapleau.

C'est avec plaisir que nous signalons à l'attention de nos lecteurs un excellent rapport de M. Chapleau sur le gouvernement canadien.

Nous n*avon8 lu de ce travail qu'un résumé très succinct ; mais cela nous suffit pour reconnaître que c'est là un travail qui fait honneur au Secrétaire d'Etat fédéral et qui mérite de trouver grand nombre de lecteurs parmi nous.

Ce travail a été entrepris à la demande même des Communes.

M. Francis Stevenson, membre de la chambre impériale, proposa, il y a quelque temps, eue le gouvernement se procure des rapports détaillés sur la constitution et Texécutif de chaque colonie britannique dotée d'un gouvernement responsable, ainsi que sur les qualités exio^ées des élus et des électeurs des assemblées délibérantes de ces colonies. Cette proposition ayant été acceptée par le» Communes, le se-

crétaire des colonies s'adressa aux gouvernements des diverses possessions de Sa Majesté pour obtenir les rapports demandés.

Les réponses reçues par ce ministre font un volume des plus intéressants; mais celui de M, Chapleau a été imprimé à part, sous forme de supplément.

Ces brochures sont en vente à Londres, à la

tnaison Kyre & Spettiswood.

La Patrie,

The tonrists note book --- Québec and its environs.

M. J. M. Lemoine vient de publier une cinquième édition de son livre : The tourîsts note book — Québec and its environs.*'

C'est une heureuse idée, car l'affluence des tonrii^tes qui viennent de loin à Québec ent plus qu'ordinaire cette année.

Le livre de M. LeMoine à la .main, chacun de ces étrangers peut se reconnaître et se guider à travers nos monuments historiques. Le cicérone le promène à travers le dédale de nos vieillea mes, à la chute Montmorency, à la réserve huronne de Lorette, le long des ombreuses routes de Ste-Foye et St-Louis, au Château

Bigot, dans le havre, etc. Il s'arrête avec lui devant chaque vestige du temps passé, lui déchiffre les légendes et les traditions qui y «ont attachées, enfin lui donne des leçons de choses qui ne s'oublient pas.

L'ouvrage, imprimé chez Darveau, est très bien fait et d'un format portatif.

L'Eledeur.

Nouvel appel en faveur du Manitoba,

par l'abbé C. Dugas, missionnaire au Nord- Ouest pendant 22 ans.

Faisons disparaître le mot pamphlet qui se lit sur la couverture.

Le Nord^ de St-Jérôme et le Progrès^ de Chicoutimi, apprécient ce travail, mais le premier opte pour la vallée de POutaouais, et le second pour le lac St-Jean et le Saguenay. Le Prêgrès espère que la Providence nous donnera bientôt un prêtre pour développer dans la province de Québec Tœuvre de la colonisation.

Quoiqu'il en soit la brochure de M. l'abbé Dugast est claire, précise et méthodique ; elle annonce un homme bien convaincu.

Canada Britannique et Canada français^ par M de Coubertin.

Ce sont les notes de voyage d'un Français, pédagogue, chargé de faire rapport au gou veruement de la République Française. Cet ouvrage mérite des éloges quant à la partie qui ne traite point de la province de Québec.

Quant â ce" qu'il dit de notre province il est presque toujours dans les patates. Nous avons des défauts, mais il ne faut pas les exagérer et il ne faut pas non plus nous calomnier.

M. de Coubertin est parti de son pays avec l'idée, qu'au Canada, tout se faisait à la sauce républicaine française. C'est ce qui fait qu'il ne vous a pas compris. La preuve c'est qu'il a laissé le Canada avec cette idée :

" Les Canadiens ne sont ni Français, ni Anglais. Ils sont dans une période d'incubation américaine. "

S'il y a pôuIe couveuse quelque part, c'est dans l'imagination de M. de Coubertin Nous conseillons à ce Monsieur de mettre cette poule à la sauce blanche^ c'est ainsi qu'elle lui rendra le plus de services.

Les journaux canadiens ont relevé les inexactitudes de monsieur Coubertin ; M.

Boutbillier Chevîgny en a même fait le sujet d'une brochure.

M. de Coubertin se dit maltraité par 1a presse du Canada. A qui la faute ?

M. de Coubertin se dit catholique. Mais, est-ce en vertu des principes du catholicisme qu'il écrit de Montréal ;

" D'inombrables clochers surgissent de ** tous côtés, églises, couverilf», séminaires, ** qui vont s'enrichissant toujours, et cons- " tituent un des dangers de l'avenir. Cette " formidable puissance financière corres- ** pond, cela va sans le dire, à un despotis- " me moral plus grand encore."

M. de .Coubertin, vous êtes sans doute un honnête homme et un écrivain qui n'est pas sans valeur, mais il y a chez vous de la précipitation, des préjugés, et un catholicisme très peu éclairé.

NOS KEVVES

La province de Québec possède un nombre de revues relativeineni conBidérable :

" La Revue Canadienne " ** Le Canada-Français "

'' Le Naturaliste canadien '* • •* La Gazette médicale "

** L'Union médicale "

•• Le Moniteur du comnnerce. "

^* La Semaine religieuse de Montréal "

** La Semaine religieuse de Québec "

** Le Journal d'Hygiène populaire "

" L'Enseignement primaire "

" Le Monde illustré "

** Lee Modes illustrées. "

" Le Propagateur de MM. Cadieux & Derome"

^* Le Journal de l'Instruction publique "

'* Le Sténographe canadien. "

^* La Bibliothèque à cinq centins "

" Le Recueil littéraire "

« Le Samedi "

*• Le Glaneur "

** La Gazette des Campagnes "

'• Le Journal d'Agriculture "

** Le Colonisateur canadien "

« L'Etudiant " *

*< Le Couvent "

II y a encore la " Vérité " et " l'Association qui tiennent du journal et de la revue.

