I. De Coussemaker, Drames liturgiques, pp
fréquemment placés dans la bouche d'un seul personnage et que ces vers enfin sont toujours « composés à nouveau ».
En vérité, toutes ces nuances sont fort délicates, et nous avons besoin de toute l'indulgence du lecteur pour un travail aussi abstrus et qui est ici tenté pour la première fois.
X. — Deuxième époque : ses caractères généraux. — Mystères du quatrième degré.
A VEC les drames du quatrième degré, nous entrons dans J~\ une époque toute nouvelle. Les Mysteria vont faire place aux Litdi.
Le caractère liturgique va se perdre de plus en plus : cette majesté pieuse qui faisait des Mystères une partie intégrante des Offices les plus vénérables, cette majesté va s'évanouir. A la saine prose de nos Antiphonaires qui était souvent empruntée à l'Écriture, à la prose plus alambiquée de nos Tropaires va se substituer une versification qui sera le plus souvent prétentieuse et médiocre. On empruntera encore quelques pièces à la liturgie, et l'on gardera surtout le Vktiviœ PascJiali lapides ; mais, d'un autre côté, on ouvrira les portes du drame sacré à la langue vulgaire. Les Vierges sages et les Vierges folles, document d'une si précieuse antiquité (') ; les Trois Maries du manuscrit inédit d'Origny-Sainte-Benoîte; la Résurrection de Lazare ; le Saint Nicolas et les volejirs, dans le Recueil attribué à Hilaireet Daniel, enfin, renferment des couplets nombreux en provençal ou en français.
De là à écrire des drames en langue vulgaire sans mélange aucun de langue latine, il n'y a pas si loin. Il est désormais certain qu'on ira jusque-là.
Les Mystères ou plutôt les Drames du quatrième degré sont fidèlement représentés par les Saintes Femmes au tombeau du manuscrit de Saint-Benoît-sur-Loire et par Y Office du sépulcre de Cividale, qu'a publié M. de Coussemaker d'après un processionnal du XIV^ siècle. Dans ces deux documents LA VERSIFICATION N'A PAS ENCORE ENVAHI TOUTES LES PARTIES DU DRAME ; MAIS LA PROSE Y EST A L'ÉTAT
I. V. l'article deW. Cloettasur le Mystère de l'époux àz.ns'bi Romania d'avril 1893.
d'exception et il y a tendance manifeste à l'éliminer entièrement. Ces vers ne sont pas des emprunts faits aux tropaires antérieurs ; mais ils sont profondément originaux et perdent de plus en plus la dignité liturgique pour prendre une allure décidément dramatique. Les Saitites Femmes au tombeau peuvent passer ici pour un type d'une parfaite exactitude :
PRIMA TRIUM MARIARUM
Heu ! Pius pastor occidit Quefn culpa nulla ittfecit :
O res pîangemia !