‹ La littérature au Canada en 1890 [microforme]Chapitre 2 sur 34 · EN · texte numérisé non relu

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N.B. Le lecteur ne sera pas surpris de trouver ici des appréciations sur quelques ouvrages publiés en 1889, ces voluines ayant paru tard en cette année, on ayant attiré attention de la critique en 1890.

A travers l'Espagne, par A. B. Routhier — Côté — Québec — 1889. .

L'Espagne nous est incounue comme pays, comme histoire, comme art et comme littérature.

L'ouvrage de l’honorable juge fait dans cette muraille de Chine, une large trouée qui laisse voir de fort jolies choses.

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Le lecteur n’a pas sous les yeux une description complète du pays chevaleresque, mais il a ce qui donne, où à peu près, une vue d'ensemble : s’il n’a pas l'avantage de connaître les impressions du touriste sur Pampelune la fortifiée, sur Salamanque l’universitaire, sur Valladolid la déchue, il le suit avec plaisir à Barcelone la parisienne, à Monserrat le formidable, à Saragosse la vaillante, puis à St-Sébastien laristocratique, à Burgos lu monumentale, à l’Escorial le mystérieux, à Madrid la ministérielle, à Tolède ia vénérable, à Cordoue l’orientale, à Grenade la grande, à Séville la coquette et finalement à Cadix et à Malaga.

Disons en passant qu’il est très diffcile à l'étranger de visiter toute l'Espagne, pour la raison qu’entrant à l’est ou à l’ouest, on ne fait pas le to aisément, Cadix, Malaga ou Gibraltar invitant à faire une course sur le continent noir qui se trouve alors à courte distance.

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Les difficultés du voyage, du reste, sont un obstacle réellement tres consi- dérable, à inoins que l’on ai beaucoup d'argent et de temps à sa disposition.

Chaque homme cherche un peu partout ce qu’il porte en tout lieu, Ami des lettres, l’auteur jette nn coup d'œil sur l’ancienne littérature espagnole, il nous fait voir qu’elle est la plus nationale de l'Europe Ilétudie l’ancien théâtre espagnol ; 1l constate qu’en Espagne comme en Allemagne et en France, le théätre est né dans l’église, qu’il représentait à ses débuts les mystères chrétiens, qu’àvec le temps il s’est fait mondain, mais qu’il n’a jamais été impie ni païn. Tisso de Molina (Gabrielle Tellez), poète des plus originaux qui a rendu service à Calderon et à Moliére, tragique, lyrique et comique tout à la fois, méritait une mention spéciale, il Pa eue. L'auteur n’a pu mieux choisir qu’en citant une scène de la Puysanne de Vallecas.

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Le prêtre Lope de Vega, le plus fécond des poètes connus puisqu'il & écrit 21 millions cinq cent mille vers—le nombre ici fait apologie--ne devait pas être oublié par un ami de la belle poésie. Les citations qui couvrent 30 pages donnent une haute idée du poète espagnol.

Calderon surpassa Lope de Vega son modèle. Il est surtout penseur et littérateur : on prend cet homme en affection dans les reproductions de À travers l'Espagne.

En présence de toutes ces grandes figures, M. Routhier dit avec raisou : “La “ gloire artistique semble être un pro- “duit naturel de la grandeur militaire “et politique d’une nation. C’est quand ‘ l'Espagne fut parvenue à l'apogée de ‘“ sa puissance que les arts fleurirent ‘“ chez elle avec un éclat extracrdinai- “r” Ne peut-on pas dire la même chose de la France ?

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