Quant aux beaux arts, nous avons, en particulier pour la musique et la littérature, le ^' Canada Artistique. "

La justice po«>6ède au6s«i ees organes :

" Rapports judiciaires de Moutiéal "

•* Rapports judiciaires de Québec "

" La Revue-légale "

" Le Juriste "

" Le Légal News."

S'il faut juger d'après Marcellus de VUniori Libérale du 21 novembre, ces revues laisseraient passablement à désirer.

Depuis notre revue du mois d'avril 1889, ont disparu :

'* Le Chercheur " " La Lyre d'or "

" La Petite Revue du Tiers-Ordre " " La Fie illustrée."

Paraîtront prochainement.:

" La Revue du Tiers-Ordie"

" La Famille."

Biographie, di«cour8, conférences, etc.,

de rhonorable Honoré Mercier, Grand'Croix d 'Ordre de St-Grégoire le Grand *OflScier

■fv

de ]a Légion d'Honneur et Premier Ministre xie la province de Québec, publié par M.

J. O. Pelland, avocat de Montréal.

Ce volume, de 812 pages, sur excellent papier, comprend :

La biographie de M. Mercier ;

Des discours sur la question des écoles du Nouveau-Brunswick, sur Tafiaire Letellier, sur l'abolition du conseil législatif ;

Les débats sur l'adresse en réponse aux discours du trône en 1884, 86, 87, 88 ;

Des discours sur la création d'une école des Arts et métiers à Québec, — sur la question Riel, — sur l'incorporation des BR. PP Jésuites,— sur les biens des Jésuites, — sur l'autonomie des provinces ;

Des discours prononcés dans différents banquets et congrès, entre autres, celui prononcé au congrès de Baltimore le 12 novembre 1889 ;

Trois lettres adressées à la Gazette de Montréal ;

Cinq conférences : Le Patriotisme, Chai> les Laberge, Côme Séraphin Cherrier, l'Héroïsme, l'Education.

Ceux qui veulent se renseigner sur l'hon.

M. Mercier et sur les principales questions de noire histoire politique devront se procurer cet ouvrage.

Dès qu'un homme monte sur 1a scène et qu'il exerce une certaine influence, amis et adversaires ont avantage à se renseigner, les uns pour se convaincre, les autres pour faire tomber eertains préjugés.

M. A. Béchaid termine aîpsi une longue étude sur ce volume — VEkdeury 20 août :

A la lecture des di.>*eoar8 dn premier mitiifttre, OD découvre» à partir de 1873 jusqu'à ce jour, que son éloquence devient plus soignée, mieux accentuée, à mesure que l'on avance dans la lecture dn volume. Ou trouve, dans certains de ces discours, des pages que signeraient sans hésitation les politiciens de n'importe quel pays. *' Sans doute, lit-oo dans Vintroduction, M. Mercier ne possède ni la voix d'or ni l'élégance châtiée de M. Lu urier. II n'a point, comme H. Ghapleau, ces longues périodes rhythmées derrière lesquelles se di.<^imule rincorrection ou la vulgarité du langage et dont la mélopée comuiucique parfois à ceux qui l'écoutent l'illusion de la vr«iîe et grande éloquence.

L'éloquence de M. Mercier est toute faite d'éloquence continue, de ténacité et de force logique. Elle ne vient point de la subtile et

merveilleuse d'Athèaes, mais il semble qu'elle n'eut point déparé le Sénat romain, aux temps rudes et forts des harangues viriles qui appartenaient au génie sévère de la vieille république, et dont un Gaton n'a point emporté avec lui le secret tout entier."

Quoiqu'il en poit de cette appréciation, on peut assurer, sans crainte de se tromper, que quelques-uns des discours de M. Mercier, surtout ceux qui touchent à ses thèmes favoris, le PairùMsme et Vlnstructixmf peu vent être mis en regard des meilleurs discours de MM. Laurier et Ghapleau.

Nous n'avons pas à apprécier ici les opinions de M. Mercier, nous ne serions pas toujours d'accord. Quelle que soit la manière de voir d'un chacun, il sera toujours ▼rai de dire qu'il y a chez notre premier ministre une mamitre distinguée * qui est loin d'être commune,

Monsieur Felland a bien fnit de publier

ce volume. C'est dangereux parfois, c'est

utile ici.

L'Evangeline illustrée. C'est un numéro spécial de VEvangeline — de Weymouth.

N. E — publié à l'occasion de la 3iènie convention générale des Acadiens, au mois d'août 1890. Cette brochure, de 32 pages, préparée par un prêtre acadien, renferme des matières intéressantes. On y voit avec plaisir le portrait de plusieurs évêques des Provinces maritimes, aussi que celui de plusieurs Acadiens distingués.^Les notes biographiques, et divers articles sur les Acadiens, donnent à ce numéro une valeur particu-

Hère.

Un nouveau champ' de colonisation —

1890. Tel est le titre d'une nouvelle brochure traitant de colonisation dans la célèbre vallée de la Saskatchewan conprise dans les districts d'Alberta et de Saskatchewan, sous la signature du 'Eév. Père Lacombe.

