Resurrexi est le premier mot de l'introït de Pâques
3. Le même manuscrit de Limoges nous fournit un troisième Trope dramatique pour la fête de saint Pierre : Petrusad liosliutn pu Isatis, occurrit puella illum interrogatis ocius : « Quis es, Domine, puisas qui jamjam fortiier /anuam nostram f » Respondent : Adsum Petrus, etc., et un quatrième pour l'Ascension.
Est-il besoin d'ajouter quelques preuves à celles que nous venons de donner ? Faut-il faire remarquer que le Mystère si antique des Vierges sages et des Vierges folles sq trouve inséré dans un Tropaire ? Faut-il observer que les Pasteurs, dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (i), sont suivis de cette rubrique précieuse : <( Postea statim incipiatiir missa, et pastores regant choriun et cantent : Gloria in excelsis Deo, et epistolam et TROPA. » Notez ce dernier mot, et n'oubliez pas que plusieurs Mystères des plus anciens se terminent par un Benedicamus Domino, en sorte que ces Mystères peuvent passer pour des interpolations, pour des tropes du Benedicamus. Tel est le Mystère des Prophètes du Christ, et nous pourrions encore citer bien d'autres exemples. Mais ce ne sont là que des preuves supplémentaires : le principal argument en faveur de notre thèse demeure toujours dans le manuscrit de Saint Martial précédemment cité et dans les Tropes dramatiques que nous avons cités plus haut, et cités pour la première fois.
Quoi qu'il en soit, voici qu'aux Tropes dramatisés succèdent de véritables Mystères. Je ne nie pas qu'outre l'influence des tropaires, une certaine tendance n'ait existé vers le drame au sein de la société chrétienne. J'accorde à Marius Sépet (qui a écrit là-dessus d'excellentes pages) que certaines leçons des Matines ont pu avoir sur la formation du drame chrétien une notable influence. Je veux bien encore que la prose Victimœ paschali laudes soit déjà un petit drame d'une beauté forte et concise, mais j'ajoute bien vite que cette prose n'est elle-même que le développement d'un Trope.
Elevons-nous plus haut, et disons tout.
Le peuple a besoin de spectacles, il a faim et soif de drame, il ne comprend bien les dogmes que si on les lui met en action. Exposez-lui le mystère de la Pentecôte : il aura quelque peine à le saisir, s'il le saisit ; mais faites pleuvoir, du haut des voûtes de l'église, une pluie de roses rouges pour imiter les langues de feu, il ouvrira les yeux, il admirera, il comprendra. A Noël, une étoile dorée qu'on promènera au bout d'un fil attirera tous les regards et éclairera tous les esprits. Et