Foucaux, 1. I, pag
2. Le « Pouroucha à l'âme incommensurable », c'est Vichnou, la seconde personne de la trinité hindoue. (Mahâ6hârâ/a, tr^id. Foucaux, £xorde,p. 10.)
DANS l'épopée FRANÇAISE. 129
gouverne et conserve, au-dessous de Civaqui détruit,s'étagent dans une trop savante hiérarchie « trente-six mille trois cent trente-trois dieux ». Ces dieux pullulent, grouillent, frétillent sur une terre affreuse à voir. Ils sont représentés sous des formes monstrueuses, moitié hommes, moitié bêtes. Il y a Indra, le dieu de l'air, le Jupiter hindou ; le dieu du feu, Agni ; le dieu des eaux, Varouna ; le dieu des richesses, Kouvera ; Kartileya, le dieu de la guerre ; Marouta, le dieu du vent ; Yama, le dieu des morts ; la femme de Brahma, Sarasvatî, déesse de l'éloquence; Gangâ, la déesse du Gange; les Daikyas ou Asouras, titans de l'Inde, dont le chef sera un jour vaincu par le terrible Vichnou « armé d'une multitude de bras (i) » ; sans parler des Richis qui sont les saints de la mythologie hindoue, ni des 60,000 Balakhilyas, nains qui sont nés des pores de Brahma {-). Aucune de ces figures divines ne mérite l'effort de notre regard. La beauté humaine n'apparaît nulle part. Elle ne s'épanouit jamais sur ces corps monstrueux, comme elle éclate dans les divinités grecques. Figurez-vous, d'ailleurs, la grande pagode de Jaggernath et le Parthénon : vous aurez une idée de la différence qui sépare ici la Grèce de l'Inde.
Mais surtout il vous est aisé de voir, d'après tout ce qui précède, combien /a théodicée de nos chansons de geste est supérieure à celle des épopées grecques et indiennes. C'est ce que nous voulions démontrer.