Cette immense contrée, une des plus belles de la puissanse du Canada, est aujourd'hui ouverte à la colonisation par les embranchements du C. P. R. Lisez cette brochure et vous apprendrez une partie des avantages de cette vallée. En avant ! Canadiens-fran-

çais, allez Drendre votre part à côté de vos frères les Anglais, qui déjà se précipitent dans ce beau pays. Mgr Grandin et le Père Lacombe, deux types de patriotiôme et de colonisation, ont pu se procurer un bon prêtre de ce diocèse, qui est spécialement charchargé de cette question si importante.

C'est le Rév. M. J. Bte Morin, ancien vicaicaire de St Jean-Baptiste. Tous s'accordent à dire que c'est le véritable sujet ijour cette œuvre. " The right man in the light place.' Il sera pour le diocèse de St-Albert ce que le Rév.M.Beaudry fait si bien pour St-Boniface.

M. Morin part avec le F. Lacoinbc. Il s'en va visiter et étudier les districts d'Alberta et de Saskachewan, reviendra de nouveau ici et pendant l'hiver s'occupera d'organiser une colonie de bons cultivateurs pouf les conduire lui-même sur la p!ace choisie pour la nouvelle paroisse.

Nous affrons nos souhaits et nos sympathies à ce prêtre patriote et dévoué. Nous faisons des vœux pour que son œuvre prospère.

L'Etendard, 14 oct, 1890.

Les principes derhonorable M. Mercier,

des presses du Courrier de St. Hyacinthe.

C'est une brochure de 62 pages faite par un adversaire politique et dont les principaux titres sont : Mr. Mercier et l'instruction obligatoire ; Le vote obligatoire ; Les Kégitres de l'Etat civil ; Mr. Mercier et l'orangisme ; Les asiles d'aliénés ; Le libéralisme de M. Mercier ; L'annexion.

Histoire populaire de Montréal, par A.

Leblond de Brumath — In 80 de 450 pages — Granger Frère — Montréal — 1890.

Il est difficile d'ouvrir un chemin, surtout en histoire.

Monsieur Leblond» grâce à son amour du traTail devait réussir, mais comme il défrayait la route il était exposé à faillir en plus d'un endroit.

L^histoire de Montréal, de fait, laisse H désirer. Il n'y a pas là assez de synthèse ; on parle à la foiâ de trop de choses disparates^ Les tansitions sont parfois trop brusques, et la philosophie de l'histoire n'est qu'effleurée. H est vrai que le titre d'nistoire populaire doit nous empêcher d'être trop exigent sur ce point.

Dans cette histoire de Montréal, parle-t-on suffisamment des grande» gloires de Mont* réal : Mlle Mance, Sr Bourgeois, Madame d'Youville, etc. Pourquoi ne pas parler non plus du voyage de Jacques Cartier à Montréal ?

On voit avec plaisir que l'auteur suit de près les documents ; ce n'est pas l'imagination qui brode.

Certains détails sont, croyons-nous, de surcharge et seraient plus à leur place en note au bas de la page.

Le chapitre XVI se compose plutôt de notes rédigées et rapprochées que fondues.

Le chapitre XVII qui parle du mouvement de 87 est particulièrement intéressant.

Lliistoire politique, après la cession, est la partie la plus développée, c'est aussi Ha plus connue. M. Leblond cependant nous intéresse parcequ'il met heureusement à profit tous les travaux récents.

L'histoire intime de Montréal ne parait pas assez ; ce n'est pas, il faut l'avouer, une légère difficulté.

Le narré de certains faits nous semble trop écourté.

Ce livre tel qu'il est n'en pique pas ntoins la curiosité, plus particulièrement pouf la

période anglaise, Pauteur ayant mis la main sur des lettre» de famille et antre documents intéressants.

Quant au style, il est rapide et ne manque pas d'une certaine chaleur. L'auteur a des connaissances variées dont il se sert à propos.

Ecrire Phistoire de Montréal était une œuvre de longue haleine. La Kome du Nouveau-Monde possède en eflfet des annales très chargées. Il est difficile de choisir et il n'est pas aisé de fondre, car tout et se succède en nombre et vite.

M . Leblond a craint> mais sa crainte ne l'a pas empoché d'oser. Ceux qui viendront après leront mieux, mais ce n'est pass le premier venu qui au premier essai eut fait mieux que M. Leblond.

L'auteur rend service à la patrie canadienne française ; elle lui est reconnaissante.

P. S. On pourra voir une critique par E.-Z.

Massicotte, Tdans le Monde illustré du 26 avril.— Nous avons vu du reste très peu d'appréciations de cet ouvrage. Pour notre part, nous ne l'avons point reçu.

L'histoire de Montréal convient comme ivre de récompense, Prix $1,00.

Histoire chimique et physiologique

d'une bouchée de pain, conférence faite à l'Union catholique de Montréal, le 27 avril 1890, par le Révd Père Jos. C. Carrier, C. S. C.

Ce travail fait honneur à la science du R. P. Carrier.

Il considère la bouchée de pain dans c$on état primitif et la suit dans ses diverses phases : Nous voyons la graine, semence du froment ; cette semence semble mourir, puis elle ressuscite 1 L'épi qui est né d'un seul grain nous donne de 30 à 40 grains I Puis vient le vannage, le nettoyage et le criblage. Le meunier fait son apparition. Grâce à deux meules en grès grossier, le grain est concassé ; le blutage fait disparaître le son et l'on a de la farine.

