La littérature au Canada en 1890 [microforme]
Nous prenons le mot littérature dans son sens le plus large : travaux de l'esprit.
Nous prenons le mot Canada dans le sens de Canada-Français, sans cependant exclure systématiquement la littérature de langue anglaise.
Ce volume cevait dans le principe avoir 150 pages, nous semblais-il. Au moïs de décembre nous avons été accablé par une avalanche de productions nouvelles. Il n’y avait pas à reculer, mais il à failu un travail féroce pour arriver au but, sans compter l’augmentation des dépenses.
Si la Lütérature au Canada en 1890 paye ses frais, nous publierons la Littérature du Canada en 1891.
Fabricando fit fuber. Le présent volume est bien imparfait : le fabricando nous fesait défaut ! Certains auteurs ne sont pas appréciés assez au long ; ii n’y a pas assez de citations ; la description littéraire n’est pas
assez developpée. L'auteur sait parfaitement qu'il n’est point né littérateur. Nous avons fait un bout de crilique, et voilà.
Ceux qui aufont à se plaindre du format n'auront qu’à nous acheter une autre presse et ils auront satisfaction.
Nous avons fait céennaître sept ou huit auteurs étrangers à notre littérature ; c’est qu'ils ont une importance toute spéciale. Il eut été préférable d'en faire un chapitre à part, mais notre volume ne brille point par l'abondance &e chapitres ! C’est une longue procession où les costuines disparates ne font pas défaut. La tabie alphabétique corrige un peu tout cela et donne le moyen de mettre la main sur chaque auteur.
L’utilité de notre entreprise nous paraît évidente.
Elle est à l'avantage des lecteurs qui peuvent se renseigner facilement sans avoir à courir des journaux et des revues que l’on n’a pas toujours sous la main.
Elle est à l’avantage des auteurs dont les travaux, plus connus, se vendront mieux.
Cette entreprise est aussi à l'avantage du
pays. Les travaux de ce genre donnent du corps et de l'âme à la Httérature nationale.
Du corps et de lime ! les écrivains canadiens en ont, mais les lecteurs canadiens n'en ont pas assez. Ce n'est pas le temps de le démontrer.
Une préface doit être courte, la nôtre est à peine commencée. semble-t:il, et cependant elle touche à sa fin.
On nous dira, peut-être : ‘“ mais vous ne donnez pas une idée générale des travaux de l’année. vous ne faites aucune synthèse.
“I! serait intéressant de voir en quel sens s'est fait le mouvement intellectuel, de voir groupés ensemble les livres qui ont traits à la religion, à la politique, à l'éducation, aux questions historiques, aux sciences, à la littérature proprement dite, etc., etc.”
Tout cela est vrai; mais nous avons voulu laisser un peu d'ouvrage à nos confrères en journalisme. Une préface, règle sénérale, résume en quelque manière le volume dont elle est l'entrée. Certains journalistes, sans se donner la peine de feuilleter un livre se contentent de résumer la préface, et tout est dit : ceci n’est profitable ni au journaliste, ni au public, ni aux auteurs: c’est aussi ce qui nous exempte pour le moment
de toute autre préface.