‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 49 sur 161 · I. Vonle Mahâbhârâta, trad. Foucaux, pag. i2[-i · texte numérisé non relu

I. Vonle Mahâbhârâta, trad. Foucaux, pag. i2[-i

128 l'idée RELIGIEUSE

passive) et Atmâna (âme de l'univers), ainsi que de la naissance trop mortelle de Vichnou. Mais encore sommes-nous ici dans un des plus lumineux passages de la grande épopée hindoue ; et, si nous voulons vraiment connaître l'idée de Dieu d'après les poèmes de l'Inde, il nous faut lire l'exorde du Mahâbhârâta :

€ J'offre tout d'abord mes adorations à Içâna, le premier des hommes, loué par la multitude, honoré de sacrifices par la multitude ;

« A Brahma, véritable, unique et inaltérable, visible et invisible, éternel, n'étant pas, ou étant et n'étant pas à la fois, toujours supérieur à tout ce qui est ou n'est pas, créateur des grands et des petits, antique, suprême, impérissable,

« Et à Vichnou, qui est heureux et donne le bonheur, éminent entre tous, sans péché, pur, nommé aussi Hari, maître de ses sens, seigneur de ce qui est mobile ou immobile..,. »

Voilà les ténèbres et surtout les périls de la contemplation hindoue : « Brahma étant ou n'étant pas à la fois (i) ! » Mais allons un peu plus loin :

€ Dans ce monde inférieur, privé de lumière, enveloppé de tous côtés par les ténèbres, était un grand œuf, GERME IMPÉRISSABLE des CRÉ.\- TURES, qui, au commencement, est proclamé le signe grand et divin DANS lequel sont, dit-on, la vérité, la lumière, Brahma, l'essence éternelle, admirable, incompréhensible, répandue partout également ; cause invisible, subtile, ayant en elle-même ce qui est et ce qui n'est pas, DE LAQUELLE NAQUIRENT le grand Père, le seul prééminent, le maître des créatures, Brahma, Souragourou, Sthânou (Çiva, troisième personne de la trinité hindoue), Manou, Kas et Paramêcthi. Puis, apparurent les Prâtchêtasas, Dakcha, ainsi que les sept fils de Dakcha, et les maîtres des créatures, au nombre de vingt-et-un ; puis, le Pouroucha à l'âme incommensurable (")... >

En ces quelques lignes est contenu tout le monstre des erreurs indiennes : la préexistence et l'éternité de la matière, et pour mieux parler, le panthéisme. D'un œuf sortent les créatures et le créateur lui-même. Brahma, l'essence éternelle, sort « de ce germe impérissable ». Triste rôle pour un créateur ! A côté de ce panthéisme qui serait si ridicule s'il n'était si mortel aux âmes, s'étale un polythéisme laid. Au-dessous de Brahma, le dieu né et créateur, au-dessous de Vichnou qui

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