Le boulanger vient à son tour. Ses armes, à lui, sont : l'eau tiède, le sel, la fécule de pomme de terre, la pâte aigrie (levain ), et ses bras.

lai bouchée de pain est confectionnée.

Quel est le rôle de cette bouchée de pain ?

Après une digression sur un instrument merveilleux la main, l'auteur parle successivement de la mastication^ de finsalivaiion, de la déglutition, de la Mgegtion stomacale, de la digestion intestinale, de V absorption.

Les 4^Çftils nombreux et circonstanciés dé

notent que le Révérend Père est maître de son sujet.

Les faits scientifiques ne Hont point présentée d'une façon sèche et abptraite. La note gaie ee fait même entendre, en sorte que cette conférence est tout à la fois instructive et intéressante.

Nos collections historiques. Nous avons

annoncé la publication de deux volumes importants pour notre histoire ; Lettres de la Cour de Versailles au baron de Dieskau. au marquis de MorUçalm^ et au général de Lévia, et Extraits des Archives des mini^ères de la guerre, à Paris, *

Ces deux volumes ont été publiés sons la direction de M. Tabbé Caf>grain, dont on ne saurait trop louer ie zèle et les efforts incessants pour agrandir le cbamp de nos recherches et de nos études historiques.

Le premier de ces volumes est la continuation de la série des manuscrits du chevalier de Lévis que la province de Québec doit à la munificence du comte de Nicolay, et aux démarches de M. l'abbé Casgrain. Comme on le sait, il y avait déjà deux volumes de cette collée-

tion de publiés : Les lettres du chevalier de Lévis, et le Journal du chevalier de Lévis.

M. l'abbé Capgrain a reçu à ce sujet des lettres très iroportaDte» et très flatteuses. Voici par exemple celle de Parkman :

50, Chestniit street, Boston 1 1 th Dec 1889.

My.dear Abbé.

Thank you very rnuch for your kind note of tlie 7th, which came last evening, and for the first two volumes of the Levis collection, one of which has this moment corne and the other will no doubt follow soon. The form of the publication is worthy of the matter, and I ani very glad to a«ld so valuable a collection to my French library.

You hâve undertuken a great work in collecting ail the papers relating to the war of 1755» i760,in the Archives of the Ministry of War and of the Marine and Colonies

As for the paper in the Archives de la Marine, c^est la mer à boire...

With thanks for your kindness and best wishes for your health and for your success in your excellent work.

M. John Gilmaly Shea, M. Marmier, M. anieau, et plusieurs autres écrivains remarquables ont aussi témoigné leur haute appréciation des publications commencées.

Tout cela démontre l'importance de ces collections de documents historiques, qui, une fois terminées, imprimées, sauvées de la poussière,

du feu, de l'eau, de tous les hasards des arctii* ves, constitueront un véritable monument national.

Il 7 a donc à l'heure qu'il est trois Tolame?* des manuscrits de Lévi&de publiés.

Il est bon de dire ici que M. Gasgrain a déjà fait copier, à ses frais, six volumes. des Archives de la Marine, comprenant les documents relatifs à l'époque de 1755-60, l'époque de la guerre de sept ans, avec les huit volumes manuscrits de la même période qui se trouvent au ministère de la guerre, complétant ainsi, en autant que ces ministères sont concernées, la collection des manuscrite Lé vis, qui se rapportent à la même période.

M. l'abbé Gasgrain a fait imprimer un volume de ces manuscrits : c'est celui que oous désignions phis haut sous le titre d'ExTRAiTS DES Archives des ministères de la marine et

DE LA GUERRE A PaRIS.

Mais cela n'est pas suffisant, et nous déclarons nettement que le gouvernement de la province doit prendre la chose en mains, et faire copier à Paris tontes les collections qui s*y trouvent touchant le Ganada.

Lorsque tout cela sera copié et imprimé par les soins du gouvernement, nous aurons la plus belle collection coloniale qu'il soit possible

d'avoir relativement à la guerre de sept ans.

On aura une idée de l'excessif lion marché que coûtera cette copie en sachant que le» cent volumes in folio qui restent à faire transcrire ne coûteront que ce qui a été dépensé pour la publication d'un seul des volumes du Conseil Souverain !

Le cardinal-archevêque de Québec a si bien

apprécié l'iniportance de ces documents, qu'il

a fait copier lui-même par l'intermédiaire de M.

Gasgrain, les denx volumes catalogués par M.

Marmette sous le titre : Eglise du Canada.

Voilà un exemple qui doit avoir une autorité

spéciale.

Le Courrier du Canada.

Wilfrid Laurier à la tribune. — Le volume, publié par M. Barthe de V Electeur, s'ouvre par une biographie de M. Laurier, due à la plume de M. L. O. David ; par un article de M. Willison : ** M. Laurier chez lui " ; et par une introduction de M. Barlhe.

Le8 principaux sujets traités dans les discours sont les suivants :

Louis Riel — La question du tarif — Le libéralisme politique — L'acte du lieutenant gouverneur Letellier — Un toast à TAcadé-

mie française — La construction du Pacifique — Les frontières d'Ontario — La vie parlementaire — La seconde insurrection au Nord Ouest — L'exécution de Riel — Le Home Rule pour l'Irlande — La réciprocité commerciale illimitée — Les pêcheries — Les biens des Jésuites — La langue française au Canada:

L'hon. M. Laurier ayant généralement parlé en anglais et la traduction du Hanaard étant très défectueuse, M. Bartne a dû refaire en grande partie cette traduction.

