‹ La littérature au Canada en 1890 [microforme]Chapitre 3 sur 34 · LES · texte numérisé non relu

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Cervantes aurait-il été oublié? Non, et si l’auteur nous parle de Don Quichotte, il nous parle aussi du Voyage àu Parnasse, qui n’est pas assez connu.

L'histoire fournit aussi quelques pages à ce volume. Les notes sur le Ci, sur Alphonse le Sage, sur Ferdinand et Isabelle y trouvaient naturellement leur place. On n’honore jamais trop les héros chrétiens.

L’Inquisition et les combats de taureaux attirent l'attention de l’auteur. Il les apprécie comme le philosophe clré tien doit les apprécier.

Nous avons cherché quelques pages sur l'Espagne théologique et philosophique. Une course à Salamanque la

.théologienne nous en eut gratifié, Il faut avouer du reste que les renseignements nous sont pas ici d’un abord facile.

Les Espagnols dans torts les cas doi-

vent être fiers du moriument que vient de leur élever notre éminent compatrio-

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te. La famille canadienne en est fière aussi.

Cet ouvrage peut se donner avec fruit comme livre de récompense, dans les maisons d'éducation. Nous ferons la même remarque relativement au volume de “Conférences et Discours ” de l’honorable juge, qui a paru récemment. Ce magnifique volume est très remarquable, tant pour le choix des sujets que pour leurs bonnes manières.

F. A. BAILLAIRGÉ, PTRE.

Coups de Crayon, par F. A. Baïllairgé, ré.

dacteur de l'Etudiant. — 224 pages. — L’exemplaire : 25 centins. — Joliette. — 1889.

(Le Monde Illustré) MORALISTE EN BADINANT

C’est, ma foi, un fort gentil volume que je viens de parcourir ; en deux traits, je l’ai la, 224 pages : mais ça commande votre intérêt du commencement à ia fin. Si vous ne l’avez pas

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encore fait, ouvrez ce livre-là, et ‘je parie que j'aurai des imitateurs, tant ça vous empoigne, ces traits légers, si rapidement esquissés.

Ce qui frappe le plus, de prime abord, dans les Coups de Crayon, c’est l’esprit éminemment pratique de l’auteur ; on y reconnait aisément la plume qui sait toujours si bien moraliser, en style aimabie, dans nos deux seules revues de la jeunesse, l’ Etudiant et le Couvent, que l’abbé Baillairgé rédige depuis leur fondation avec ce talent qui lui est propre. Il faut voir avec quelle habileté l’auteur sait fait flèche de tout bois, l’orsqu’il s’agit de proposer à ses lecteurs une pratique chrétienne ou simplement morale. Observateur diligent, le moindre bout de discours, action d’apparence la plus commune lui donnent occasion d’un bon conseil ; il nous le sert sur place en des termes toujours convain cants, malgré leur extrême concision. Il n’insinue pas, il démontre, il ne flatte pas, il persuade. C’est comme en se jouant, dans le cours, de ce récit tout plein d’animation, qu’il prouve qu’il est nuisible à un jeune homme d’user du tabac, qu’il est mal à lui de courtiser une jeune personne sans dessein fixe de mariage; qu’il ne convient pas mademoiselle de forcer la main à sa maman pour valser avec celui-ci, sortir en chaloupe, seul, avec celui-là, que la

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mère doit y bien veiller ; que messieurs les commissaires d’écoles ont tort, enfin, de donner comme prix des livres cartonnés aux élèves avancés dans les ‘classes, et encore plus, de ne pas encourager notie librairie nationale, quand “nos écrivains meurent de faim,”’ etc, etc. Ou je me trompe fort, ou c’est là du sens pratique, pour nous, n’est-ce pas ?

Un autre point de vue sur lequel ne ressort pas moins vivement l’esprit pratique de l’auteur c'est qu’il ne manque pas l’occasion de glisser un bon inot, dans le cours de ses pages ou au talon d’iceiles, en favenr d’un livre ou d’un journal utile: Le Naturaliste canadien, de l’abté Provancher, y a le sien, à côté de Une fête de Noël sous Jacques Cartier, de M.

Ernest Myrand ; l’'Erupranr et le CouvEnT eu bénéficient pareillement : c’est bien naturel, mais ce n’est pas moins juste.

Ce caractère qui les distingue ne semble pas prêter peu de consistance aux Coups de Crayon et pallierait, au oesoin, aux yeux des prévenus, leur apparente légèreté. Sur ce point là, d’ailleurs, il faut bien s’entendre avec l’auteur, comme il nous lindique au début. Il n’a pas prétendu faire de riches tableaux ni même de grands dessins, mais de simples coups de crayon : il s’est agi, pour lui, de faire voir à

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ses lecteurs les hommes et les choses peints sur le vif, tels qu’on les rencontre, tous les jours, sur le chemin de la vie, et de faire avec eux les réflexions que Commande naturellement la variété de situations qui résulte de ce contact. On ne pourra s’empêcher de constater qu’il n’a pas mal rempli son cadre.

Les Coups de Crayon sont de bon augure :

voilà un genre nouveau, un genre plein d’agréments dont vous dotez notre bibliothèque canadienne ; nous en sommes vos obligés, monsieur l'abbé. Comme vous le dites bien : ‘ Celni-là n’arrivera jamais à tirer de sa plume toute l’utilité dont elle est capable qui n’ose pas commencer à écrire.” Vous avez noblement débuté, nous aimons à croire que vous ne vous en tiendrez pas là.

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