‹ La littérature catholique et nationaleChapitre 60 sur 161 · Giguet, Essai d'encyclopédie honiéiique, page · texte numérisé non relu

Giguet, Essai d'encyclopédie honiéiique, page

140 l'idée religieuse

par le spectacle du paradis chrétien, tel qu'il nous est offert par les auteurs de nos Chansons de gestes. Il est vrai que nos poètes ne nous ont point laissé des descriptions détaillées de ce séjour de la joie éternelle; mais s'ils n'étaient pas grands philosophes, on voit aisément qu'ils possédaient les éléments essentiels de la doctrine chrétienne. Le Paradis est bien pour eux le lieu des âmes saintes, le lieu où cette vue leur procure un bonheur sans fin (i). Rien n'est plus beau que cette simplicité. Les Anges, saint Michel à leur tête, emportent au ciel les âmes des élus ; les Démons emportent dans l'enfer les âmes des damnés (2). Il est digne de remarque que nos poètes ont toujours professé très nettement la doctrine de l'éternité des peines :

Diable emportent l'anme en enfer à TOUS Dis (s). Quant aux images dont ils se servent pour peindre le Paradis, elles ne sont ni très diverses, ni très compliquées. La plus populaire de ces images est celle qui est si souvent employée dans la Chanson de Roland : les saintes fleurs du Paradis :

Tûtes vos anmes ait Deus li glorius, En Pareïs les metet en saintes flurs !

Se figurer le Paradis comme un jardin plein de belles fleurs ! cette conception est en vérité toute militaire et s'explique aisément par la loi des contrastes. Tous les vieux soldats aiment les fleurs.

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