La Minerve dit à ce sujet 19 août 18î*0 :

Le talent oratoire du chef de l'opposition est incontestable ; nous en pommes fiers, amis coniine adversaires politiques, mais nous devons dire que la préparation de ses discours a été faite avec une négligence impardonnable.

Ce travail aurait dû être confié à un homme du métier. Nous en fournirons la preuve dès que nous aurons terminé la lecture des œuvrer» de celui que l'on veut nous donnei pour uu modèle. Nous nous réservons également de signaler les erreurs de fait ou d'appréciation.

M. Barthe répondit :

... J'ai consacré trois mois à ce travail de revinion ; une année n'eut pas été de trop pour produire une oeuvre qui eut trouvé grâce aux

yeux mêmes de cette vieille rageuse de Miner' ve

Les mauvais traducteurs du Hanaard ne m'aiment paf« ; je parie que c'en est un qui me lance le susdit pavé.

De confiance, j'avais mis leur prose aux mains de l'imprimeur. Quel ne fut pas mon désespoir à la lecture deA épreuves ! Tout était à refaire à neuf ; pret<que rien à prendre 1 Et dire qu'il y en a comme cela vingt volumes, qui coûtent $-40,000 par année 1

Si j'ai fait du mauvais sang, j'ai au moins acquis de l'expérience ; c'est toujours quelque chose. Je sais maintenant comment se fait la traduction du Hansard.

L'œuvre de M. Barthe a été bien accueilli en général par la presse.

SBne doute, dit V Etendard ~ 16 août 1890 — nous ne partageons pas toutes Ks idées émises par M. Laurier dans ses discours ; son opinion sur le libéralisme surtout n'est pas la nôtre.

Nous n'en conseillerons pas moins la lecture pour l'excellente raison que M. Laurier est de ceux qui ne déguisent pas leur pensée et qui expriment franchement le«T8 opinions de manière à ce que personne ne puisse s'y tromper.

Le recueil de M. Barthe est donc une précieuse acquisition pour notre histoire parlementaire et nous espérons le voir figurer bientôt

dans la bibliothèque de tous nos honimes publics.

On peut consulter le National, 26 juillet

Qui ne se rappelle le discours qu'il prononça lorrt du cinquantenaire du collège de l'Assomption, discours que M. Barthe n'a eu garde «l'onblier dans son recueil ?

C'est à l'occasion de ce grand mouvement d'éloquence classique, que M. Tarte ne put s'empêcher de faire dans le Canadien cet aveu significatif: '' ILa fait un discours qui, dans n'importe quel pays du monde, placerait son auteur au premier rang des maîtres de la langue française

On peut consulter encore, la Patrie 8 octobre 1890.

M. A. Béchard a fait paraître dans la Jttstice un article que nous n'avons pas sous la main.

Nous citerons en partie l'article que M.

Napoléon Legendre a publié dans VEledeur du 16 juillet 1890.

... M. Laurier est en ce moment un deM hommes les plus en vue, non seulement dans la province, mais dans tout le Canada. Et il ne

doit pas cette haute réputation seulement à son talent si remarquable d'orateur, qui lui a valu tant de succès ; il la doit encore à sa grande honorabilité, à ce caractère si irréprochable que ses adversaires mêmes n'ont jarr.ais songé à lui faire subir la moindre ternissure.

M. Laurier a débuté en 1871, dans l'Assemblée législative de Québec, et dès son premier discours, il s'est révélé du coup le grand orateur parlementaire qu'il a toujours été depuis lors. Naturellement son talent a pris de l'ampleur, son intelligence s'est constamment enrichie duraiit ces vingt années de luttes et d'étunes ; mais, dès 1871, il était déjà très remarquable et très remarqué.

Avant l'excellente étude qui sert d'introduction à son volume, M. Barte cite quelques appréciations du talent de M. Laurier, entre autres un article de M. L. 0. David ( 1874 ) dont nous aimons à reproduire ici les points les plus paillants.

"D'autres, dit-il, peuvent avoir une éloquence plus brillante, plus imagée et plus entraînante ; il n'a ni la voix, ni le geste, ni la passion du tribun ; son tempérament comme sa nature se refuse à ces mouvement* impétueux, à ces inspirations énergiques que l'on remarque chez certains hommes. Il n'a pas l'énergie de Fréchette, la chaleur de Gbapleau et la parole nerveuse et fleurie de Chauveau, mais il a plus que nos orateurs distingués le ton, la méthode, l'élévation d'idées, la justesse de raisonnement, la pureté de diction et l'élégance de langage qui constituent l'orateur parlementaire.

'* On compare souvent l'éloquence au tor-

rent qui se précipite avec fracas, où au gazouillement du ruisseau qui coule à trayers des prés fleuris.

'* La parole de M. liaurier ne re8s?nible ni à Tun ni à l'antre ; on pourrait plutôt la comparer aux eaux pures et limpides ded grands fleuves qui arrosent notre pays.

** Laurier a l'esprit pliilosophique nécesnaire à Torateur ; il ne parle pas une heure sur une virgule, comme certains avocats, et ne se perd pas dans les nurges à lu façon des poètes ; non, d'un coup d'œil, il embrasse tous les côtés d'une question, y découvre le principe dominant et en tire une suite de raisonnements qui s'enchaînent, d'arguments serrés dont il tem père la sécheresse par des pensées nobles, des réflexions saisissantes. Toujours maître de sa pensée, il ne dit que ce qu'il veut, et il le dit sans etfort d'esprit, de voix, de geste, sans jamais hésiter. Sa parole est si simple, si naturelle, son débit si facile, ses pensées si vraies qu'il semble qu'on poun«it tous eu faire autant. C'est précisément le mérite des grands orateurs, de M. Thiers par exemple, de paraître dire ce que tout le monde croit avoir déjà dit ou pensée.

"On n'arrive pas à cette perfection sans étude ; traiter des questions difliciles de manière à les faire comprendre de tout le monde, demande une lucidité, une pénétration dVsprit que peu d'hommes possèdent, et uue grautfe puissance de raisonnement.

" M. Laurier a l'avantage d'être né orateur, mais il a le mérite d'avoir cultivé ce don ma-

gniâque de la .nature et de l'avoir respecté, d'avoir compris que l'orateur doit être un honnête homme, un homme de bien. "

M. David a raison, et il a B&m ce qui fait le charme et en même temps la force de la parole chez Laurier ; c'est cette distinction, ce '• comme il faut, " cette élégance qui Fe dégagent de toute sa personne physique comme de sa personne morale. On sent qu'on a devant soi quelqu'un de complètement inaccessible aux petitesses, aux basses pensées, aux idées mesquines ; on voit rayonner, pour ainsi dire, sur sa figure, la franchise, la loyauté, l'honneur 5 on feent chez lui la conviction et l'on a cette confiance, cette certitude que cet hommelà est incapable de vous tromper. Voilà ce qui a fait et ce qui fait encore la force de Laurier...

M. Barthe, qui est avec raison un admirateur de Laurier, a également bien saisi le secret de son éloquence, et le fait ressortir avec beaucoup de force dans son introduction :

** Quoique plus grave, et partant moins pathétique que Chapleau, Laurier s'élève parfois vers des sphères inconnues aux autres orateurs, et que son génie oratoire seul lui permet d'atteindre. Sa voix prend alors des accents plus harnxonieux et plus sonores, et son éloquence revêt un tel caractère de majesté et de noblesse qu'elle vont* remue le cœur et vous fait frissonner d'enthousiasme.

" En somme, Ghapleau est l'orateur de la foule, et Laurier est avant tout et par-dessus tout un orateur parlementaire

" La discussion de M. Laurier est une synthèse comme celle d'autres puissaats orateurs est une analyse. Lui et M. Mercier prouvent, pai leur extraordinaire ascendant sur leurs contemporains, que l'une et l'autre manière sont des instruments d'égale valeur entre des mains expertes. Lisez à têie reposée une dissertation de M. Laurier : ce qui vous frappe tout d'abord, c'est la limpidité de la pensée. Ëcoutez M. Mercier attaquant à l'improvlste le premier sujet qui se présente, développant une thèse, rendant compte d'un fait, d'un acte administratif quelconque : il y a dans ce qu'il dit quelque choî<e qui nous confond, c'est la lucidité, la prodigieuse aisance de la parole. M. Mercier embrast«e une question par tous ses côtés à la fois, il épuise son sujet ; M. Laurier en aspire à longs traits l'essence. .. Je suppose qu'avant de préparer un discours, M. Laurier se dit : Voici deux ou trois considérations qui à mes yeux renferment tout le débat ; elles devront ine suffire ; défense formelle de sortir de là I... Et c'est dans ce cercle magique qu'il s'enferme avec sa pensée

" La poursuite d'une idée fixe absorbe cette existence. Tous les hommes d'Etat ont leur idée fixe. M. Mercier, dans la politique provinciale, a la sienne ; de même que M. Laurier, dans la sphère fédérale. C'est l'impression qui m'est ret-tée d'un tête-à-tête de trois mois avec sa pensée. Son éloquence est une variation à l'infini sur un thème unique."

En somme, c'est l'honneur, la loyauté, la justice ayant pour les traduire, pour les inter-

|irêter, le talent le plus dietingiié, la plus haute éloquence : c'est véritablement le vir bonus dicendi peritus, c'est-à-dire l'orateur dans la plus belle acception d\^ mot

Ceux qui veulent affermir le présent et préparer l'avenir à la lumière du passé liront donc ces discours.

Quant à la jeunesse elle doit être prudente toutes les fois qu'il s'agit de tonder une opinion politique.

Il ne faut pas se laisser emporter par un vain enthousiasme.

Un jeune homme qui veut arriver à quelque chose doit savoir attendre ; il doit étudier fortement ; il doit se rendre capable de comprendre, d'analgsery et de peser. Cela fait, il consulte les hommes que la Providence a mis à la tête de son pays, soit pour le récompenser, soit pour le châtier. Il étudie leurs discours, les analyse, les œntpare, les pèse et à la lumière de la logique, et des principes, il accepte ce qui est démontré et se fait une opinion plus ou moins probable sur la valeur des opinions.

Sont à la tête de leur pays tous ceux dont les jugements ont une influence plus ou

moins immédiate sur la direction des affaires. A ce titre donc les discours de M. Laurier devront être sérieusement étudiés.

Analyse de Tencyclique de Léon XIII :

Sapientiae cfiristianae, par Mgr Laflèche, évêqne de Trois-Rivières. — 60 pages. — 1890.

Cet encyclique a pour objet les principaux devoirs des chrétiens dans les temps présents.

J^e travail de Mgr Lnfièche nous paraît si utile que nous aimerions à le voir dans les mains de chaque étudiant des classes supérieures, et dans la bibliothèque de tous ceux qui s'occupent, ou ne s'occupent pas assez, des questions sociales, et politicoreligieuses. Tout est élémentaire, suivi, et

démontré.

Le Fort et la Chapelle de Ste Anne, à

l'île LaMotte, sur le Lac Champlain, par Joseph Paqiiette, ptre, Burlington, E. U. —1890. Cette brochure, de 55 pages, renferme de la matière pour 150 pages. C'est une étude détail-

lée et fidèle ; les faits édifiants abondent, ceux qai. aiment à connaître dans le menu l'énergie de nos aocêtres, les misères qu'ils eurent à subir et la haute valeur chrétienne dont ils ont fait preuve, voudront se procurer cette brochure. Cette publication est de plus un témoignage éclatant de la ilévotion de nos anciens à Ste Anne. Il s'agit aujourd'hui d'afTir. mer de plu^ en plus le culte de Ste Anne en ces lieux ; Ste Anne aura donc pour très agréable toute aumône que Pou enverra au Rév. I. Paradis, à l'évêché de Burlington Vt.

L'Ile verte par Charles A. Gauvreau— Mercier & Cie — Lé vis —1889.

M. Gauvreau veut écrire l'histoire des pa' Toisses du comté de Témiscouata. L'entreprise est entre bonne mains. h'Matoire de Vlsle Ver* te est très intéressante et très littéraire. M Gauvreau a déjx donné des preuves de ses aptitudes toutes spéciales pour la belle littérature. Ceux qui s'occupent de l'histoire de leurs paroisses feront bien de consulter V histoire de Vlsle Verte, c'est un genre à imiter. (1) F. A. B.

(1) C'est par lap8%Mt sans doute, que les typographes ont mis un trait d'union entre Jacques et Cartier.

Hédailler du Canada: Supplément, par Jo8. Leroux, M. D. — Beauchemin. — Montréal — 1890.

M. le docteur Leroux est un collectionneur émérite. Sou travail sur les médailles du Canada est unique dans son genre, au point de vue du détail et de la science. Ce supplément donne une nouvelle valeur aux travaux précédents. Comme nous l'avons remarqué dans une autre circonstance, il y a dans ces médailles beaucoup de documents historiques précieux. La publication de M. Leroux est honorée d'une souscription du gouvernement Français. Le travail est fait dans les deux langues : anglaise et française. Les illustrations sont bonnes.

Nouvel abrégé de géographie, éditée par M. Beauchemin, libraire, rue 8t-Paul, Montréal — 1890.

L'auteur a développé considérablement ce qui se raporte aux Etats-Unis, à l'Angleter^ et à la France : ce ir'est que juste.

L'ouvrage est suivi d'un petit traité de cosmographie.

Le sous-comité chargé de l'examen des

livres classiques ne croit pas devoir approuver l'ouvrage vu de nombreuses omissions ( il serait utile de les connaître) tous n'attachant pafi la même importance à tel ou tel détail ) surtout pour ce qui concerne l'éducation DANS LA Puissance du Canada.

Notons en passant que le collège Bourget est un collège classique ( p. 47 ). Notons en outre que le chemin de fer de Joliette n'unit plus cette ville, au village de Lftnoraie, sur le fleuve.

Espérons que M. Beauchemin perfectionnera ce qui a été bien commencé.

Ceux qui veulent connaître la géographie du Canada devront se procurer ce volume.

Les asiles d'aliénés de la province de ftaébec. Rapport par le Dr A. Vallêe.—lSQo.

Cette brochure, de 75 pages, renferme à peu près 5 ou 6 pages sur les asiles de la province, en sorte que le titre est pour le moins peu approprié.

La 1ère partie de ce travail résume le rapport du professeur Bail au congrès de

médecine mentale tenu à Paris en 1889.

Nous lisons ( p. 7. ) :

** Dans tous les pays on a cherché à établir une sorte (Téquilïbre entre l'autorité médicale et l'autorité soit administrative, soit judiciaire. La balance penche tantôt d'ttn côté, tantôt de Vautre. Nous citerons parmi les pays dans lesquels l'autorité médicale est prépondérante— la Russie, la Belgique, TAutriche, la Suède, la Norvège et la France- Dans ces diverses contrées, l'autorité administrative contrôle l'action médicale dans une mesure plus ou moins étendue, mais en laissant la part principale au médecin."

L'auteur cite ensuite ( 9 ) le Dr Falret qui refuse toute compétence aux tribunaux en matière d'aliénation mentale.

Il nous parle (11) du système d'affermag-e, (lins le genre de ce qui existe dans la province de Québec, établi eu France, en 1838.

L'objection faite à ce système ( 12. ) c'est que les propriétaires de ces asiles peuvent être portés à faire des économies au détriment des malades.

Ces économies soiU contraires à la justice et à la charité.

Y a-t-il raison de craindre chez ceux ou celles qui font vœu de pauvreté et dont le

but, dans la vie présente, est le soin des malades ?

La France a changé de système. Si elle u'avait jamais eu de plaintes graves contre le système d'affermage, l'aurait-elle aboli ?

Ces plaintes existent-elles contre les propriétaires des asiles de la province de Québec ?

Le Dr Vallée dit ( 14 ) que le nombre des aliénés augmente ctiez nous. Il en donne deux causes :

lo Le chiffre des entrées augmente.

2o Le nombre des Remissions l'emporte sur celui des sorties.

Nous disons que le nombre des aliénés auvfmente avec l'immoralité, l'irréligion, la boisson et le tabac.

La science demande que les aliénés soient séparés de plusieurs autres catégories de malades ou d'infirmes, le traitement n'étant pas le même (16).

Le travail est nécessaire dans une large mesure ( 18 ).

M. Vallée demande ( 20 ) qu'il y ait dans le programme des études une plus large place pour l'étude des maladies mentales.

" L'asile est un lieu de traitement dit l'auteur... ( 22 ). Pour qu'un établissement de ce genre réponde à sa destination il ne doit y avoir qu'un chef auquel tout le monde soit tenu d'obéir. "

Si Ton disait : l'asile étant un lieu de traitement il ne doit y avoir qu'une dUreciion^ la conclusion serait-elle moins lo.s:ique ?

Si l'on ajout^ait, dans l'hypothèse du système actuel : " Pour qu'il n'y ait qu'une direction, il faut qu'il y ait entente parfaite entre l'autorité administrative et Tautoriié médicale ", cette conclusion serait-elle encore*! ogique ?

Pratiquement, cette entente est elle possible ? Historiquement cette entente a-t-elle existée dans nos asiles ?

Cette dualité dans l'unité n'est-elle pas convenable, désirabki, nécessaire plus particulièrement lorsque les administrateurs sont propriétaires ?

Un député consciencieux doit avoir la réponse à ces questions pour agir à rencontre du système actuel.

Il faut de bons gardiens ( 24 ).

Les congrégations religieuses ont plus particulièrement les qualités requises ( 25 ).

r Elles pratiquent la charité par état. Et il y a plus de permanence ( 26 ).

Au cours d'une citation, le Dr Parchappe dit ( 27 ) ; *' L'expérience a prouvé que les inconvénients des tendances à l'envahissement du pouvoir, généralement imputées aux congrégations religieuses, ne se rencontrent pas dans nos asiles publics et, tout en admettant que ce résultat a pu être assuré par les stipulations des traités et par les prescriptions des règlements, il est juste de reconnaître que plusieurs congrégations de femmes qui ont fait entrer dans les destinations de leur œuvre les soins à donner aux aliénés, se sont constamment montrées à la hauteur de cette vocation par leurs aptitudes, leur dévouement et leur esprit de conduite. "

Est-ce l'Etat qui pratique la charité par état, ou sont-ce les congrégations religieuses qui pratiquent la charité par état ?

Dans le dernier cas, est-il dans l'ordre que l'Etat de substitue aux congrégations religieust»8 ?

L'auteur donne ensuite un compte rendu d'une visite faite à divers établissements.

A Gand, il trouve le travail oi^ganisé (30), ^ régulier et rétribilÇ. Il y trouve tout un système de distractions. Dans les asiles de France il trouve des fanfares.

Sur ce, il note que Tasile de Québec n^est pas au niveau des améliorations modernes. - Il semble dire qu'il n'y a pas assez de médecins. Il oppose Tasile St-Jean-de Dieu à.

celui de Québec disant qu'en celui-là il y a 8 médecins traitants ( 37 ).

En passant, si 3 ou 4 médecins traitent dans un asile, cela fait 8 ou 4 têtes qui doivent n'en former qu'iin«. Si 3 ou 4 têtes de médecins peuvent n'en former qu'une, pourquoi une tête d'administration et une tête médicale ne pourraient-elles point n'en former qu'une ?

L'auteur dit p. 86 : *' Le médecin doit consacrer tout son temps aux malades sans avoir à s'occuper de la pharmacie, de la tenue des livres, de la correspondance, etc.

Cependant s'il ne faut physiquemerU qu'une tête, comme il est dit, page 22, comment cette tête suffira-t-elle à tout.

L'auteur dit que l'on n'a pas distingué les malades dans nos asiles, p. 39.

Est-il bien difficile de le faire à l'avenir ?

Quelqu'un s'y ôppose-t il ?

Il serait intéressant de savoir aussi, si les idiots et les aliénés ont été placés dans des »alles séparées.

La classification des malades p. 49, de^èverait sensiblement le budjet, vu que le soin des idiots est moins dispendieux que celui des aliénés. Suit, p. 52, une discussion sur la réponse aux questions : Faut-il séparer les aliénés curabies des incurables ? Est-il possible de confier des aliénés à des familles étrangères.

La réponse à la première question est négative. La réponse à la deuxième question est affirmative avec des restrictions.

L'auteur, p. 75, signale un point* Dans tel asile, les propriétaires ont refusé d'accorder au bureau médical des sorties sur essai*

Pourquoi ce refus f

L'auteur ne le dit pas.

La brochure renferme trop de répétions sur certains points.

Quant à la question qui préoccupe le pays, elle est insuffisante, car elle laisse place à plusieurs questions auxquelles elle ne donne pas réponse.

Cependant, somme toute, il y a là un travail sérieux qui fait honneur à son auteur.

Cette brochure bien imprimée, se lit sans fatigue et avec profit.

Les Fleur» poétiques, simph^s bluetteë,

par Léon Lorrain. — In-12 de 182 pages — C.

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